20 ans après l‘excellent « Nos jours heureux » mis en scène par l’inégalable duo Olivier Nakache et Éric Toledano, leur nouveau film plonge le public dans une période nostalgique connue ou inconnue selon les générations. Une très belle réussite.

En 1985, Vincent va bientôt avoir 13 ans et il réalise de plus en plus que son enfance va changer pour passer à l’adolescence. Sans être mature ou précoce, il profite de la vie en vivant avec son grand frère et ses parents qui se disputent à chaque minute lui semble-t-il. A une période où changer le monde et son quartier peut être davantage qu’une illusion, le jeune garçon a également l’occasion de mieux découvrir sa famille, sa religion, ses copains et même son 1er amour. Des espoirs faisant vivre, tout comme les querelles ou gober des bobards assez loufoques menant Vincent à des situations imprévues et cocasses.
L’enfance dans les années 1980… Un sujet à la fois nostalgique, heureux, délicat et sonnant comme un défi pour tout réalisateur-trice souhaitant explorer un tel passé. Ce fut exactement le cas quant au duo de cinéastes bien connu du grand public, Olivier Nakache et Éric Toledano.
Un binôme qu’il est inutile de présenter, car entre leurs projets cinématographiques comme l’inoubliable « Intouchable » ou télévisés à l’exemple des très bonnes 2 saisons de « En thérapie », leurs fictions sociales s’avèrent systématiquement remarquables.
Avec « Juste une illusion », l’immersion en 1985 est directe. Tant au niveau du parler, de la musique, des décors ou encore des vêtements. Toute une manière de vivre qui a beaucoup changé depuis.

D’emblée également, la fiction retrace le début de l’adolescence de « Vincent », formidablement joué par le jeune Simon Boublil (« Ducobu passe au vert »). Des conflits avec ses parents, à ses bêtises jusqu’à son premier amour, la vie et le monde semblent gigantesques pour lui.
Mais ces tranches de vies touchantes sont une petite partie de la palette filmée et interprétée par la distribution. Ainsi, la tendresse et la solidarité côtoient souvent les émotions précitées. Tout comme la spontanéité, dont celle brillamment interpréter par Camille Cottin (« Ni Chaînes Ni Maîtres ») au milieu d’un salon…
Grâce à cette séquence, et tant d’autres, « Juste une illusion » se confirme par un titre de film parfaitement adapté à la décennie concernée, tout en émettant plusieurs reflets et réflexions à celle actuelle.
Mais surtout, par le biais des souvenirs et de la belle imagination des 2 cinéastes, la magie du cinéma opère indubitablement tout au long de l’histoire. Que les spectateurs-trices aient connu, ou non, l’année 1985 et la décennie relative.

Certes, ladite période relatée à travers la fiction est égayée sous bien des aspects. Le sida ou les licenciements massifs créant une forte augmentation du chômage, sont ainsi abordés d’une manière plus légère et adaptée à un adolescent de 13 ans.
Dans tous les cas, la bulle nostalgique très soignée qu’est « Juste une illusion » se savoure à chaque minute pour toutes les raisons évoquées et les bonnes surprises humoristiques développées. A l’exemple d’un certain « François » tendant une main amoureuse à un Allemand nommé « Helmut » …
Des seconds rôles comme Jeanne Lamartine aux évocations musicales spécifiques, ce chef d’œuvre tragi-comique se savoure aussi grâce à son efficacité, à sa dynamique et à sa géniale reconstitution effectuée. Un film s’adressant à un large public francophone et en tout point, intergénérationnel.










Juste une illusion
FRA – 2026
Durée: 1h56 min
Comédie, Drame
Réalisateurs: Olivier Nakache, Éric Toledano
Avec: Camille Cottin, Louis Garrel, Pierre Lottin, Simon Boublil, Jeanne Lamartine, Adèle Jayle, Rony Kramer
Pathé Suisse
15.04.2026 au cinéma


