Gérard Jugnot: «J’aime bien me voir doublé. Je suis vachement bien en japonais !»

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«Le rire, c’est du boulot !» Qui mieux que Gérard Jugnot pour en parler ? L’acteur et réalisateur français a été l’invité d’honneur de la 12e édition du VIFFF, qui s’est déroulée du 21 au 25 octobre. Elle a rassemblé 10’500 spectateurs, selon les organisateurs qui en avaient compté la moitié en 2021. La présence de l’acteur du Splendid a sans aucun doute participé à ce succès.  

«La comédie repose toujours sur le drame.» Et son dernier long-métrage ne fait pas exception. Il y a quelques jours, Gérard Jugnot est venu présenter en première suisse Mauvaise Pioche au public du Vevey International Funny Film Festival (VIFFF). L’acteur et réalisateur français s’est inspiré du cas de Guy Joao, un parfait anonyme, confondu par erreur en 2019 avec Xavier Dupont de Ligonnès, l’homme le plus recherché de France depuis plus de quinze ans. 

La diffusion de ce film, sorti en France au printemps, a succédé à une Masterclass de l’acteur du Splendid à l’Astor, lors de laquelle il a partagé anecdotes et souvenirs avec la générosité qui le caractérise. Un bon client pour cette 12e édition du festival veveysan, qui avait pour thème central : «Le rire, c’est du boulot !» 

«Michel Blanc il m’a donné le virus de la comédie.»

Dans les années 50, c’est un magasin de farces et attrapes qui a fait découvrir la comédie à Gérard Jugnot. Enfant, il s’est souvent esclaffé en piégeant ses proches avec de fausses crottes de chien et autres coussins péteurs. Il s’amusait de constater que ces blagues faisaient autant rire les adultes que les bambins de son âge. «J’avais tendance à faire mon intéressant, comme tous les petits garçons timides», se souvient-il. La suite, on la connaît. Il l’a déjà racontée maintes fois. Mais le public ne se lasse pas de l’entendre. 

Parmi ses acolytes qui deviendront ceux de toujours, c’est Christian Clavier que Gérard Jugnot rencontre en premier, sur les bancs de l’école. «On se la pétait grave. On se prenait déjà pour des professionnels», s’en amuse-t-il soixante ans plus tard. Gérard voulait devenir metteur en scène. «Quand je l’ai confié à Christian, il m’a dit: « Faut que je te présente un scénariste ! » En l’occurrence, Thierry Lhermitte. On avait 13 ans. Quant à Michel Blanc, il m’a donné le virus de la comédie», complète le septuagénaire. C’est ainsi que s’est formée, dans les années 70, la troupe du Splendid, que rejoindront Josiane Balasko et Marie-Anne Chazel. 

Il faut dire que c’était mal parti pour Gérard Jugnot. Du moins, c’est ce que le jeune homme croyait à l’époque. «On m’avait dit que je ne pourrais jamais être acteur, à cause d’un polype (ndlr : excroissance) sur les cordes vocales. Quand j’ai raconté ça à Tsilla Chelton, ma professeure d’art dramatique (ndlr : mais aussi l’inoubliable Tatie Danielle du film éponyme), elle a bien ri !», se remémore celui qui s’en est plutôt bien sorti dans le métier.

La joyeuse bande crée rapidement son propre théâtre. Leur pièce Amour, coquillages et crustacés sera leur premier gros succès. Né sur les planches, Le Père Noël est une ordure suivra de près et attirera les plus grands noms. François Truffaut, Jean Rochefort ou encore Lino Ventura viendront applaudir ces jeunes acteurs qui rêvent de cinéma. Tous ont eu raison d’y croire. Quelques années plus tard, leurs rêves deviendront réalité. 

«Le rire, c’est comme les essuies-glaces, ça éloigne la pluie, mais ça ne l’empêche pas de tomber.»

Devenu aussi culte sur grand écran, Le Père Noël sera même adapté aux États-Unis en 1994 par la réalisatrice Nora Ephron. Anthony LaPaglia (FBI : Portés disparus) tiendra le rôle de Félix, le Jugnot américain. Mais contrairement à l’original, le remake n’a pas séduit. «Comme quoi, ce qui fait rire en France ne fait pas forcément marrer à l’étranger…» La troupe du Splendid avait-elle eu son mot à dire sur cette adaptation à l’époque ? «Non, mais on a encaissé le chèque !», lâche Gérard Jugnot. 

Comme quoi, faire rire, c’est du boulot. Le Splendid en sait quelque chose. Il aura notamment fallu plusieurs diffusions aux Bronzés font du ski (1979) pour que ces derniers fassent partie intégrante de l’histoire du cinéma français. «C’est très difficile de jouer la comédie face à une caméra. Pour faire rire, il faut se jeter à l’eau. Au théâtre, le public vous porte, mais au cinéma, c’est un travail à l’aveugle. On ne sait pas tout de suite si ça prendra.» Et si ça marche une fois, rien n’est gagné pour autant. «Le rire, c’est comme les essuie-glaces : ça éloigne la pluie, mais ça ne l’empêche pas de tomber.» 

Si Gérard Jugnot n’est pas le genre d’acteur à se regarder quand l’un de ses succès passe à la télévision, il ne peut toutefois s’empêcher de s’admirer dans une autre langue : «J’aime bien me voir doublé. L’autre soir, je me suis entendu en japonais. J’étais vachement bien !» Avant de quitter le public veveysan, il s’est laissé aller à une savoureuse dernière anecdote.

Il y a quelques années, alors qu’il cherchait un acteur pour jouer dans un de ses films, il tombe, lors du casting, sur un candidat qui mentionnait Tandem (1987) dans sa filmographie. Un film de Patrice Leconte , cher à Gérard Jugnot. «Je lui ai demandé quel rôle il tenait parce que je ne me souvenais pas de lui…», raconte celui qui se rappelle pourtant très bien du tournage qu’il a partagé avec Jean Rochefort. Mais le candidat avoue à demi-mot qu’il ne s’agissait que d’un petit rôle. Mais pas des moindres. L’homme n’était autre que sa doublure fesses !

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Lauren von Beust
Amoureux du film «American Gigolo», ses parents la prénomme en hommage à l'actrice américaine Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, comment aurait-elle pu, en grandissant, rester indifférente au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep a prolongé sa culture en menant des études universitaires en théories et histoire du cinéma. Omniprésent dans sa vie, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme, dont elle a fait son métier. Celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Une preuve indélébile de sa passion. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : «L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall !». Ça fait classe !

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