Manipulation de masse et individuelle, Pierre Niney est magistral en coach de développement personnel. La volonté de se réinventer, de se créer une image à la hauteur de ses fantasmes de puissance. En route pour les dérives du Good Vibes, le terrain glissant de la recherche du bonheur coûte que coûte.
Matthieu Vasseur est un personnage haut en couleurs, référence du coaching de vie dans le paysage médiatique français. Il est amené à diriger son entreprise de vente de pensées positives et de dépassement de soi, des traumas de ses adeptes en faisant fi des conséquences psychologiques. Mais un jour le gouvernement entreprend de codifier et de légiférer cette pratique de stimulation de masse ou personnelle. C’est alors que le grand prédicateur de bonheur doit prendre ses responsabilités et ce regarder dans le miroir aux alouettes.

Un saut violent et cru dans le monde de développement personnel façon USA à la française. Le revers de la médaille de l’aventure vers une meilleure vie, une vie rêvée souvent irréalisable. Sujet d’actualité plus que jamais, le coaching en général et de vie en particulier est mis sous la loupe de la réalisation de Yann Gozlan. Le scénario accentue beaucoup (trop) sur la manipulation financière de ce genre d’organisation. Le désespoir, la solitude, la stress et la fatigue sont les motivations des coachs. Ils mettent en avant la possibilité par seule volonté de changer son quotidien afin de correspondre à un idéal souvent fantasmé. Cela pourrait paraître simple de faire un film sur un tel sujet, mais éviter les raccourcis faciles et les lieux communs n’est pas aussi aisé.
Gourou met en lumière un secret de Polichinelle en appuyant sur le gouffre financier que sont de telles pseudo thérapies. Pour les coachs au contraire, c’est le jackpot ! Malgré ce fait, les séminaires ne désemplissent pas. Preuve, s’il en est que le but des vies actuelles sont la plénitude et la valorisation personnelle, quel qu’en soit le prix. Mais jusqu’où l’abus de confiance peut-il aller sans trop de risques ? Cette question est clairement posée dans le film. La réponse n’est pas aussi limpide par contre. Le coach, joué par Pierre Niney, est tantôt maître de la situation tantôt victime de ses propres attentes. Le personnage joue un jeu dangereux entre fausse maîtrise, orgueil et manipulation. C’est le portrait d’un sociopathe plus que d’un altruiste. Le shoot de dopamine, d’endorphine ou encore de sérotonine, hormones du plaisir générées par la galvanisation des encouragements reçus lors des rassemblements ou lors des séances de coaching individuelles n’est que de la poudre aux yeux. La direction d’acteurs est intelligente, intense et sans limite. Le public plonge rapidement dans un sentiment qui se balance entre la gêne, la compassion et le dégoût. Autant dire que le pari est réussi.
Bien que le tour superficiel du thème soit amplement traité, le scénario bâcle le reste, le détail profond de l’existence d’un tel domaine d’activité est presque éludé. Dommage, il aurait été intéressant de se pencher plus sociologiquement et surtout psychologiquement sur ce besoin de reconnaissance et de valorisation. Plus en tout cas que simplement un exemple dramatique qui, bien qu’il soit représentatif d’une minorité d’adeptes, fait l’effet de racolage et de tribunal plus que de synthèse et d’état des lieux sans parti pris.
Si l’objectif est de prévenir et de mettre en garde en choquant, c’est réussi. Par contre si le la réalisation cherchait à informer, c’est incomplet et réducteur. Je ne suis pas adepte de ce genre de technique de boost de vie, mais il faut rester prudent dans le jugement afin d’éviter les raccourcis faciles et les préjugés.
Si vous aimez les drames, si vous voulez vous assurez que vous avez encore le contrôle de votre existence ou encore simplement si vous aimez le talent de Pierre Niney et la réalisation de Yann Gozlan, alors courrez voir ce film !

Réal. : Yann Gozlan
Acteurs : Pierre Niney/Marion Barbeau/Anthony Bajon/Holt McCallany
Distrib. : StudioCanal
Sortie : 07 janvier 2026
Genre : Drame


