Clayface a une belle Gueule d’Argile, mais fait un timide pas horrifique

Une intéressante adapation

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Créé en 1940 par Bob Kane, Clayface arrive dans l’univers cinématographique de DC Comics plutôt en douceur. Si son histoire est assez bien adaptée, l’aspect tout public prime tout de même. Mais ce nouveau DCU fait plaisir à voir pour Halloween.


A Gotham tout peut arriver à n’importe quel moment. Devenir une célébrité mondiale en fait partie. Et depuis quelque temps, telle est la vie de Matt Hagen qui en profite au maximum. Né dans les bas-fonds de ladite ville réputée pour ses horreurs, il a gravi les échelons presque tout seul. Tout comme sa chute vertigineuse venant d’arriver… Défiguré, rapidement appauvri et totalement délaissé par ses rares proches et la société en général, le jeune homme va tenter le diable en participant à un traitement médical douteux au début, mais très efficace au final. Les effets secondaires ne s’éviteront pourtant nullement. Tandis que Matt les subit et gère du mieux possible, il s’interroge beaucoup par rapport à ses soudains changements physiques et physiologiques. En sus, son désir de vengeance prend de l’ampleur car son défigurement a été causé par un mafieux puissant de Gotham. Alors la question se pose : qui devient le monstre de qui ?

L’idée de réaliser un film sur un méchant du côté des studios DC, autre que Le Joker et Catwoman, date de 2021. A l’époque, c’était déjà Mike Flanagan (« The Life of Chuck ») qui avait proposé un scénario a priori, intéressant et surtout, horrifique.

Néanmoins, entre l’épidémie mondiale, la grève des scénaristes, l’échec complet de l’univers DC (le DCEU) ou encore la nouvelle Direction des studios susmentionnés, le projet s’est concrétisé finalement 5 ans après.

Avec quelques remaniements scénaristiques et un certain temps avant de trouver un réalisateur adéquat par rapport à Clayface, celui précité ne pouvant s’en occuper pour des questions d’agenda, Clayface ou « Gueule d’Argile » en français, est diffusé dans les cinémas pour un budget modeste, d’environ 40 millions de dollars.

Et il s’avère que cette décision reste judicieuse. Car entre des têtes d’affiche assez méconnues du grand public, un Gotham City plutôt réaliste et surtout, des prothèses faites à l’ancienne donc à la main, Clayface garde une ambiance adaptée à la ville de Batman-Bruce Wayne.

Cette version de la ville fait également plaisir à voir, à revoir parfois au gré des allusions, ou à découvrir. Par rapport à sa crasse généralisée, mais aussi ses zones malaisantes soit agrémentées au travers des décors réels à Liverpool, soit aménagées au sein des studios.

Quelques éléments regrettables se constatent toutefois. Le lien avec ladite mégapole n’a pas été suffisamment étoffé durant ce 1er long-métrage. Ou le passé de Matt à peine effleuré, le manque de réactivité en dehors de Clayface afin de réguler la situation ou encore, un volume d’hémoglobine sympathique, mais nullement digne d’un film d’horreur.

Ces faits s’oublient heureusement vite grâce à un scénario soigné, et au fluide habilement trouvé et employé afin de créer la bonne substance liée au film. La bande originale, composée par Volker Bertelmann (« Verity »), s’intègre aussi très bien tout au long de Clayface.

Si effectivement cette fiction s’adresse à un public un peu plus ciblé par sa violence et le sang, les spectateurs-trices qui le verront, devraient passer un bon moment devant un personnage méritant un développement sinueux.

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