Au début de la pandémie mondiale en 2020, le polyvalent cinéaste Japonais Ryūsuke Hamaguchi reçu l’idée d’un projet cinématographique audacieux et d’assez grande envergure. 6 ans après, son nouveau film reste trop long, mais très intelligent.

Depuis plusieurs années, Marie-Lou se bat à sa manière afin de démontrer que ses idées, initiatives et intuitions, peuvent être imparfaites, tout en permettant aussi de créer des avancements utiles et nécessaires. Directrice d’un EHPAD en France, l’un de ses principes est de rester à l’écoute de son-sa prochain-e. Qu’il s’agisse de ses employé-e-s, des stagiaires et bien sûr des résident-e-s. Si elle vit pour son travail et les responsabilités qui lui incombent, au détour d’un trajet en tram, sa vie va basculer. Sa rencontre avec la metteuse en scène Japonaise Mari sera tellement improbable, que les 2 femmes se sentiront très vite proches. Des planches au médical, du Japon aux difficultés du capitalisme, du combat contre une maladie aux ouvertures potentielles, rien ne semble les dissocier…
Quand soudain… Une expression fréquemment utilisée et annonçant un changement rapide, parfois dans la brutalité, parfois nuancé avec un peu de lenteur, voire de douceur.
De ce fait, Soudain le nouveau film du cinéaste Ryūsuke Hamaguchi (« Drive My Car »), amène une conscientisation du besoin de changements. Si cette perception s’effectue de manière surprenante au gré du récit et de sa finalisation, il s’en dégage une tristesse humaine insoupçonnable.
Porté par le formidable duo d’actrices formé par Tao Okamoto (« Wolverine : Le combat de l’immortel ») et Virginie Efira (« Vie Privée »), Soudain étonne rapidement grâce à l’incroyable apprentissage linguistique respectif. Qui a été assimilé en peu de mois.

Mais surtout, leur entente et forces partagées se perçoivent à différents degrés et rendent possible cette très complexe adaptation cinématographique. Car Soudain se base sur un livre de correspondances assez spécifique.
Plus précisément, au travers d’échanges postaux. Qui par la suite, sont devenus un roman épistolaire entre 2 Japonaises. Toujours vivantes, la philosophe et l’anthropologue s’étaient ainsi envoyées des plusieurs lettres de cette manière.
Qui abordaient tout d’abord leur profession respective, puis elles ont décidé de s’écrire à propos de sujets sociétaux ou encore, à des questionnements plus personnels et intimes.

La ligne de conduite scénaristique de Soudain, a totalement et volontairement écarté ces aspects. Néanmoins, les dimensions émotionnelles ou certaines interpellations personnelles, se croisent entre la réalité et la fiction.
Car dès les 1ers ébauches scénarisées, l’équipe avait décidé de rendre plus réalistes les métiers des 2 principales protagonistes. Tout comme leur environnement, qu’il s’agisse du cadre professionnel, privé ou les 2 se mélangeant.
Bien que trop long et parfois ennuyeux, Soudain permet aux spectateurs-trices de découvrir et d’entendre certains plans captivants. Dont celui sur le capitalisme (ou l’anticapitalisme), le plus amusant où les pieds demeurent au cœur du récit ou encore, ceux se déroulant au Japon.
S’adressant à un public avant tout adulte et prêt à voir un long-métrage durant un peu plus de 3 heures, ce drame teinté d’une noble poésie, s’apprécie à chaque minute. Car au travers du regard des 2 femmes, l’impossible peut vraiment devenir possible.









Soudain
FRA – JAP – ALL – BEL – 2026
Durée: 3h15 min
Drame
Réalisateur: Ryūsuke Hamaguchi
Avec: Virginie Efira, Tao Okamoto, Gabriel Dahmani, Kyôzô Nagatsuka, Kodai Kurosaki, Jean-Charles Clichet
Frenetic Films
12.08.2026 au cinéma


















