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mardi, février 3, 2026
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Focus sur un genre : les teen movies

L’adolescence est un sujet qui a souvent occupé le cinéma – il faut dire qu’elle est porteuse de nombreuses histoires tout à fait propices à être racontées sur grand écran. On vous emmène aujourd’hui dans un récapitulatif du genre : c’est parti pour réfléchir aux différentes manières de raconter cette période de vie forte en émotions.

Une origine littéraire

Avant d’être représentée au cinéma, l’adolescence l’est d’abord dans la littérature par le biais du Bildungsroman. Ces textes, nommés également romans d’apprentissage en français, se déroulent sur une durée de temps plutôt brève et comportent un héros généralement jeune, accédant à une meilleure connaissance de lui-même et du monde qui l’entoure suite à une série d’épreuves. Cette même structure narrative se retrouve par la suite au cinéma dès les années 50 – période où la sociologie reconnaît l’adolescence comme une étape de construction à part entière entre l’enfance et l’âge adulte. L’exemple le plus célèbre de l’adolescence à l’écran à cette époque ? Il s’agit sans aucun doute de James Dean dans La Fureur de vivre.

De James Dean à Lindsay Lohan

James Dean accède au statut de légende par sa mort prématurée dans un accident de voiture avant même la sortie du film. Le look de son personnage, inspiré de Marlon Brando – jean bleu à ourlets, blouson rouge et T-shirt blanc, cigarette au coin des lèvres et air désinvolte – se voit imité à l’infini : une mode est lancée. Avec elle, la fascination pour le personnage de l’adolescent rebelle à l’écran commence ; elle trouvera son essor véritable à l’écran vingt ans plus tard.

C’est qu’en 1973 sort le film de George Lucas American Graffiti, depuis devenu culte. Ce film, qui suit un groupe d’adolescents le temps de leur dernière soirée ensemble, n’aborde pas seulement les problématiques de relations amoureuses mais également la nostalgie liée à l’arrivée prochaine de l’âge adulte. Tout comme dans La Fureur de vivre, l’indépendance s’y prend à coups de cigarettes, de voitures et de rock n’roll.

La décennie suivante, celle des années 80, est parfois vue comme l’âge d’or des teen movies. Pour cause ? Les films de Howard Hughes, qui fait jouer Molly Ringwald dans différents rôles d’ado. Contrairement à American Graffiti et La Fureur de Vivre, ses films ont comme décor la vie à l’intérieur du lycée – on y observe sa hiérarchie sociale et ses codes. Le film Breakfast Club (1985), sur un groupe de lycéens convoqué en retenue un samedi matin, marque le genre notamment pour ses personnages archétypaux qu’on retrouvera représentés en masse au cinéma par la suite : le sportif, la populaire, l’intello, la gothique. On peut dire que les années 80 posent le cadre pour un modèle qui sera étendu, modifié et réutilisé au cinéma durant les 20 années suivantes.

Durant les années 90, on observe de nombreuses variations autour d’un même modèle : en une décennie, le teen movie peut devenir horrifique (Scream en 1996, Souviens-toi, l’été dernier en 1997), adaptation d’une source littéraire classique (Shakespeare pour Dix bonnes raisons de te larguer en 1999, Jane Austen pour Clueless en 1995), mais aussi queer et parodique (But I’m a cheerleader, 1999).

Au début des années 2000, la franchise Disney s’empare du genre et lance une série de productions qui comportent des stars montantes : on retiendra Princesse malgré elle (2001) avec Anne Hathaway et Freaky Friday (2003) avec Lindsay Lohan. Cette dernière devient la star du teen movies avec l’incontournable Lolita malgré moi (2004). Avec ces productions, un sous-genre destiné principalement aux filles apparaît : le chick flick.

Du cinéma au streaming

Si, depuis les années 2010, le genre existe toujours, un changement majeur a néanmoins eu lieu : les teen movies ont majoritairement migré vers les plateformes de streaming. Cela ne diminue en rien leur succès, mais montre l’évolution des habitudes de visionnage : leur public premier – les ados – regarde plus volontiers un film en streaming chez soi qu’au cinéma. Les productions Netflix The Kissing Booth et To All the Boys I’ve Loved Before sont ainsi des succès commerciaux pourtant jamais sortis en salle. À l’instar de ces films, de nombreuses productions abordent le thème de l’adolescence mais sous le format de séries disponibles en ligne – notons la série Netflix Mes Premières Fois, réalisée par Mindy Kaling. Ainsi, depuis plusieurs années, peu nombreux sont les films sur l’adolescence qui sortent au cinéma ; ceux qui y parviennent sont plutôt des remakes adressés aux spectateurs d’un premier opus vieux de plusieurs décennies (à l’image de Freakier Friday, sorti en 2025).

L’exception à cette règle ? Elle se nomme Greta Gerwig: ses films (Lady Bird en 2017, Les 4 filles du Dr March en 2019, Barbie en 2023), pensés pour le cinéma et non pour le streaming, comportent des éléments du teen movie sans cibler un public en particulier ou proposer une version caricaturale de l’adolescence. Peut-être la coexistence de ses films et de la production pour les plateformes de streaming nous rappelle-t-elle que chaque génération a ses modèles – et ses propres habitudes de visionnage.

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