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8 mars 2021

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« Black Movie 2021 online » : Une belle programmation maintenue

La Corée du Sud en force !

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Si en 2020, le festival genevois avait tout juste échappé au 1er semi-confinement, sa 22ème édition ne se dérobera pas aux restrictions culturelles suisses actuelles. De ce fait, le « Black Movie » s’offre une édition en ligne et permet aux gens d’en profiter en restant chez eux.


Comme toujours depuis le début du « Black Movie », leur programmation demeure variée et malgré les difficultés actuelles, riche au travers des films proposés provenant de tous les continents. Même si je ne visionnerai pas tous les films, voici 2 d’entre eux découverts, forts intéressant et qui méritent d’être regardés confortablement chez soi.

A commencer par le sympathique « Lucky Chan-Sil ».

Lee Chan-Sil est devenue une productrice Sud-Coréenne acharnée et rentable grâce à sa relation de longue durée avec son metteur en scène favori, ou plutôt son mentor. Malheureusement pour elle, un incident grave arriva à ce dernier et a à peine 40 ans, Lee se retrouve licenciée de son emploi lui étant si cher. Déprimée, elle n’aura pas le choix de travailler chez sa sœur, une actrice volage, et de louer une chambre chez une vieille dame. En outre et depuis son emménagement, Lee voit un fantôme en sous-vêtements cohabiter à ses côtés. Perd-elle la tête ?

Si la toute 1ère réalisation de la Sud-Coréenne Cho-hee Kim ne s’avère pas excessivement palpitante, la note d’humour, la clarté du récit de son long-métrage, la beauté des paysages ou encore les performances de la distribution, permettent aux téléspectateurs-trices de « Lucky Chan-Sil », de se plonger dans une tranche de vie dans un pays à l’autre bout du monde.

Néanmoins, si la part de fantaisie se mélange très bien à la tristesse et la mélancolie de la trame, « Lucky Chan-Sil » demeure un peu trop long. En effet, certains plans s’étendent de manière inutile rendant l’intrigue malheureusement un peu plus ennuyeuse.

Quoiqu’il en soit, entre les nombreux prix obtenus depuis sa sortie dans les festivals asiatiques en 2019 et certaines émotions dégagées grâce à l’actrice principale Mal Geum-Kang, « Lucky Chan-Sil » se teinte d’une également d’une noble note légère et poétique, permettant aux téléspectateurs-trices, de s’évader plus aisément en ces temps particuliers.

L’autre long-métrage fut l’audacieux et dramatique « Gull ».

O-bok a son propre commerce en qualité de poissonnière depuis une bonne trentaine d’années. Mère de famille également, elle doit se battre aux côtés des autres maraîchers-ères parce que leur quartier s’avère menacé par un gros projet immobilier du gouvernement sud-coréen. En plus de tout ceci, elle aide l’une de ses filles pour son mariage arrivant à grand pas. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu car durant l’une de ses nouvelles soirées arrosée, O-bok va devenir une victime suite à un viol commis par l’un de ses collègues. Se sentant d’abord dans le déni, le sentiment de colère montera en puissance et il est hors de question que le violeur s’en tire facilement.

Diffusé au sein de plusieurs festivals internationaux et sud-coréens avant l’arrivée de la Covid, la metteuse en scène et réalisatrice de « Gull » Kim Mi-jo, présente un sujet fort, original et poignant. Tout en étant intimiste, cette tranche de vie montrée peut arriver en fait, à n’importe qui. Même si malheureusement, trop de femmes sont encore concernées.

Si la cinéaste se basa sur certains faits réellement arrivés et s’est sentie inspirée en voyant un jeune homme aux côtés d’une femme plus âgée lors d’une de ses balades, son approche scénaristique démontre à quel point la situation peut être douloureuse pour une victime au sens physique, comme au sens émotionnel.

D’ailleurs et grâce à son casting, elle filma même certaines séquences qu’à ma connaissance, aucune autre série et film américains (pour ne citer que cette industrie) n’osent montrer. En cause, différentes raisons tout à fait justifiées, à l’exemple du sentiment de pudeur.

Au final, la bataille menée par « O-bok » et interprétée par l’actrice Jeong Ae-hwa, prouve qu’il ne faut jamais baisser les bras et que dénoncer son violeur demeure la manière la plus juste pour remonter la terrible pente.

A savoir qu’à Séoul, grâce notamment au #MeToo, davantage de femmes osent dénoncer leur violeur. Il faut donc espérer que « Gull » aidera davantage les personnes touchées à s’exprimer sans tarder.

Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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