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Rencontre avec Jean-Marc Detrey, fondateur et actuel administrateur du site Internet d’information sur le cinéma en Suisse Romand : Clap.ch !
Jean-Marc Detrey, peux-tu en quelques phrases te présenter et nous raconter ton parcours ?
J’ai 41 ans, suis marié et père de deux filles adorables, Naïma (5 ans) et Anaïs (11 ans). Je suis propriétaire à Avenches, ville des festivals de musique de l’été. J’ai fait un apprentissage de cuisinier dans les années 80 et ensuite je suis directement entré sur le marché du travail. Cela fait 23 ans que je suis opérateur dans une usine d’eau minérale de la Broye.
Comment la passion du cinéma est-elle arrivée jusqu'à toi ?
Je suis ce que l’on appelle un « enfant de la télé ». Né à la fin des années 60, j’ai eu la chance de découvrir la TV noir et blanc, puis la couleur, la vidéo et toute l’évolution de l’informatique et du multimédia. Ma passion, je la dois à ma maman qui était une passionnée de science-fiction, surtout à la TV. J’ai grandi avec « Star Trek », « Goldorak », « L’homme qui valait 3 milliards » et « Star Wars », entre autres. De fil en aiguille, je me suis passionné pour les trucages et les effets spéciaux au cinéma. Je lisais déjà Mad Movies à 14 ans, dans la cour d’école. Ça fait un bail (rires) !
Raconte-nous les débuts de Clap.ch, son évolution, sa place dans la presse électronique de cinéma en Suisse romande, etc.
Clap a débuté dans un magasin de Laser Disc du côté de Fribourg, après une discussion entre quelques passionnés et le patron qui voulait profiter du futur média pour faire sa pub. Nous nous sommes lancés en imaginant ce fanzine de cinéma créé et imprimé comme on le pouvait, au gré de l’argent disponible. Parfois simples photocopies, parfois tirage laser, c’était l’aventure. Mais cela n’aurait pas pu durer. Entre-temps, nous avons créé un site Internet pour promouvoir le journal papier et avons été aperçus par un portail Internet de renommée mondiale qui voulait s’implanter en Suisse. Durant presque deux ans, nous avons été « employés » par ce mastodonte, en lui fournissant du contenu à côté de notre petit journal. Après, tout s’est enchaîné ; fermeture du portail, motivation pour le journal papier en descente, etc. La petite équipe s’est dissolue et Clap papier est mort après une quinzaine de numéros.
Mais le site dormait dans les limbes de la toile web. Après 2 ans de pause, où je me suis engagé dans une association culturelle avenchoise, j’ai relancé le site. J’ai utilisé et développé les outils à disposition pour vivre ma passion.
Avec quel œil vois-tu la presse électronique en général, et plus particulièrement cinématographique, sur le marché actuel ?
C’est clair, les gros quotidiens et les portails Internet squattent le marché, ils en ont les moyens, mais cela reste des médias généraux. Maintenant, la Suisse romande est petite, et la Suisse allemande possède déjà deux mastodontes en matière d’info ciné sur la toile. En Romandie, on recense quelques sites intéressants en la matière, qui se comptent néanmoins sur les doigts d’une main. Je pense que notre concurrent à tous est le site français Allociné. Le but de Clap.ch (et sûrement des autres) est que les Romands ôtent de leur esprit cette adresse de site et aillent vers un site qui sera plus proche d’eux en matière d’info régionale. Un site moins général, et de proximité.
Quelle est la ligne éditoriale de Clap.ch ?
Il n’y a pas vraiment de ligne éditoriale sur Clap.ch. Nous sommes là avant tout pour informer les visiteurs des sorties hebdomadaires et des manifestations cinématographiques qui ont lieu près de chez eux. Ensuite, les critiques, les interviews et les reportages vidéo sont un plus. Viennent ensuite les pages plus « pointues », pour les fans, comme les produits dérivés par exemple. Nous recherchons et développons, avec notre partenaire technique, tous les meilleurs moyens pour que le site soit aussi interactif que possible, et que le visiteur ne soit pas seulement spectateur, mais aussi acteur de Clap.ch
Quels sont les genres de cinéma qui te sont chers et que tu n’hésites pas à mettre en avant sur ton site?
