ULYSSE – Un Combat pour l’Indépendance

Accorder vie professionnelle et vie familiale complexe, n’est pas toujours facile. C’est ce qu’Alice va apprendre à faire avec son fils Ulysse, dans ce film français touchant, traçant les déboires d’un jeune homme en situation de handicap ainsi que de sa mère. Traversant les difficultés entre des professionnels qui ne veulent pas trop en faire et la spirale sans fin de l’administratif.

Alice est sociologue et Vladimir est pianiste, tout les deux s’aiment. Ils décident d’avoir un enfant. Neuf mois plus tard, Ulysse naît, il est en pleine forme, mais ne grandit pas comme il se doit. Il est plus petit que la moyenne et ne marche pas, malgré ses un an. Son développement, trop lent aux yeux de ses parents, les poussent à aller voir un pédiatre. La doctoresse lui découvre le syndrome génétique de Noonan, ce qui explique son retard de développement au niveau linguistique et psychomoteur. Ce n’est que le début de la spirale infernale de l’administration et des allers-retours chez les différents professionnels pour donner de l’espoir à leur fils afin de lui donner un peu de normal  dans sa vie.

Vladimir, très vite absent du film, décroche une place dans un groupe de musique et part vivre au États-Unis. Il vient voir sa progéniture seulement une fois par an pour son anniversaire et promet qu’un jour, c’est Ulysse qui fera le déplacement pour découvrir le monde de son père. Il fait le choix de la carrière tandis que sa femme met la sienne en pause pour élever leur enfant. Elle découvre un monde compliqué ou les gens censés l’aider ne font que l’empêtrer dans un enfer administratif qui n’en finit jamais. Demander un papier différent à chaque fois qu’elle s’y rend, jouer au ping pong entre les diverses associations et les très nombreux refus dans des centres, ne fait que renforcer le stress de la mère et l’envie de liberté d’Ulysse.

La réalisation est intéressante, mais pas optimale. La caméra tremble dans les moments de stress ou encore se fige quand elle doit décrire le calme et les rares moments de douceur. Les couleurs aussi sont maîtrisées, grises et ternes quand le froid du monde social s’abat ou chaudes quand l’amour décide de faire son chemin. Ces choix de réalisations sont assez audacieux mais ne pourraient pas forcément plaire à tous les spectateurs.

Côté acting, c’est décevant, le strict minimum. Les acteurs ne sont pas convaincants, on les sent vraiment jouer, on dirait même qu’ils n’ont aucune envie d’être là. Le plus flagrant étant la scène finale où Élodie Bouchez, jouant Alice, s’émerveille devant un restaurant où elle avait fait des recherches pour un éventuel travail. On ne ressent rien, comme si elle voulait en finir au plus vite.

Le plus gros défaut du scénario est que toute l’histoire est vue d’un œil d’une famille aisée et dont la difficulté est de se battre pour l’indépendance d’Ulysse semble unique. L’intérêt de ce genre de film devrait être de voir toutes les difficultés qu’un enfant en situation de handicap et ses proches pourraient rencontrer, c’est donc une partie du sujet qui est invisibilisée. Si elle avait été défavorisée, la famille aurait dû se retrouver face à des choix plus difficiles et se sentir en danger quand une association ou quelconque aide ne convient pas au petit.

Pour finir, le film montre très bien le désarroi des parents devant des professionnels non formés ou ne voulant pas changer leurs méthodes.

Une heure et trente-sept minutes pour voyager dans le monde compliqué et désarment du système social français. La réalisation sait prendre son temps dans le gris pâle de la paperasse interminable que ce soit par les yeux d’Ulysse quand il est seul face à ses camardes ou ceux de sa mère quand les gens censé l’aider ne font que la rabaisser. Vous passerez par toutes les émotions même si le grand sentiment du film est la pugnacité d’Alice qui est prête à tout pour donner à son fils la preuve qu’il a sa place dans ce monde, malgré un jeu d’acteur fainéant et une fin abrupte.

Réalisation : Laetitia Masson

Acteurs, Actrices : Élodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer

Distrib.: Pathé Films AG

Sortie : 17 juin 2026

Genre : Drame

Durée : 97 minutes

France – 2026

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