D’une durée de trois heures quinze, le nouveau film de Xavier Giannoli, relate la vie mouvementée d’un éditeur de presse opportuniste et de sa fille unique, durant les années troubles qui ont précédé et suivi la Deuxième Guerre Mondiale.
C’est dans les années trente que débute cette histoire. Jean Luchaire, un idéaliste français et son ami allemand Otto Abetz s’unissent pour expliquer aux protagonistes de la « Grande Guerre » qu’il est temps de stopper la haine et les rancœurs, dans le but de créer un nouvel avenir radieux, où les ennemis d’autrefois pourront selon eux, vivre en toute harmonie et en paix.
Ce noble projet, se voit malheureusement freiné par la montée du fascisme en Europe et plus particulièrement Outre-Rhin avec l’avènement d’Adolf Hitler au pouvoir. Dépassés par les évènements, les deux principaux protagonistes de cette œuvre cinématographique, se retrouvent au centre d’un tourbillon qui mènera le premier à devoir sauver son journal (quitte à publier les pires horreurs de l’époque) et le second à servir involontairement le Führer, en tant qu’Ambassadeur du Reich à Paris…

C’est à travers les récits audios de Corinne Luchaire, que le spectateur découvre avec effroi le revirement politique des nombreux protagonistes de l’histoire, qui soit par opportunisme, par naïveté ou par simple lâcheté ont suivi aveuglément les idées de l’époque, collaborant (avec plus ou moins de conviction) avec l’envahisseur.
Dans son nouveau long-métrage, Xavier Giannoli (35 ans de carrière et 5 film et séries tournés), décrypte avec justesse, la forte déviance de personnages communs, en fonction la situation politique du moment. Cette critique est à prendre dans son ensemble, même si le sujet du film reste principalement la montée du nazisme et les prémices d’une nouvelle Guerre Mondiale. L’inaction des intéressés, voire leur envie de progresser dans un environnement néfaste est aussi à prendre avec un certain recul, car comme le dit l’adage: « On est toujours plus intelligent après-coup ». Il n’empêche que ces personnages, ayant réellement existé, sont particulièrement odieux.
Au casing de cette création, nous trouvons le comédien français, Jean Dujardin (The Artist, OSS 117, J’Accuse, Alphonse, 99 Francs), qui interprète merveilleusement un père ambitieux, très attaché à sa fille. La jeune actrice, Nastya Golubeva incarne quant à elle, une star du cinéma particulièrement naïve, propulsée malgré elle dans un cercle mondain, où elle peine à se faire une place. En plus des seconds rôles (très convaincants), nous pouvons aussi mentionner la « maladie » (tuberculose) comme un personnage à part entière dans le film. Celle-ci progresse, telle la peste brune.
D’une durée de 3 heures quinze (ce qui est énorme pour ce genre de thématique), cette réalisation dotée de décors réalistes et de bons dialogues surprend par sa neutralité. Ce qui est plutôt positif, à une époque où la critique est de mise et où l’on voit resurgir (avec regret) des extrémistes idéologiques de tous bords, convaincus de leur bien-pensance.









Film dramatique français, durée 3h15 minutes.
Avec : Jean Dujardin (Jean Luchaire), Nastya Golubeva (Corinne Luchaire), August Diehl (Otto), Vincent Colombe (Guy Crouzet), André Marcon, Maria Cavalier-Bazan, Nicolas Avinée (Philippe), Chloé Astor (Françoise), Méhério Patoux.
Production : Gaumont International, Curiosa Films, Waiting for Cinema.
Distribution : Pathé Suisse.
Sortie en Salles le 18 mars 2026.


