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lundi, janvier 26, 2026
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Festival CinéMasala

PRIMATE – Un Film à l’Etat primaire

Après un matraquage publicitaire extrêmement offensif, notamment sur les réseaux sociaux en utilisant la technique commerciale du « reaction shot 1», Primate, le gros slasher de ce début d’année mettant en scène un singe enragé, débarque dans les salles obscures pour le plus grand plaisir des fans de ce sous-genre du cinéma d’horreur. Malheureusement, force est de reconnaître que le film repose exclusivement sur son concept aguicheur, sans rien d’intéressant à proposer.

De retour de l’université, Lucy retrouve sa famille, dont Ben, le chimpanzé de la maison, aussi attachant que sympathique. Mais tout bascule lorsqu’après avoir été mordu par une mangouste, Ben contracte la rage et devient d’une agressivité incontrôlable. Acculés, Lucy et ses amis se réfugient près de leur piscine et tentent de survivre.

En effet, Primate n’a fondamentalement pas grand-chose de pertinent à donner à son public. On se retrouve devant une histoire d’une banalité sans nom, qui tient tout simplement sur un post-it. Une structure narrative qui ne se donne même pas la peine, même pour un genre aussi codifié que le slasher, de proposer quelque chose d’un tant soit peu original. Primate fait partie de cette catégorie de films où l’idée initiale prime sur la qualité de l’œuvre dans son exécution. Rappelons qu’une simple idée ne suffit pas à garantir la qualité d’une œuvre. Cette logique, à la fois paresseuse et désinvolte, trahit surtout un certain mépris pour un public à qui l’on avait pourtant promis une expérience captivante.

Pour ce qui est de la mise en scène, là aussi, on a un gros couac ! L’image est d’un convenu et d’un cliché sans nom. On se retrouve devant un long métrage particulièrement peu inspiré. La réalisation est grossière, que ce soit dans son utilisation d’une lumière saturée immonde, mais aussi dans la mise en place de plans « symboliques » mal exécutés et particulièrement risibles. C’est une œuvre sans âme. Des images sans vie qui transmettent une sensation d’exécution purement académique, sans passion. Par moments dans le récit, on est amené à avoir cette étrange sensation d’une mise en scène horrifique caricaturale et bête. Comme si un cahier des charges de réalisation avait été suivi à la ligne sans véritablement le comprendre. En d’autres termes, le film se révèle ridicule dans sa mise en scène, avec une dimension brouillonne, notamment à cause d’un montage parfois désastreux qui rend certaines scènes de mort totalement illisibles. Une sorte de sous-copie d’un mauvais film de la maison Blumhouse.

Alors, certain·e·s diront que le film comporte tout de même une part d’ultra-violence particulièrement réussie. Sur cela, je ne peux que leur donner raison. En effet, cette implantation dans le récit de cette dose bien bourrine d’hémoglobine à plein d’instants surprend, mais apporte une dose de jouissance à l’œuvre. On pourra noter des scènes à en décoller la mâchoire (c’est le cas de le dire), comme la scène initiale qui nous met tout de suite dans le bain du long métrage. Cette effervescence violente et sanglante de ces mises à mort plutôt chouettes redonne du peps au long métrage cruellement endormi. Néanmoins, même cet aspect du film mérite d’être nuancé. D’abord, comme dit précédemment, certaines de ces scènes sont gâchées par un montage haché. Deuxièmement, ces scènes d’une très grande violence restent plutôt rares, car la majorité des violences et des mises à mort sont en réalité plutôt soft. Enfin, je me permets de le rappeler, quelques moments de quelques secondes d’extrême jubilation ne doivent pas nous faire oublier l’ensemble des 1h30 particulièrement convenues et insipides. Cette ultra-violence soudaine qui vient se glisser à quelques moments dans le récit fait office de défibrillateur pour regagner l’attention du public.

Pour conclure, il est difficile de faire bien long sur un film de la sorte. C’est un film qui ne repose que sur son concept sans rien apporter d’autre. Un film qui ne tente rien et reste sur quelque chose de simpliste. Loin de moi de considérer Primate comme un film catastrophique. En tout et pour tout, le film n’est pas spécialement ennuyeux. Il garde malgré tout une petite part de divertissement pour un film qui, dieu merci, est assez court (1h30). Le film n’est pas un désastre, mais il reste assez médiocre et oubliable. On se retrouve à se raccrocher à quelques scènes de mise à mort un peu sympa pour apprécier un tant soit peu le film. Un long métrage qui s’avère moins décevant qu’attendu, sans pour autant réussir à s’imposer comme un bon film d’horreur. Une communication marketing autour du film ,brutal et agressif, qui nous avait vendu quelque chose de bien plus fort, mais qui se révèle être un joli pétard mouillé.

Réal.: Johannes Roberts

Acteurs, Actrices : Johnny Sequoyah/Jessica Alexander/Victoria Wyant/Troy Kotsur/Benjamin Cheng/Gia Hunter

Distrib. : Paramount Pictures

Sortie : 21 janvier 2026

Genre : Epouvante/Horreur

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