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CHRONIQUES

















                                 PORCUPINE TREE                                             DROPKICK MURPHYS
                               Closure/Continuation                                    This Machine Still Kills Fascists
                                    Sony Music                                           Dummy Luck Music/PIAS


            ‘’Closure/Continuation’’ est l'une des conséquences heureuses de   A l’apogée de sa popularité, le gang de Boston sort une plaque
            la pandémie. Personne n'osait espérer si tôt (ou même un jour) un   en total décalage avec sa discographie sur le plan musical,
            nouvel album du porc-épique (c'est fait exprès la faute hein !).    mais en totale adéquation avec leur posture engagée.
            Même s'il faut l'avouer, Steven Wilson a toujours été généreux   Leur précédente galette ayant fait l’objet d’une sortie repoussée
            dans ses activités musicales puisqu'il sort très régulièrement des   en raison d’un contexte sanitaire peu propice à la gaudriole,
            projets variés de qualité, le trio magique qu'il forme avec Gavin   c’est un an qui sépare une production léchée de cet ovni
            Harrison et Richard Barbieri provoque régulièrement des montées   incroyable. Sans le tôlier principal derrière le micro, Al
            d'adrénaline chez les fans. Cet arrêt forcé a donc été comme   demeurant auprès des siens en souffrance, et cloitré dans
            une opportunité de réunir les trois musiciens habituellement   l’Oklahoma, le groupe fait siens des textes de Woody Guthrie
            overbookés. Ils poussent le vice jusqu'à nous proposer une    sur un fond musical empreint de folk exécuté dans un registre
            nouvelle tournée. 'C/C' se pose dans la plus pure lignée des   acoustique qui leur sied merveilleusement bien. En piochant
            derniers albums du groupe avec des power song prog percutantes   dans les écrits d’un des plus grands poètes contestataires du
            et d'une précision chirurgicale pleine de contrastes tel ce   siècle passé, le groupe conforte sa posture de représentant de
            premier single 'Harridan' ou 'Rats Return' qui n'aurait d'ailleurs   la classe ouvrière mondiale et tord le cou aux pisse-vinaigre
            pas dépareillé sur 'Deadwing'. PT sait adoucir le propos avec des   qui leur cognent dessus en les taxant de proches d’idéaux
            power ballads qui font réfléchir ('Of the New Day'). Finalement cet   nauséabonds. Est-ce que cette fois c’est clair les guerriers
            album se démarque de la direction plus pop des derniers albums   du clavier ? Absolument fantastique au niveau des paroles,
            solo de Wilson dont tout le monde ne raffole pas. 'C/C' est un pur   demeurant d’actualité un demi-siècle après la mort du
            disque de rock prog moderne avec les différentes atmosphères,   songwriter du centre des USA et fabuleux musicalement dans
            des moments retenus qui explosent ensuite en riffs tranchés et   un registre propice à la consommation en mode égoïste avec
            bien heavy, bref une passionnante odyssée progressive dont les   ses écouteurs préférés, ‘This Machine Still Kills Fascists’ est
            Anglais ont le secret. Les thèmes sont assez actuels et dénoncent   une oeuvre parfaite dont plusieurs extraits ont déjà été déflorés
            souvent capitalisme et injustices de toute sortes. Il est vrai   en live l’été dernier. Certes, elle s’éloigne des basiques qui
            toutefois que cet album ne révolutionnera pas son monde, mais   ont séduit les tondus sautant dans les pogos aux débuts de la
            ça fait toujours plaisir d'avoir un goûtu nouveau casse-croûte à se   formation il y a plus de vingt-cinq piges, mais elle confirme
            mettre sous la dent. [JM]                                     qu’avec les années Dropkick Murphys c’est une bande de
            www.porcupinetree.com                                         pointures artistiques doublée de porte-étendards de la working
                                                                          class que le succès populaire n’a jamais éloigné de ses racines !
                                                                          [CH]
                                                                          www.dropkickmurphys.com



                                      Histoire de bien commencer l’été et la saison des festivals, Alestorm sort son nouvel album trois jours
                                      après le début de l'été via Napalm Records. A quoi faut-il s’attendre avec ce nouvel opus ? Eh bien
                                      beaucoup de rhum, d’aventures et de pirateries! Impossible de se tromper, je retrouve bel et bien le son
                                      typique du groupe de folk metal écossais dès les premières secondes du morceau d’ouverture 'Magellan's
                                      Expedition' Je continue jusqu’à 'Cannonball'. Comme me l’a confié Christopher Bowes, l’opus contient des
                                      paroles encore plus folles et fleuries que jamais auparavant. Cette chanson en est un parfait exemple.
                                      Malgré ce petit détail, j’ai eu un gros coup de cœur sur le solo final qui déchire vraiment! Plus j’avance
                                      dans l’écoute de l’album 'Seventh Rum of a Seventh Rum', plus je m’aperçois de l’alliage entre le son
                                      moderne du groupe et un retour aux sources avec des riffs techniques comme on les aime. De quoi plaire
                                      autant aux fans de la première heure qu’aux plus récents. Personnellement, je valide ce mélange! Après
                                      'Cannonball' et 'P.A.R.T.Y', je me fais avoir sur les premières secondes d’'Under Blackened Banners' où je
                    ALESTORM          me suis dit c’est quoi c’te montée d’electro ?'' Je vous rassure, c’est l’espace de quelques secondes, mais ça
                Seventh Rum Of A      fait tout de suite tilter. On continue dans le party mood avec 'Magyarország'. Oui, je l’avoue, il me faudra
                  Seventh Rum         plusieurs écoutes avant de comprendre que les refrains étaient en hongrois. A ma grande surprise, nous
                 Napalm Records       retournons à Tortuga. Ce morceau était l’un de mes coups de cœur de l’album précédent. Surprenant,
                                      audacieux et pour le moins innovant, Alestorm avait choqué plus d’un. Notamment avec la partie rap
                                      de Captain Yarrface. 'Return to Tortuga' est en quelque sorte la version plus metal folk histoire de faire
            plaisir aux fans déçus par la version trop novateur. Pourquoi pas! L’opus se termine avec la dernière partie de la trilogie de 'Wooden Leg',
            comme la conclusion d’un long voyage. [HB]
            www.alestorm.net




       16   DAILY ROCK • #145 • SEPTEMBRE 2022
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