La Légende de Sherwood descend de son piédestal pour retrouver une dimension humaine. La vérité crue sur le héros, sa vie, son œuvre. Bienvenus dans le côté obscur de l’Angleterre.

Robin des Bois, Robin de Locksley est âgé et solitaire. Il rumine son passé. Les histoires, les faits sont souvent incomplets et même farfelus. Ses crimes, ses victimes et le poids de ses cicatrices le torturent au plus haut point. Après un énième combat, dont il ne pensait pas sortir vivant, Robin ouvre les yeux au sein d’un havre de paix, sur une île régit par une sœur guérisseuse. Il s’invente une identité à laquelle son hôtesse ne croit pas une seconde et finit par récupérer la fille de son compagnon de frasques : Petit Jean.

Robin des Bois est une figure emblématique des contes et histoires plus ou moins historiques de nos enfances. Un héros juste et intrépide qui combat les riches méchants pour distribuer les richesses aux gentils pauvres. Oui, c’est réducteur, mais les contes le sont afin de marquer la frontière ente le bien et mal. Plus tard, devenus adultes, nous apprenons que les traits ne sont hélas pas si simples à décoder et que l’un ne va pas sans l’autre. L’équilibre donne alors la mesure de la qualité de l’âme.

En explorant la symbolique de l’homme qui fait le bilan de sa vie, Michael Sarnoski retourne le mythe pour que la réalité et peut-être une sorte de vérité entrent, elles aussi, dans l’Histoire. Comment se résume notre parcours au crépuscule de notre existence ? Sommes-nous satisfaits de nos accomplissements, avons-nous honte de certains faits ? Voici les questions que se pose Robin et qui l’accompagnent jusqu’au choix de sa mort.

Côté technique, le style est magnifiquement sombre, détaillé. La photographie est régulièrement digne d’un tableau de maître. Les lumières rarement chaudes, souvent froides personnifient le décor pour en faire un personnage important. Les ambiances se calquent sur les émotions et l’état mental de Robin des Bois. Une vision poétique du chaos, de la fin de vie très romantique.

Le personnage du lépreux joué par Murray Bartlett est particulièrement intéressant et essentiel pour un second rôle. Comme une image du passeur du Styx, Charon, de la mythologie gréco-romaine ou de la mythologie nordique, Harbard le passeur irascible. Mettant Robin devant la vérité nue de son comportement et ne pouvant se détourner de la tâche qui lui incombe cependant. Une métaphore à peine voilée du passage dans l’autre vie.

Malgré un rythme lent, le scénario est prenant et lourd d’émotions. Il serait dommage de passer à côté sous prétexte que c’est plus un film d’auteur que d’action-aventure brute. Presque une pièce Shakespearienne, un roman de rédemption et de recherche de plénitude dans l’acceptation des échecs qui sont finalement le reflet des réussites. Préparez-vous à rencontrer la face cachée du grand Robin de Locksley.

Réalisateur : Michael Sarnoski
Acteurs, Actrices : Hugh Jackman, Bill Skarsgard, Noah Jupe, Jodie Comer, Murray Bartlett, Faith Delaney
Distributeur : Ascot Elite Entertainment
Genre : Aventure
Durée : 129 minutes
Sortie : 18.06.2026
Titre Original : The Death of Robin Hood


