FCAL 2026 : Le Coton Emancipatoire et un Dilemme Crucial

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Le « Festival Cinémas d’Afrique Lausanne » a célébré sa 20e édition qui eut lieu durant 3 jours, soit du 13 au 16 juin dernier. L’occasion donc pour les festivaliers-ières, de découvrir une belle programmation durant ce jubilé.


Malgré la chaleur et l’énième vague caniculaire, les premières personnes ont pris rendez-vous afin de visionner « Cotton Queen ». Diffusée au sein de plusieurs grands festivals de films internationaux, dont le réputé « Venice Film Festival », cette fiction a déjà gagné de nombreux prix.

« Cotton Queen » : La jeune Nafisa s’investit beaucoup dans la récolte de coton au sein de son village soudanais. Elle apprend et retient assez vite la cueillette, tout comme les récits héroïques de ses ancêtres, contés par sa grand-maman. Mais sa liberté et son indépendance vont vaciller à la suite de la brutale obligation décidée par sa famille. Se sentant prise entre 2 feux, Nafisa oscillera entre la tradition ou ses instincts de rebelle…

Basée sur le court-métrage de la même cinéaste Soudanaise Suzannah Mirghani, la fiction « Cotton Queen » dénonce plusieurs faits sociétaux insuffisamment exprimés en Europe. Qu’il s’agisse des obligations familiales imposées et souvent brutales, au coton génétiquement modifié planté dans ce pays depuis une dizaine d’années.

Si les idées du récit demeurent intelligentes et assez bien filmées, il reste regrettable que « Cotton Queen » n’ait pu être tourné au Soudan, à cause de la guerre commencée en 2023. Mais surtout, l’intrigue est trop longue et manque de dynamisme.

En outre, les thématiques cinématographiques s’avèrent floues, le fantastique à peine abordé, alors que de rares scènes d’action intéressantes apparaissent à la fin du film. Néanmoins, les dialogues, plans extérieurs ou tenues vestimentaires, demeurent très soigné-e-s et parfaitement adapté-e-s à l’histoire.

Si le public présent en ce jeudi 13 août 2026 ne paraissait pas enthousiasmé par « Cotton Queen », il mérite une meilleure reconnaissance internationale pour les raisons évoquées. Car à sa manière, il peut éveiller certaines prises de conscience.

« Laundry » : En 1968 à Johannesburg, le jeune Khuthala refuse totalement la succession imposée par son père, soit reprendre la blanchisserie familiale. L’adolescent est en effet bientôt majeur et pour ses parents, il devient normal qu’il délaisse sa passion du jazz, au profit des valeurs familiales. Mais entre les imprévus parfois violents dus à l’apartheid et les impulsions de tout un chacun, leur vie respective basculera à jamais.

Dès le début de l’écriture de son 1er long-métrage qui deviendra « Laundry », Zamo Mkhwanazi a eu envie de créer une histoire et des protagonistes les plus réalistes possibles. Tout en songeant constamment aux possibles rêves à concrétiser.

Très bien écrit, filmé et joué, l’originalité de l’histoire emmène également les spectateurs-trices à des sous-intrigues intelligentes et pertinentes. Les décors et tenues vestimentaires plongent le public immédiatement dans les années 1960.

Ainsi, une certaine résonance peut se percevoir quant à cette période (faussement) colorée. Néanmoins, la situation ne se vit pas de manière occidentale, mais en Afrique du Sud. Les réflexions, rébellions, dangers et émotions se vivaient et se vivent totalement différemment.

Si « Laundry » fut présenté en exclusivité au sein du « Festival Cinémas d’Afrique Lausanne », une sortie dans les cinémas en Suisse romande est prévue dès le 2 septembre 2026. Une fiction proche de la réalité, qui mérite donc d’être découverte afin de se rappeler de ce terrible passé.

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