Attention ça tache ! Vous allez en prendre plein les yeux et la bouche. Une introspection au cœur de l’âme des slashers, ces films sanguinolents aux ados libidineux et aux légendes sordides de serial killers nés d’un trauma. Résolument badass.

Kris, cinéaste, aimerait faire un énième chapitre, et non une suite, de son film d’horreur préféré : Teenage Sex and Death at Camp Miasma. Ce classique jouit d’un nombre impressionnant de suites, toutes aussi loufoques et ridicules. Kris rencontre la première
Final Girl de la saga, Billy Presley, qui réside encore sur le lieu des tournages des films. Leur rencontre va faire prendre un virage inattendu à cet univers glauque et saignant du slasher type des années 1980.

Tout y est ! Le scénario éculé et tellement apprécié des fans du genre avec ses ados moniteurs de camp plus penchés sur leur sexualité libérée de GenX que sur leurs responsabilités et une histoire de harcèlement qui a fini par forger l’identité du site. Un tueur trans-genre, une nouveauté remarquable, hante le camp à période régulière afin d’étancher sa soif de vengeance. Ce qui est original, c’est la plongée effectuée par deux personnages dans les entrailles des slashers. Une fan réalisatrice et une actrice qui ne vit que par l’énergie du film. Un film autant hommage, décalé que pleinement expérimental.

Alors que les années 1980 à 1990 ont vu pléthore de films de ce genre, avec des personnages ancrés dans la culture du viol issue d’un patriarcat décomplexé, le long métrage explore ces défauts avec intelligence et frontalement. Ce qui propose de relever les comportements et jugements problématiques, pour l’éducation d’une jeunesse non inclusive, arrive à rendre le discours et l’œil du spectateur plus critique sans perdre l’intérêt premier de la trame : la personnification du film d’horreur du tueur sans discernement ou presque. C’est une œuvre engagée, qui dénonce autant qu’elle admire.

L’univers créé du film fictif dans celui plus réel, mais toujours fictif pour le public, du tournage du film aurait pu se perdre dans ses propres méandres. Bien que la frontière soit parfois ténue, le montage réussit l’exploit de ne jamais mélanger les deux réalités. En tant que férue du genre, je dois dire que dès les premières minutes, les différents éléments apportent une satisfaction qui ne s’abîme pas jusqu’au bout et même plus. La réalisatrice Jane Schoenbrun démontre un savoir-faire qui frise l’excellence. Elle part tellement loin qu’on a vraiment pas le sentiment de fin lorsque le générique tombe. Elle nous laisse volontairement sur notre faim, peut-être pour ressentir ce qui fait avancer le tueur. En bref, une merveille. Un film attendu alors qu’on ne le savait pas. Vous aimez les films de tueries de masse de jeunes adultes désinvoltes ? C’est part là.

USA – GB – CA 2026
Réalisatrice : Jane Schoenbrun
Acteurs, Actrices : Hannah Einbinder, Gillian Anderson, Amanda Fix, Arthur Conti, Eva Victor, Zach Cherry, Sarah Sherman, Patrick Fischler, Dylan Baker, Jasmin Savoy Brown
Distributeur : Filmcoopi
Genre : Comédie, Horreur
Durée : 113 minutes
Sortie : 19.08.2026
Titre original : Teenage Sex and Death at Camp Miasma



















