Une comédie horrifique puissante et sanguinolente. Une explosion d’action et de combats dans un décor oscillant entre confort cossu et minimalisme. La rencontre de l’héritage de Tarantino et des comics. Une femme a qui on ne la fait pas !

Après dix années de prison Asia répond à une place de femme de ménage dans un prestigieux établissement Le Virgil. Dès les premiers instants, la jeune femme remarque des comportements étranges de la part des pensionnaires et du personnel. La première nuit est très agitée. Asia va devoir lutter pour sa vie contre une communauté d’immortels sataniques qui l’a choisie comme offrande. La nuit sera longue et pleine de surprises.

L’action est au premier plan dans cette comédie que certains qualifieront d’horreur. Mais a y regarder de plus près, c’est plus comique que gore. Le scénario regorge de détails d’accessoires, d’exagérations de maquillage et d’effets visuels qui hisse le film au rang d’un certain Quentin T. Les angles de vue, la rapidité des combats et leur chorégraphie détaillée, les rôles féminins puissants et imposants, le sang qui gicle au-delà même de la capacité d’un seul corps ou encore les rebondissements hilarants, décalés et frisant la satire sont autant d’ingrédients qui apportent l’énergie du succès à cette histoire.

La dimension, elle aussi grossièrement comique, du contexte plus ou moins ésotérique de l’intrigue ainsi que celui du passé douloureux de l’héroïne placent le décor dès les premières minutes dans le cadre des BD américaines et même japonaises. Le spectateur est complice de la supercherie et de la vengeance presque dès le début (encore une référence à Tarantino). La thématique principale de la famille retrouvée n’est pas le premier essai du réalisateur Kirill Sokolov qui avait déjà exploré cette voie avec son film No Looking Back. La recherche d’une enfant ou comme ici d’une petite sœur vulnérable au départ commence à devenir récurrente. En poussant plus loin, on comprend facilement le lien entre l’identité personnelle et l’importance de se projeter dans les rapports de responsabilités familiaux choisis. Choisis, car ce n’est en rien le rôle d’une sœur que de veiller sur le reste de la fratrie. La maltraitance est également un sujet qui semble important pour le réalisateur, puisque qu’on le retrouve dans un autre de ses films Why Don’t You Just Die où il est question d’un père abusif envers sa fille. L’esprit de l’artiste est donc à apprivoiser dans ce sens.

Pour l’heure, They Will Kill You regroupe les codes des films d’horreur et d’action avec brio. Les amateurs seront comblés tellement le scénario est riche en personnages, en armes, en combats variés et en clins d’œil humoristiques. On se balance entre sérieux et nanar, entre terreur et exaltation. L’écran ne désempli pas de dommages collatéraux originaux et de sang sous toutes ses formes. Une véritable merveille ! Sans doute un des meilleurs films du genre de cette année, même si on n’est encore que en mars.

Je ne veux trop en dire afin de ne pas gâcher la surprise et surtout l’expérience, mais si vous êtes friands de films explosifs sans grenades ni C4 et bien c’est par là. La qualité générale ne peut que vous inspirez à aller le voir plusieurs fois. Dans le cas contraire, on n’a définitivement pas le même degré de folie meurtrière ou pas.

Réal. : Kirill Sokolov
Acteurs, Actrices : Patricia Arquette/Heather Graham/Tom Felton/Zazie Beetz/Myha’la/Darron Meyer
Distrib. : Warner Bros
Genre : Horreur Comédie
Durée: 94 minutes
Sortie : 25 mars 2026


