Une aventure folle pour illustrer une période de l’enfance de Louis XIV à une époque où le Fronde fait rage. Une interprétation très libre de l’Histoire de France pour un scénario qui cherche le réalisme supposé pour une des figures qui façonna l’identité culturelle de l’hexagone.

Anne d’Autriche, régente du royaume de France, intime le fameux D’Artagnan de caché le futur Louis XIV des affres des frondeurs. Le capitaine des Mousquetaires décide de le confier à son ami Savinien de Cyrano de Bergerac qui a l’idée créative de l’intégrer à la troupe Béjart et leur vie théâtrale. L’enfant apprendra la vie de saltimbanque avec ses plaisirs, ses déboires et tout ce qui fera de lui le protecteur des Arts que nous connaissons.

Une dystopie qui se sert allègrement dans les faits historiques documentés avec une volonté apparente de ne pas glorifier les personnages que nous aimons. Molière est dans ses jeunes années d’auteur et de comédien dépeint avec une réalité plausible alors que D’Artagnan est émoussé et fatigué. Anne d’Autriche est crispée, anguleuse et nourrit des légendes empruntées à Alexandre Dumas et ses Mousquetaires. Quand à Cyrano de Bergerac, il est assez semblable à une authenticité supposée si on se base sur certains de ses portraits. Il y a du bon et du moins bon. Niels Hamel-Brochen, qui joue Louis enfant, est talentueux et propose un jeu juste et frais. Un jeune homme à suivre.

Côté costumes et décors, tout est très propre, trop propre. Il aurait été judicieux de penser à la poussière, la boue, la transpiration de la vie quotidienne et donner du volume aux personnages et à l’histoire. Même dans les combats, qui ressemblent plus à de la danse qu’à de vraies altercations, les belligérants restent impeccables. Rien ne bouge, jamais. Les faux effets décoiffés sont trop criards et les étoffes toujours amidonnées. Bref le réalisme manque cruellement. Ou alors on estime que dans cette réalité parallèle, les tissus sont auto-nettoyants. Un concept.
La question que je me pose est de savoir pourquoi D’Artagnan apparaît aussi usé. Est-il nécessaire de gâcher un héros littéraire ? Franck Dubosc a l’air perdu sous ses traits. Il cherche le rôle et finit par passer à côté de l’interprétation en se vautrant dans des raccourcis faciles et décevants. J’espère que c’est la réalisation y est plus pour quelque chose que les propositions de l’acteur. Il avait vraiment autre chose à faire, de plus respectueux, de moins chancelant.

Ce long métrage s’adresse, encore une fois, à un public affectionnant la comédie française simple sur ambiance historique bancale. Les intrigues sont prévisibles, sans coup de théâtre, ce qui est le comble pour la troupe Béjart, sans épices.

France – 2026
Réalisateur : Michel Leclerc
Acteurs, Actrices : Artus, Franck Dubosc, Julia Piaton, Nemo Schiffman, Niels Hamel-Brochen, Doria Tillier, Suzanne de Baecque, Xavier Robic
Distributeur : Praesens Film AG
Genre : Comédie
Durée : 115 minutes
Sortie : 24.06.2026


