Coproduit notamment par la Suisse, le tout 1er long-métrage de la cinéaste Zamo Mkhwanazi, traite de nombreux sujets d’un certain passé, mais pas si lointain. Un hommage à la musique, aux laveries et à la survie de la meilleure manière possible.

À la fin des années 1960 à Durban, Khuthala rêve de musique, du jazz et de groupes plus ou moins utopistes dont il serait un membre central. La journée et avec sa sœur, il travaille au sein de la buanderie-laverie tenue par leurs parents. Le soir et la nuit, il vit différemment et se sent davantage emporté par les mélodies s’entendant depuis la rue. Néanmoins ses envies, rêveries et ambitions sont systématiquement mises en péril… D’une part, car ses parents veulent qu’il reprenne l’entreprise mais surtout, le chaos et la mort règnent en ces temps difficiles en Afrique du Sud à cause de l’apartheid. Sa famille encore épargnée, devra changer son quotidien. En effet leur père Enoch, a soudainement été convoqué au bureau de l’apartheid…
S’inspirant de son vécu familial en période d’apartheid, la cinéaste Zamo Mkhwanazi a décidé au travers de son scénario, d’en faire un long-métrage. Une pointe d’amusement, une musique parfaitement appropriée à l’intrigue ou encore un soupçon poétique, composent notamment cette excellente fiction proche de la réalité.
Des tenues colorées tant liées aux années 1960, qu’aux dialogues efficaces ou en passant par de magnifiques décors (recréés ou déjà existants), Laundry a été minutieusement et brillamment filmé et joué.
Le public est ainsi plongé d’abord dans la décennie susmentionnée, puis comprend au fur et à mesure, les différents mystères entourant la famille Sithole. En parallèle de leurs implications, obligations et répressions.

Car si l’espoir se mêle souvent au désespoir au gré du récit d’Uhlanjulub, soit Laundry en version anglaise, chaque personne opprimée réagit différemment, avec sa sincérité ou sa fourberie.
Ainsi, de grandes contradictions se forment et se démontrent au sein du film. Entre par exemple, d’un côté une main tendue dotée d’un certain espoir ou de l’autre et de manière plus cachée, avec un but égoïste.
Au niveau de la distribution des rôles, si aucun-e comédien-ienne n’est connu-e en Suisse et en Europe, leur performance respective impressionne grandement. D’autant plus que la majorité d’entre eux-elles, débute dans l’industrie du 7e Art.

En sus des incroyables et bouleversants aspects traités au sein du récit, la bande originale s’adapte parfaitement bien à toutes les séquences. D’ailleurs, la scène chantée au salon reste un moment fort et important.
Au point de rester longtemps en tête, même après la fin du long-métrage. En fait, la musique a tellement d’importance et crée un accompagnement si notable pour Laundry, qu’elle en devient un personnage à part entière.
S’adressant davantage à un public réfléchi, sensible et adulte, la fin de Laundry surprend à bien des égards. Car l’opportunité et la décision qui en découlent en définitive, ne se font pas avec aisance.
Ce moment démontre en fin de compte, que tout peut changer à chaque instant dans la vie…








Laundry
SUI – AFS – 2026
Durée: 1h46 min
Drame
Réalisatrice: Zamo Mkhwanazi
Avec: Tracy September, Ntobeko Sishi, Zekhethelo Zondi, Bukamina Cebekhulu, Siyabonga Melongisi Shibe
First Hand Film
02.09.2026 au cinéma


















