La Compétition Internationale est lancée à Locarno. Coup de cœur pour la comédie de la jeune française Axelle Ropert en ce troisième jour des festivités.


Décidément, la France apprécie les films traitant du handicap : on se souvient tous du carton d’Intouchables, de La Famille Bélier ou encore De Rouille et d’Os. Si certains sont de vrais bons films, il faut reconnaître que d’autres laissent un arrière goût amer sur le traitement réservé à ce sujet. C’est donc avec une petite appréhension que nous gagnons notre siège pour découvrir La Prunelle de Mes Yeux, comédie d’Axelle Ropert (Tirez la langue, Mademoiselle) traitant de la cécité, présenté en Compétition Internationale.

La Prunelle De Mes Yeux

La Prunelle De Mes Yeux

Deux frères d’origines grecques, joueurs de rebetiko, musique traditionnelle hellénique, galèrent à vivre de leur duo. Un jour cependant, Théo tombe sur une femme dans l’ascenseur : la jolie Elise, une de ses voisines de l’immeuble. Mais cette dernière a un handicap: elle est aveugle, ce que le « looser » ne remarque pas au premier abord. Malgré les caractères bien trempés – voire extrêmes – de nos deux tourtereaux, une certaine complicité commence à s’installer. Tout va se précipiter lorsque le jeune homme se fait passer pour un aveugle afin de gagner la confiance d’Elise.

La Prunelle de mes yeux fait gage de « simplicité ». Pas de fioritures, pas de rajouts inutiles, une sincérité qui donne du cœur à l’ensemble. On se prend rapidement au jeu de nos deux amoureux, entre attendrissement, colère ou même méchanceté. Voyant ou non voyant, les différents protagonistes du film ne vont jamais hésiter à s’envoyer des vannes ou des « clashs » retentissants, mais jamais déplacés. On rit facilement à une écriture juste d’une situation inédite.

La Prunelle De Mes Yeux

La Prunelle De Mes Yeux

Une histoire douce et touchante sur deux personnes sensiblement différentes dans leur vie et leur approche du monde. D’autant qu’ils ne sont pas angéliques et que le basculement vers une haine réciproque n’est jamais très loin. Le couple formé à l’écran par Mélanie Bernier et Bastien Bouillon est en harmonie. Petite déception concernant l’homme, énorme coup de cœur pour Mélanie Bernier, renversante dans son interprétation d’une non-voyante.

Finalement, même si ce nouveau film d’Axelle Ropert ne bouleversera sans doute pas les codes du genre, on apprécie la sincérité et la justesse du ton. Une comédie fraîche et légère dans le paysage de la Compétition internationale, qui nous incitera aussi à étudier et changer notre vision et notre rapport au handicap.

La Prunelle de mes yeux
D’Axelle Ropert
Avec Mélanie Bernier, Bastien Bouillon, Antonin Fresson
Sortie romande : Inconnue

 

69ème Festival Del Film Locarno - La Prunelle De Mes Yeux
3.5Note Finale