Critique envers la gestion des délinquants mineurs en sursis, la nouvelle création de Yann Samuell met en avant le travail de certaines associations qui proposent d’aider ces jeunes en les forçant à suivre une thérapie, dans la nature.
C’est sur les chemins tortueux, menant de valeureux pèlerins à Saint-Jacques-de-Compostelle que se déroule l’essentiel de cette histoire. Frédérique, une ancienne enseignante licenciée pour faute grave a été chargée d’accompagner Adam, un jeune des banlieues sous tutelle, pour un périple thérapeutique de plus de 1’500 kilomètres. Les premières journées sont particulièrement compliquées pour les deux marcheurs (au niveau physique mais aussi moral), mais à force d’abnégation de part et d’autre, les résultats deviennent assez encourageants, par la suite. Cette étonnante relation, laisse finalement entrevoir, une lueur d’espoir, voire une possible amitié qui se crée, entre les deux aventuriers au caractère diamétralement opposé…
Le nouveau long-métrage de Yann Samuell (La Guerre des Boutons, L’âge de Raison, Jeux d’Enfants) est intéressant pour plusieurs raisons. Le scénario du film se focalise non seulement sur la gestion d’un jeune perturbé et violent, mais également sur la relation difficile entre deux générations que tout oppose. Les nombreux plans de paysages immaculés, donnent également l’envie au spectateur de découvrir des régions riches en beauté naturelle et en patrimoine culturel.
Même si la trame reste proche du récit que fait l’auteur Bernard Ollivier dans son ouvrage Marche et invente ta vie (Editions Arthaud), le personnage principal de Compostelle, Adam, a été totalement inventé par le metteur en scène qui n’a pas rencontré la personne évoquée dans le livre. Le cinéaste français s’est surtout inspiré de nombreuses anecdotes recueillies auprès d’autres jeunes qu’il avait vus et écoutés.
Ce n’est pas un hasard si le réalisateur a choisi de placer une femme de caractère (Fred, jouée par Alexandra Lamy) aux côtés du personnage d’Adam. Ce choix a été motivé par l’envie du réalisateur de parler de l’adolescence d’un point de vue mixte, avec des interactions verbalement violentes, mais sans agression physique. En optant pour une femme plus mature, l’auteur a pu aussi creuser, en profondeur, le rapport à la mère.

Pour le rôle d’Adam, Yann Samuell a auditionné une centaine de jeunes comédiens pour n’en garder qu’une demi-douzaine dans la phase finale. C’est finalement sur Julien Le Berre que son choix s’est porté. Il s’agit ici de son deuxième long-métrage au cinéma après un petit rôle dans Chien 51 de Cédric Jimenez (sorti en 2025).
Le film a été tourné dans plusieurs régions qui se trouvent sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. L’équipe du film s’est rendue dans la localité de départ, au Puy-en-Velay (Haute-Loire), puis dans le Lot (Bouziès, Cahors, Figeac, Sauliac-sur-Célé) mais aussi en Aveyron, dans les Pyrénées ainsi qu’en Espagne, là où le mythique chemin se termine.

Il est intéressant de noter que (selon les statistiques), en France, environ trois mille jeunes sont condamnés pour des faits de délinquance. Envoyés en prison, 70% d’entre eux basculent dans la grande délinquance dans les deux ans qui suivent leur sortie. En revanche, pour ceux qui choisissent de se tourner vers la marche avec un accompagnateur, comme cela est le cas dans le film, un chiffre est particulièrement évocateur : 60%. Il s’agit du taux de jeunes qui trouvent un sens à leur vie, se réinsèrent et se reconstruisent.









Drame français, durée : 1h53 minutes.
D’après l’œuvre de Bernard Ollivier.
Réalisateur & scénariste : Yann Samuell.
Avec : Alexandra Lamy (Frédérique), Julien Le Berre (Adam), Mélanie Doutey (Nadège), Eric Métayer (Paul), Cyril Gueï, Malik Amraoui (Mossi), Maëlle Vidou (Estella).
Production : Apollo Films, Page Films, Eveya Productions.
Distribution : Praesens Films.
Sortie en Salles : 01.04.26


