Stratégie de camouflage de l’ado d’appartement en zone balnéaire, pendant la période d’accouplement.


Ava, treize ans, reçoit un lourd diagnostic : elle a un début de cécité qui évolue rapidement. L’angoisse de cette situation va la talonner et guider ses actes plus ou moins décousus. Dans la petite ville au bord de la mer, où elle doit passer ses vacances en compagnie de sa mère et de sa petite sœur, elle rencontre Juan qui sera le sel de sa mer d’ennui.

Les films sur la cécité donnent souvent l’occasion de créer des subtilités de scénario inédits, d’effets visuels ou expressions plastiques intéressantes. Pas dans Ava. Il y a quelques plans qui utilisent une mise au point centrale en laissant les éléments du deuxième plan flous, mais cette utilisation est trop inconstante pour être porteuse de sens. Sans mentionner trop lourdement que c’est un mode de mise au point assez répandue. La diminution de la vision nocturne est principalement démontrée par les faits et gestes d’Ava dans des scènes aussi maladroitement amenées que jouées.

L ’angoisse d’Ava face à cette situation s’exprime principalement par les cercles noirs qu’elle dessine sur sa porte, des passages de son journal intime lus en voix off que l’on subit régulièrement, et des scènes oniriques de cauchemars où le symbole de l’œil est omniprésent. Le film affiche une symbolique un peu lourdaude, avec des éléments noirs qui apparaissent de manière récurrente ; le chien noir de Juan, le compagnon à la peau sombre de sa mère, les chevaux noirs de la police montée…

La question de la cécité et du passage à l’âge adulte aurait pu être intéressante dans le développement de chaque thématique ou en tant que représentation métaphorique, mais finalement l’idylle adolescente avec Juan nous en détourne et prend rapidement toute la place. En gros ; le film se borne à nous faire subir le quotidien d’une petite ville balnéaire où il ne se passe pas grand-chose, en compagnie d’ados boudeurs et inintéressants, avant de tourner au road-movie qui tend vaguement à un Pierrot Le Fou du pauvre.

Restent quelques sursaut de fantaisie et de folie, le jeu plus dynamique de la mère et le réalisme de ces amours de jeunesse décrits dans tout ce qu’ils peuvent avoir de plat ou d’excitant.

L’interview de la réalisatrice est disponible ici

Ava
FR   –   2016   –   105 Min.   –   Comedy
Réalisateur: Léa Mysius
Acteur: Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano
Praesens Film
16.08.2017 au cinéma

Ava : ode à l’ennui
1.0Note Finale

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