Mes genres favoris sont le fantastique, la science-fiction et l’épouvante (dans une moindre mesure). Mais je dois dire que ces dernières années, mis à part quelques chefs-d’œuvre, je suis de plus en plus déçu. Même au niveau des blockbusters grand public, ça vole bas, et parfois très bas (« 2012 » et « Transformers 2 » pour ne citer que les plus récents) ! Ensuite, étant fan de comics Marvel, je suis toujours à l’affût du dernier film de superhéros. Mais là aussi il y a des déceptions…
Peux-tu nous expliquer comment s’effectue le travail au sein de l’équipe du site et à quel rythme celui-ci est mis à jour ?
Chez nous, c’est compliqué (rires). Clap.ch s’est constitué en association il y a quelques années, et les rédacteurs sont en fait membres actifs de l’association. Ce qui rend les choses compliquées, c’est la distance entre les rédacteurs d’un bout à l’autre de la Romandie.
Nous ne nous voyons que très rarement tous ensemble, une à deux fois par année seulement. Nous communiquons tous par e-mail. Il y a des rédacteurs qui s’occupent des news, d’autres des critiques, et ainsi de suite. Le site est mis à jour en moyenne deux fois quotidiennement, news obligent.
Combien de rédacteurs entretiennent-ils le site de manière régulière ?
Sur l’équipe d’une petite quinzaine que nous sommes, il y a une moyenne de 4-5 personnes qui entretiennent le site de manière régulière. C’est compliqué quand on bosse en bénévolat (rires).
En matière de visites, quels sujets sont les plus regardés par les internautes (News, Dossiers, les films à venir, l’actualité, etc.) ?
Les concours ! LOL. Non, mais c’est vrai, ça attire du monde (rire). Plus sérieusement, les fiches de films (sorties, bandes-annonces, bonus et critiques), l’actualité régionale, les films à venir, ensuite les interviews et reportages. Je dirais qu’il faut bien gérer l’info sur la « home page » et guider l’internaute lambda qui, en général, est très flemmard (rires).
En tant que spectateur, parmi les dernières sorties, quels ont été tes coups de cœur sur grand écran ?
C’est compliqué ; même si je suis au courant de tout ce qui sort sur les écrans – je vais décevoir beaucoup de monde (rires) –, je ne vois pas énormément de films, puisque l’on se partage le boulot pour le site. Entre le travail en horaire d’équipes et la famille, le temps me manque malheureusement. Mais je me rattrape en DVD à la maison. L’équipement et l’installation sont de bonne qualité pour apprécier une séance ciné « home made ».
Ma dernière grosse claque au ciné, c’était « The Road », de John Hillcoat, et en DVD, « Antichrist », de Lars Von Trier. Entre deux, et depuis lors, il y a eu de bons films, mais pas assez pour te mettre une claque de cette façon.
Peut-on s’attendre à une évolution du site dans le futur ? As-tu des envies particulières pour la suite ?
L’avenir, c’est la vidéo et les services en direct. J’imagine un site Internet comme une chaîne de TV, avec reportages, interviews vidéo, émissions hebdomadaires et, pourquoi pas, du « live ». Je sais, cela se fait déjà, mais encore une fois, il y a beaucoup d’argent derrière.
Et la fierté de Clap.ch, pour l’instant, est de demeurer concurrentiel avec peu de moyens. Autrement, nous planchons sur la mobilité – à la mode actuellement – et sur quelques nouveautés qui verront le jour d’ici à la fin de l’année, et qui feront de Clap.ch un site complet en matière d’info ciné. Mais je ne peux pas en parler pour l’instant…
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