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mardi, février 3, 2026
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Festival CinéMasala

LESBIAN SPACE PRINCESS – Le Pouvoir du Labrys

Claire Blanchard-Buffon
Claire Blanchard-Buffon
Cinéphile passionnée, écrivaine et musicienne depuis son enfance, elle offre son âme d’écorchée vive au besoin de l’art et de la transmission de ses émotions. Voter folie est-elle la même ?

Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire un film d’animation avec des lesbiennes dans l’espace ? Si ces personnes existent, elles ont désormais tort et c’est tant mieux. Sans limite à l’imagination sinon la taille de l’écran, Embarquez à bord d’un vaisseau hétéro avec la princesse Saira en quête de son estime de soi.

Saira est la princesse de Clitopolis, ville entièrement lesbienne depuis tellement longtemps que la notion d’hétérosexualité sonne comme un mythe lointain, dans l’univers gay protégé de la Gaylaxie. Encore une fois, lors de son anniversaire, la princesse doit invoquer son labrys. Mais l’opération est un échec et vient s’ajouter à la rupture de l’intéressée avec Kiki sa petite amie, ou plutôt son ex-petite amie. Lors du processus de deuil de cette fin de relation, Kiki est enlevée par des hommes blancs cis-genre. La rançon ? Le labrys de Saira. La princesse part en quête de la fameuse hache afin de libérer Kiki et peut-être de retrouver son amour.

Un genre de roadtrip movie entre le pays de la dépression et le déni sur le chemin de la dévalorisation personnelle. Une anti-héroïne très semblable à des milliards d’humains. Cette aventure dépeint de façon très larmoyante les dégâts de la solitude de l’enfance sur la vie adulte. L’hyper-attachement finalement toxique et le manque de discernement qui en naît. Ce qui peut passer pour une animation peu subtile LGBT+ est en réalité une illustration de la simplicité de la vie au-delà du genre qui semble perturber tellement de personnes dans notre monde étriqué et trop cis-genré.

Ce n’est pourtant pas un film engagé frontalement. Avec humour et légèreté, trop peut-être, la question de la découverte de soi et le choix de son propre chemin son au centre de l’intrigue. On peut y voir également une satire d’une société trop attachée aux étiquettes de genre en particulier et de rôle social en général, mais ces questions sont trop survolées au profit de la romance toxique que vit le personnage principal. Ce dernier thème est important à mettre en avant bien entendu, mais la manière choisie dans cet animé pourrait faire penser à une critique de l’émotivité plutôt qu’une mise en garde ou une prise de considération pour les victimes.

Il y avait une porte ouverte, avec cette œuvre, qui n’a été que poussée maladroitement, hélas. Les couleurs sont magnifiques, le rythme soutenu et les scènes se mêlent sans se polluer. Il y a peu de personnages, ce qui donne l’opportunité de laisser la place aux messages, aux critiques et aux débats. Mais la réalisation de Lesbien Space Princess n’est pas vraiment monté dans ce vaisseau là. Une jolie histoire, peu de difficultés ou en tout cas par très difficiles à résoudre. Le côté très cloisonné des scènes peut faire apparaître une critique psychologique et sociale de notre façon de vivre en tant qu’humain sous injonctions, mais c’est à peu près tout. Chacun et chacune y trouvera ce qu’il veut, tant la trame est adaptable. Plus de virulence aurait été bienvenue. J’ai peur que ce film passe discrètement des écrans à l’oubli. Heureusement il y a les cinéphiles, les collectionneurs et les activistes LGBT+.

Réal. : Emma Hough Hobbs/Leela Varghese

Acteurs, Actrices : Shabana Azeez/Mark Samual Bonanno/Gemma Chua-Tran/Bernie Van Tiel/Madeleine Sami/Jordan Raskopoulos/Richard Roxburgh

Distrib. : First Hand Films

Sortie : 21 janvier 2026

Genre : Animation/Comédie/Fantastique/Romance/Science-Fiction

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