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Réveil sur Mars : Le grand sommeil et le rêve contre la cruauté du monde

La jeune cinéaste genevoise Dea Gjinovci signe un film extrêmement touchant et tout en retenu sur un sujet méconnu mais révélateur d’un certain état du monde… 


En 2007, une famille issue d’une minorité ethnique et persécutée dans son pays fuit le Kosovo pour se réfugier en Suède. Deux garçons, deux filles et leurs parents y vivent quelques temps avant d’être renvoyés dans leur pays. La situation ne s’améliorant pas, les Demiri reviennent en Suède et après un deuxième refus de séjour, attendent, à l’heure où se tourne le documentaire, une réponse à leur troisième et dernière demande d’asile… 

Dès ses prémisses, le film de la réalisatrice suisse Dea Gjinovci est particulièrement édifiant. Mais il va s’avérer encore plus troublant et étonnant lorsqu’il est révélé que les deux filles de la famille, qu’on voit apparemment dormir depuis le début du film, sont en fait plongées dans un profond coma qui dure depuis l’annonce de leur refus d’asile. Les scientifiques ont récemment trouvé un nom à ce curieux phénomène et le nomme, à défaut de pouvoir l’expliquer, « syndrome de résignation ». Les infirmières qui s’occupent des deux jeunes filles l’appellent « apathie » … En aucun cas, de ces deux expressions un peu abstraites, aucune n’exprime vraiment la violence des traumatismes que Ibadeta et Djeneta ont vécu et qui a causé des réactions physiologiques aussi extrêmes. 

Heureusement, Dea Gjinovci ne cherche jamais et en aucun cas à « acheter » la pitié du public par des plans ou des procédés cinématographiques racoleurs. Elle filme au contraire les deux jeunes filles comme de belles endormies attendant paisiblement les jours meilleurs. Et surtout, avec une empathie et un grand sens de la poésie, elle s’intéresse au destin du plus jeune frère, déterminé à construire une fusée pour partir vivre sur la planète Mars… là où « personne ne pourra plus se moquer de lui ». Comme elle enregistre les gestes quotidiens des dévoués qui s’affairent autour des deux sœurs, les parents comme les aides extérieurs, elle filme Furkan construire son engin en récupérant des restes dans les vieilles carrosseries du coin. Toutes ces scènes, ainsi que les très beaux plans de la nature suédoise, allègent la brutalité des faits exposés mais n’atténuent cependant en rien la puissance du propos et rappelle qu’il y a sûrement, derrière chaque renvoi de sans-papiers, des histoires de vie qui ne peuvent se résumer qu’à un pauvre tampon ou une sale lettre d’expulsion… 

Événements
22.05.21 – Cinéma Bellevaux, Lausanne
Avant-première en présence de la réalisatrice Dea Gjinovci
Presenting Partner:
Cinéforom, Loterie Romand

26.5.21 – Cinelux, Genève
Première en présence de la réalisatrice Dea Gjinovci

28.5.21 – Cinémotion Rex, Fribourg
Première en présence de la réalisatrice Dea Gjinovci
Presenting Partner:
ParMi

3.6.21 – Cinéma La Grange, Delémont
Séance spéciale en présence de la réalisatrice Dea Gjinovci

6.6.21 – Cinéma Royal, Sainte-Croix
Séance spéciale en présence de la réalisatrice Dea Gjinovci

8.6.21 – Cinéma Minimum, Neuchâtel
Séance spéciale en présence de la réalisatrice Dea Gjinovci

9.6.21 – Cinéma ABC, La Chaux-de-Fonds
Séance spéciale en présence de la réalisatrice Dea Gjinovci

Réveil sur Mars
CH – FR – 2020 – 74min – Documentaire
De Dea Gjinovci
First Hand Films
26.05.2021 au cinéma 

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