Toutes bonnes choses ou moments, prennent inévitablement fin. La 25e édition du « NIFFF » se termina donc avec un peu plus de 60’000 festivaliers-ières, une belle canicule à gérer et une fréquentation magnifiquement stable.
Avec 46 réalisations (re) vues cette année, 2 d’entre elles m’ont marqué. J’en attendais peu de la production italienne et la surprise fut totale. Beaucoup du côté des japonaises… L’une a confirmé mon ressenti, l’autre a été la plus grande déception :
« You Are the Film » : Madoka dirige une troupe de 4 personnes au sein d’un théâtre à Tokyo. Alors que les mauvaises nouvelles s’enchaînent, sur une recommandation et intuitivement, elle va voir un étrange film. Assise dans les fauteuils, le grand écran du cinéma montre une salle identique et un homme qui la regarde. Kazuma est chanteur d’un groupe de rock et fait exactement la même chose au même moment. Une erreur de multivers est en train de se créer qui va amener les 2 héros à vivre différemment.
Si les 30 premières minutes de l’intrigue commencent basiquement, dès le moment où le héros-ïne se croisent au travers de leurs écrans, la situation change. Par ce biais, les spectateurs-trices sont emmené-e-s à découvrir des péripéties inédites et folles.
Contenant des rebondissements intéressants, un bon humour et abordant des thématiques variées à l’exemple de l’humour, du drame et de la science-fiction, « You Are the Film » immerge le public au sein d’un très bel univers japonais.
Cette fiction prouve également et à de nombreuses reprises, que les cheminements empruntés se présentent à l’infini. Si les plus jeunes ne comprendront pas l’histoire, les adultes l’apprécieront pour toutes les raisons évoquées et bien d’autres.
« La valle dei sorrisi » : Professeur d’éducation physique ayant eu de graves problèmes familiaux, Sergio est transféré dans un petit village au nord de l’Italie. Malgré le très bon accueil des villageois, il pleure fréquemment. Jusqu’à sa rencontre avec un de ses élèves, l’étrange Matteo. Sergio comprendra alors, qu’il a mis les pieds dans une bourgade particulière. D’une manière ou d’une autre, les gens deviennent forcément adeptes du jeune garçon. Ou pas, mais les conséquences arriveront inévitablement…

Écrit en 2019 par Paolo Strippoli, ce scénario très original est devenu un projet cinématographique tourné en 2024 et distribué entre 2025 et 2026. Ainsi, le scénariste a également évolué comme metteur en scène très efficace.
Si le résumé de « La Vallée des sourires » semble peu concluant, découvrir l’intrigue se vit tout autrement. Intense, froid, fantastique et horrifique, de nombreux thèmes sociétaux et émotionnels sont abordés et joués intelligemment.
Effrayante et très soignée, cette fiction s’adresse aux personnes appréciant voir l’horreur prendre de l’ampleur. Filmée au sein de charmants petits villages, la musique des 2 compositeurs ajoute des moments sinistres et improbables. Nullement prévue en Suisse, cette pépite mérite d’être découverte au travers des supports légaux.

« The Samuraï and the Prisoner » : Au XVIe siècle au Japon, le samouraï Araki Murashige s’est rebellé contre son ancien Seigneur et a décidé de s’enfermer dans le château d’Arioka. Au moment où l’encerclement des ennemis s’étend davantage, un meurtre survient au sein de ladite demeure. A l’intérieur, les peurs et tensions s’intensifient. Araki se voit donc contraint d’intervenir en interrogeant un prisonnier non négligeable : Kuroda Kanbei. Tandis que les mystères s’amenuisent, les manipulations commencent.
L’un des films les plus prometteurs et intéressants au « NIFFF 2026 » selon son résumé. Et pourtant… Pourtant, « Le Samuraï et le Prisonnier », la nouvelle réalisation de Kiyoshi Kurosawa (« Avant que nous disparaissions ») demeure l’une des déceptions principales de cette édition pour les festivaliers-ières.
Car au lieu d’être intrigante, amusante, ou encore savoureuse, cette fiction se noie dans les principes méditatifs et contemplatifs. Si les reconstitutions et jeux des acteurs-trices Japonais-e-s sont très beaux, les longueurs et lenteurs restent interminables.
Certes, ces aspects font partie des méthodes de production du cinéaste. Mais cette fois, leurs utilisations s’avèrent trop étendues. Ses scènes historiques ne sont pas suffisamment expliquées pour les Occidentaux-ales et il est compliqué de distinguer les personnages. En définitive, regrettable mais à découvrir par rapport au passé japonais.














