« Le Festival international du film d’animation d’Annecy » bat déjà son plein, ce malgré la chaleur (mais la fraîcheur reste dans de nombreuses salles). Conférences, séances, dédicaces, work-in-progress et bien plus encore animent la « Venise des Alpes ».

En ce jeudi 25 juillet, la Chine, le Japon et l’Inde furent les 3 pays principaux qui me permirent de voyager, de vivre une belle palette d’émotions et d’en apprendre davantage quant à un gros projet cinématographique indien, attendu pour 2027.
À savoir, l’animation indienne sous forme de long-métrage prévue en distribution internationale, « Baahubali : The Eternal War ». Ledit prince vient d’être assassiné et passe dans l’au-delà. Il constate une autre guerre, entre Devas et Asuras qui créent à la fois l’Ordre et le Chaos au niveau des 14 Royaumes. La stabilité du Cosmos en devient très fragilisée… Amarendra Baahubali pourra-t-il réagir à temps ?

Si le résumé du diptyque de « Baahubali » fut très sympa à revoir, c’est surtout l’arrivée de son créateur S.S. Rajamouli qui créa l’engouement mérité. Car 10 ans après son succès mondial surprise, le héros joué par le comédien Prabhas s’avère toujours adulé.
Animé et coprésenté par 5 membres très impliqués, le travail en cours dévoilé pendant cette rencontre publique captiva grandement. Les parties les plus compliquées furent expliquées, à l’exemple de la chevelure du héros ou encore, quels mythes et légendes à approfondir tout en ciblant un large public.

Ainsi, plusieurs Dieux, Déesses, un serpent et des éléphants volants géants font partie de l’histoire. Très colorée et épique, au niveau des décors de l’animation, l’équipe s’est référée à différents monuments historiques en Inde et en Thaïlande.
Les 75 minutes du work-in-progress passèrent très rapidement. Agrémentée de storyboards et de bandes-annonces attrayantes, il demeure certain que la 1ʳᵉ partie de la parallèle aux 2 films sortis en 2015 et 2017 créera un engouement mondial.
« Nobody » : Au cœur de l’Empire du Milieu médiéval et fantastique, un sanglier et un crapaud fuient leur troupe et leur chef et s’associent. Car ils n’ont pas correctement effectué une basse besogne. Tous les 2 sont des esprits maléfiques qui étonnamment s’uniront avec 2 autres étranges animaux. Le quatuor passera alors de laissés-pour-compte manipulateurs et menteurs à de potentiels sauveurs. En effet, le Démon aux sourcils jaunes souhaite les tuer et, en même temps, envahir la Terre.

Assez rapidement malheureusement, 2 défauts se perçoivent quant à la réalisation de Shui Yu. D’une part, il est compliqué de comprendre quel Dieu-Déesse est représenté-e. De l’autre, les personnages sont nombreux et certains ralentissent le rythme.
Basée sur une web-série animée chinoise, la revisite des mythes dudit pays reste assez moderne et fut un succès surprise en Chine en 2025. Créé en 2D avec un visuel
s’inspirant de l’encre de Chine, les thèmes minutieusement choisis et transposés sur grand écran résonnèrent positivement dans les salles obscures.

Divertissante et intéressante pour sa partie historique, cette fiction a certainement séduit une partie des spectateurs-trices à Annecy. Plusieurs scènes rendent hommage à des objets historiques, tout en gardant une touche d’humour. Néanmoins, « Nobody », s’adresse plutôt aux adultes.
« We are Aliens – Un monde entre nous » : Au sein d’une petite ville japonaise, à l’école primaire, 2 jeunes garçons vont rapidement se lier d’amitié pour différentes raisons. Mais la trahison cachée de l’un des deux brisera leurs liens. Et jusqu’à l’âge adulte, chacun à sa manière en ressentira l’amertume découlant de cette déloyauté. Leur évolution personnelle en pâtira. De ce fait, qui est l’étranger, ou l’alien, de l’autre ?

Si le récit du jeune cinéaste Kadowaki Kohei se comprend tout d’abord aisément avec l’amitié entre les 2 garçons, l’histoire se complexifie très vite. Mais la limite de l’incompréhension n’est cependant jamais franchie et cela reste vraiment honorable.
Bouleversant et doté d’intrigues à la fois intimes et enfantines, la sorte de rotoscopie utilisée impressionne et ne surcharge nullement le récit. Bien qu’un peu long à cause des sous-intrigues, ladite technique permet l’ajout d’images par images et d’en dessiner les contenus et contours, afin de créer un incroyable réalisme.
Proposé au « Festival de Cannes 2026 », « We are Aliens – Un monde entre nous » pourrait être diffusé dans les salles helvétiques et plaire à un public adulte. Car cette fiction reste efficace jusqu’à la fin et surtout, interpelle par rapport à sa propre enfance.















