Pour la plupart des gens, Derborence est un secteur calme où une balade au bord du lac permet de se ressourcer. Mais le réalisateur de cet intéressant documentaire, a eu envie de montrer la réalité et le côté sauvage de ce bel endroit.

Relativement connu au sein du territoire helvétique, même 200 ans après le grave incident, le site de Derborence offre une terre toujours abondante pour la faune et la flore. Située dans le canton du Valais, vers Conthey et à quelques kilomètres des Diablerets, la fameuse Quille du Diable (rebaptisée Tour Saint-Martin), son lac et ledit site protégé, captivent depuis longtemps Vincent Chabloz. Gamin, il partait déjà de chez lui afin d’explorer ce qui pouvait lui sembler être une vaste aire naturelle. Au travers de son 1er documentaire, le cinéaste emmène le public à la découverte d’écrins secrets, de la faune et de la flore sauvages, mais souvent heurtées par les humains arrivant par la vallée. Guidant son récit en commentateur, il ponctue ses explications sur cette nature et ses faits historiques avec des petites touches humoristiques, des pointes nostalgiques et de la tendresse. Tout en rappelant qu’il est nécessaire et vital, de protéger Derborence des invasions intempestives et artificielles commises.
Habitué à son indépendance en qualité de cinéaste polyvalent, Vincent Chabloz a cette fois-ci, dû s’adapter à une petite équipe afin de réaliser et concrétiser son projet cinématographique.
Si Derborence le temps des animaux explique et relate le vécu de ces derniers au gré des saisons et de la météo très changeante, l’aspect humain et une partie de ses complexités, sont également dépeints.
Mais au gré des célébrités présentées, comme le lynx boréal, l’hermine ou les grands corbeaux, l’objectif de la caméra démontre avec patience, qu’il s’avère plus intéressant de contempler la vallée et ses habitant·e·s, afin de mieux en percevoir son appartenance.
Encore aujourd’hui, Derborence représente la contradiction par excellence. Car si sa création s’est faite avec de nombreux glissements de roches (les quilles du diable), au début et au milieu du 17e siècle, ces éboulements ont aussi entraîné les habitats. Et à l’époque cet ensemble a établi l’environnement et le lac actuels.
En 1911, les habitant·e·s et autorités de la région valaisanne ont finalement officialisé ce refuge, en un district cartographié officiel. Une décision qui pouvait paraître étrange à cette époque, mais finalement, cela en a été bénéfique. Même si, l’endroit se formait déjà des siècles auparavant naturellement.
Puis au début des années 1960, cette même réserve fut répertoriée comme l’unique et dernière forêt vierge dans toute la Suisse. Depuis, des générations de bouquetins, de salamandres noires ou de grenouilles rousses, naissent et décèdent selon le cycle de la nature.
Quoiqu’il en soit, ce magnifique documentaire animalier au titre approprié, s’adresse à un large public. Pour jeunes, c’est l’occasion de découvrir un secteur à respecter tout en pouvant aller partiellement le visiter.
Quant aux autres générations, Derborence et le temps des animaux permet une plongée historique intéressante et assez inédite avec une telle réserve. Qui se doit de perdurer le plus longtemps possible malgré les catastrophes naturelles et les gens interférents, involontairement ou non.











Derborence le Temps des animaux
SUI – 2026
Durée: 1h24 min
Documentaire
Réalisateur: Vincent Chabloz
JMH Distribution
28.10.2026 au cinéma



















