« Ava », son premier film, présenté cette année à la Semaine de la critique à Cannes et au Festival International du Film fantastique à Neuchâtel, s’apprête à illuminer votre été. La réalisatrice Léa Mysius nous parle de son premier film enthousiasmant et solaire!

Vous vous êtes bien fait remarquer au dernier Festival de Cannes, c’est pas mal pour un premier film, non ?
Oui, c’était super. Pour moi, les films n’existent pas tant qu’ils n’ont pas été montrés. Et montrés à Cannes ça leur donne une grande visibilité, donc, une vraie existence. C’est ça qui est important quand on fait des films, qu’ils soient vus.

Et c’est comment une première arrivée à Cannes en tant que réalisatrice ?
En fait, j’étais déjà venue pour un court-métrage, mais-là, ce qui était particulier, c’est que j’étais aussi pour le film « Les Fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Desplechin que j’ai co-écrit. Du coup, c’était un peu étrange puisque à la fois, j’étais-là pour un film que j’avais vu qu’une seule fois et pour un autre film que je connaissais bien. On pensait qu’à Cannes, on allait faire la fête, mais en fait, c’était que du travail, car on passait des journées à donner des interviews… c’était très intéressant, mais c’était vraiment du travail (rires).

Quelques semaines après Cannes, comment le film vit sa vie ?
On a eu de la chance d’avoir beaucoup de presse, de la bonne presse et un très bon bouche à oreille et le film est sorti très vite alors que parfois en France, comme en Suisse, on peut attendre un an avant que le film sorte. Du coup pour moi, c’est très bien puisque c’est vraiment dans la foulée, après il nous appartient plus donc le fait qu’il sorte tout de suite permet de penser déjà à d’autres films. Ça permet aussi de l’accompagner avec plus d’intensité, puisqu’on sort tout juste de la post-prod et du coup, on est vraiment dans le film et on peut en parler à vif.

Comme on le disait, c’est un premier film qui parle de la jeunesse, des premières fois, dans un décor lumineux, mais qui va s’obscurcir peu à peu. Pouvez-vous nous parler un peu du tournage ?
En fait, c’était la première fois pour beaucoup de gens aussi. Tout le monde était dans la même énergie et le fait de tourner en plein jour, c’était parce qu’on avait décidé de tourner en pellicule afin de profiter un maximum de la lumière, du soleil, de la plage… puisque en fin de compte, c’est un film très solaire qui parle de la perte de vue, mais qui en fait parle beaucoup de lumière.

On remarque quelque chose de très original dans la narration. On se balade du récit naturaliste vers le récit presque fantastique, non ?
Oui, je voulais vraiment mélanger les genres parce que Ava dans le film trouve sa liberté, s’émancipe et c’est une jeune fille très romanesque qui cherche, un peu comme ça, à ré-enchanter le monde parce qu’elle a peur de ce monde qui s’obscurcit autour d’elle, que ce soit parce qu’elle va perdre la vue, mais aussi de manière plus métaphorique par rapport à la montée de l’obscurantisme. Du coup, je voulais que le film s’émancipe comme « Ava » s’émancipe, qu’il s’émancipe du type de narration classique et qu’il parte comme ça d’un film plus naturaliste vers quelque chose du domaine du conte, du film d’aventures jusqu’au film de genre et qu’il parle de cinéma, de ré-enchantement du monde et qu’il se permette la liberté tout simplement.

Un bon choix puisqu’il est présenté au Festival International du Film fantastique à Neuchâtel.
Oui et je suis très contente de ça, parce que justement ça veut dire que les gens ressentent cette autre dimension qui n’est pas que naturaliste, mais qui est fantastique, surréaliste… en fait, il y a plein genres à aborder.

Le film est très bien interprété et surtout par la jeune actrice Noée Abita, qui interprète Ava. Sauf erreur, c’est son premier film, pouvez-vous nous parler d’elle ? Comment vous l’avez découverte ?
En fait, on nous avait dit que ç’allait être très compliqué parce qu’on cherchait une actrice de plus de 16 ans pour des raisons de production et de nudité, mais qui fasse jeune de 13 ans pour le film et ce n’était pas évident. En fait, elle est arrivée le premier jour du casting, c’était son premier casting. Elle avait fait le mur avec une copine pour se renseigner dans une agence puis on lui a filé une annonce et elle est venue pour voir et dès qu’elle est arrivée, on a su que c’était elle et pour moi, c’était une évidence, c’était elle et pas une autre.

Parlez-nous de la musique, qui est assez présente dans le film.
En fait, il y a deux types de musique dans le film. Il y a une musique composée qui est vraiment plus angoissante, c’est des cordes frottées plus chaotiques même si fur à mesure, elle trouve son harmonie et plus souterraine quelque chose de plus primitif qui se joint à une musique plus artificielle des chansons qui sont dans un plaisir plus immédiat du spectateur. C’était vraiment cette confrontation entre le sauvage et l’artificiel qui m’intéressait dans tout le film. En fait, la musique composée permet de passer d’un genre à l’autre et de comprendre dès le début que le film va être pas seulement naturaliste mais un peu fantastique et qu’il va nous amener ailleurs.

Comment souhaitez-vous que le film « AVA » soit perçu par le public ?
Qu’il ne le mette pas dans des cases, qu’il soit décadenassé…

Ava
FR – 2016 – 105 Min. – Comedy
Réalisateur: Léa Mysius
Acteur: Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano
Praesens Film
16.08.2017 au cinéma

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