R7AL 2026 : Dépassements de soi, loto et extrêmes au programme

Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Pendant les « Rencontres 7e Art Lausanne », les festivaliers-ières de tout âge, purent (re) découvrir différents longs-métrages ou des Avant-Premières suissesses. A l’exemple d’un film français intéressant, et de 2 rétrospectives marquantes.


Si le cœur dudit festival se situe au sein du magnifique cinéma « Capitole » de Lausanne, la foule fut également bien présente au cinéma « Pathé Les Galeries », du 5 au 15 mars 2026. L’ambiance était complaisante et les gens ont su assez vite quel-s film-s aller voir. Comme l’Avant-Première proposée ce début de soirée du 12 mars dernier.

« Pour le meilleur » : Suzana ne s’en sort plus… Entre ses problèmes de couple, ses retards cumulés, ses nombreux emplois permettant à sa famille et elle d’à peine vivre, les 2 bouts ne sont pas joints. Rien ne la prédestinait à rencontrer Philippe Croizon, qui ne va guère mieux avec ses 4 membres en moins. Lui ne réalise pas la densité de sa dépression et constate chaque jour, ses différences par rapport à la « normalité ». Pourtant, ils vont se trouver, s’entraider à un tel point, que traverser la Manche à la nage deviendra un objectif commun…

Depuis plusieurs années déjà, le détonnant couple Suzana et Philippe Croizon sont bien connus du public francophone quant à leurs exploits sportifs incroyables et inégalés. Philippe a en effet, été privé de ses 2 mains et 2 pieds en 1994 à la suite d’un grave accident.

La fiction, très proche de la réalité et véritablement jouée par une personne quadri-amputée (Pierre « Philippe Croizon » Rabine), a été magnifiquement réalisée par Marie-Castille Mention-Schaar (« Divertimento »).

Touchant, humain, parfois poétique et n’hésitant pas à montrer les disparités créées par les femmes et les hommes, « Pour le meilleur » s’avère juste parfois, un peu trop lisse au niveau du récit. En apprendre davantage quant à leur surmenage ressenti, aurait été aussi intéressant. A découvrir sans tarder fin avril dans les salles obscures romandes.

« Les Seigneurs de Harlem » : A peine sorti de prison, le gangster Bumpy Johnson fonce retrouver son chez-soi et ses potes, à Harlem. Mais son quartier a vite changé en peu de temps et beaucoup d’obstacles jonchent dorénavant ses anciennes habitudes et son travail. Dutsch Schulz, les ordres de Stephanie Saint-Clair ou Lucky Luciano en font partie. Passant d’un homme plutôt compréhensif et patient, Bumpy deviendra violent, empressé et intraitable. La guerre des gangs s’accentue et personne ne donne l’impression de véritablement vouloir son arrêt…

Presque 30 ans après la sortie de cette fiction devenue rapidement culte, son acteur principal Laurence Fisburne, dans le cadre des « Rencontres 7e Art Lausanne », vint présenter avec honneur et de manière décontractée, son film aux spectateurs-trices.

Basé sur de nombreux faits réels pendant les années 1930, dont la création officieuse à l’époque de la loterie américaine, entendre le comédien expliquer sa manière de préparer son personnage et de le voir si proche, créa un bel engouement auprès des festivaliers-ières.

Même si certaines scènes, dialogues et décors ont mal vieilli, le fond de l’intrigue des « Seigneurs de Harlem » reste toujours intéressant. Il est plaisant de (re) voir le chef d’œuvre réalisé par Bill Duke (« Predator ») sur grand écran en 35 millimètres.

« American History X » : Rien ne prédestinait Derek à devenir un militant de l’extrême droite, un skinhead. Ce fut pourtant bel et bien son choix peu après le décès brutal de son père. Indirectement, il influença également beaucoup les réflexions et décisions de son plus jeune frère, Danny. Ainsi leur spirale haineuse respective, s’accentua jusqu’à cette fameuse nuit emplie de violences et d’imprévus. 3 ans après son emprisonnement et sa sortie, de nombreuses personnes attendirent ses nouvelles décisions et directives…

Filmé par Tony Kaye en 1999 (« Detachment »), davantage spécialisé pour les clips musicaux pendant les années 1990 et 2000, sa réalisation « American History X » s’avéra être un véritable coup de poing dans le milieu du 7e Art.

27 ans après, revoir ce chef-d’œuvre, interpelle toujours beaucoup le public. Car l’extrémisme, ou la rédemption, sont au cœur du sujet. Et malheureusement depuis un certain temps, ces choix et émotions excessives, s’enveniment de plus en plus…

Quoiqu’il en soit, le travail artistique et son intensité impressionnent encore grandement. Violent, osé, démontrant des codes et modes de vie devenus indécents à présent à filmer, « American History X » demeure inégalé pour sa profondeur et risque de choquer très longtemps.

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