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« Peninsula » : La grosse déception Sud-coréenne

La survie avant tout

En 2016, le cinéaste Sang-ho Yeon filma « Busanhaeng », ou « Dernier train pour Busan » en français. Son succès mondial fut inespéré car avec un budget d’environ 8’000’000 CHF, la fiction en rapporta à peu près 10x plus. Malheureusement, son sequel est bâclé et décevant.


Jung-seok, le savait… Il aurait plutôt dû frapper ses accompagnateurs jusqu’à l’évanouissement, au lieu de les suivre bon gré, mal gré. D’autant plus qu’il a un mauvais pressentiment quant à ce que le Mac va lui annoncer comme prochaine mission. Sur place et quelque peu surpris, il voit Cheol-min. En effet, s’ils ne s’entendent pas bien suite aux incidents sur le bateau, les 2 hommes sont polis et se saluent. Une fois installé, Jung-seok va très vite comprendre la mission à entreprendre entre les 3 autres mercenaires et lui-même. Retourner en Corée du Sud, dans son pays natal, trouver le véhicule semblait être à proximité du port, voir si le chauffeur est encore en vie et surtout, surtout, ramener en bon étant la marchandise convoitée. Néanmoins et malgré son ancienne carrière de militaire, le jeune homme sait qu’il devra affronter la mort sur place et tenter par n’importe quels moyens, de survivre. Car tout peut arriver et seule la confiance en soi permettra de revenir sain et sauf.

Des milliers de long-métrages de différents continents et pays furent tournés en utilisant le thème les zombies. Du nanar au blockbuster en passant par les séries, les plus récents donnent souvent une nette impression de déjà-vu tant ces monstres ont été utilisés et exploités. Pourtant, avec « Busanhaeng », la maîtrise de cette réalisation surprit de nombreuses critiques presse et plusieurs millions de spectateurs-trices.

Le scénario, la distribution des rôles, le huis-clos, la figuration jouant les zombies… Tout fut réuni pour créer un sentiment angoissant et oppressant durant cette traversée dans le train de Seoul pour Busan. Les cascades, tant au sein des reproductions des wagons que celles en extérieures, impressionnèrent (et le font toujours) et fonctionnèrent à la perfection.

Fort de ce succès, d’autant plus que « Dernier train pour Busan » obtint sa distribution au « Festival de Cannes » et par la suite de nombreux cinémas en Europe le diffusèrent, il devint très vite certain qu’un autre film allait rapidement se tourner. Mais malheureusement à regret, car « Peninsulsa » donne clairement le sentiment d’avoir été bâclé, mal joué, filmé et numérisé. Une production qui n’aurait jamais dû voir le jour, parce que seul l’appât du gain permet de concrétiser un projet si prometteur et au final, insatisfaisant.

Si le problème principal de cette suite, qui ne se classe même pas réellement ainsi, demeure l’occidentalisation du scénario, quelques développements rendent un peu plus intéressants « Train to Busan 2 », ou « Peninsula » pour le titre francophone. À l’exemple du sentiment raciste envers son prochain, employé de manière pertinente au début de la trame. Néanmoins, l’action fait place au reste et cette approche s’avère trop vite totalement délaissée.

L’autre fait regrettable avec « Peninsula », se situe au niveau des clichés. Si le choix de zombies rapides (alors que son créateur cinématographique Georges Romero les faisait avancés plus lentement) demeure discutable, l’aspect psychologique des personnages principaux est trop lisse. Les gentils et les méchants se devinent trop aisément. Tout comme les catastrophes ou les potentielles pertes humaines..

Quant aux effets graphiques, ils sont à peine bien gérés et ne rendent pas beaucoup plus crédible le récit de cette réalisation. Parfois même, ces derniers l’alourdissent. A regret, car certaines scènes s’avèrent assez belles sur le principe. Néanmoins, en évitant la solution facile du numérique avec ces infographies, le rendu aurait été davantage captivant et passionnant en tournant des séquences en situations réelles.

Mais si cette production a tendance à décevoir en Europe, lors de sa sortie en Corée du Sud en août dernier, le succès fut à nouveau au rendez-vous pour le scénariste et metteur en scène Sang-ho Yeon au sein de son pays d’origine.

Il faut donc s’attendre à une possible suite, tout en souhaitant que cette dernière reprenne les principes du 1er volet. A savoir davantage de psychologie (humaine), d’hémoglobine et surtout, mettre plus en avant les zombies.

Quoiqu’il en soit, pour le plaisir seul-e ou accompagné-e, « Peninsula » est à aller voir au cinéma afin de soutenir les salles obscures et le 7ème Art au sens large.

Peninsula
KOR – 2020 – 116min – Horreur 
Réalisateur: Sang-ho Yeon 
Casting: Dong-Won Gang, Jung-hyun Lee, Re Lee, Hae-hyo Kwon, Min-Jae Kim, Gyo-hwan Koo, Do-Yoon Kim, Ye-Won Lee, Daniel Joey Albright, Pierce Conran 
Praesens Film
21.10.2020 au cinéma

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