Michèle Bernier est de retour avec un nouveau one-woman show, qui s’intitule « Vive demain ! ». De passage en Suisse du 17 au 20 décembre prochains, à Genève puis à Morges, la comédienne de soixante-trois ans, dévoile un petit aperçu de ce qui attend le public helvétique.


Bonjour Michèle Bernier ! Comment se passe cette tournée ?
Michèle Bernier : Elle est dense, chargée, mais excitante ! C’est un plaisir de retrouver le public ! C’est comme si je n’étais jamais partie finalement…

Cela faisait effectivement neuf ans que vous ne vous étiez pas produite seule en scène. Cela, vous avait-il manqué ?
Oui ! Disons qu’avec Marie-Pascale Osterrieth (co-auteure de « Vive demain ! », qui collabore régulièrement avec Michèle Bernier), on attendait de trouver un sujet sur lequel « ronger notre os », comme on dit. Tout ce pessimisme général que l’on ressent actuellement devient agaçant. On nous donne l’impression que tout est fichu, que l’on arrivera plus à avancer dans la vie.

En effet, par ces temps où le pessimisme guette, vous, vous avez choisi, au contraire, de célébrer demain. C’est courageux de votre part. Pourquoi cette surdose d’optimisme ?
Évidemment, nous sommes conscients des temps actuels. Nous ne vivons pas dans un monde de Bisournous non plus. Mais pourtant, il se passe un tas de choses positives dans ce monde dont on ne parle jamais. On est toujours en train de nous relater des horreurs. Et puis on a surtout envie d’avoir confiance nous-mêmes et de donner confiance à nos enfants et petits-enfants. Sinon, on reste chez soi à attendre que ça se termine…

« Se complaire dans la nostalgie, ça devient agaçant à la longue… »

Il faut dire que vous êtes de nature optimiste. Vous avez mis beaucoup de vous-même dans ce spectacle ?
Oui toujours. Avec Marie-Pascale Osterrieth, on part toujours de nos propres vies et de nos propres sensations, de la soixantaine et de ce nouveau rôle de grand-mère, notamment. Le public se sent touché aussi, on parle de sentiments que tout le monde partage.

Vous ne regardez jamais en arrière ?
De toutes façons, on ne pourra pas refaire le passé. Comme il est dit dans ce spectacle, ce n’était pas forcément, mieux avant. Ce qui était mieux avant, c’était nous, car nous étions plus jeunes, nous avions tout à faire, tout à construire. C’est ça qui nous manque, tout comme les gens que l’on a aimés et qui ne sont plus là aujourd’hui. Mais il y a des choses tout aussi bien à vivre qui nous attendent demain. À force de se complaire dans cette nostalgie-là, ça peut devenir agaçant à la longue.

Et comment se passe le procédé d’écriture avec Marie-Pascale Osterrieth, avec qui vous avez tant l’habitude de travailler ?
On est amies dans la vie, donc on se voit régulièrement. On partage ce que l’on vit, ce qui nous arrive au quotidien. Je dirais qu’on est toujours sur le qui-vive, tout le temps en observation, à la recherche d’idées tirées de nos expériences personnelles.

« Être grand-mère, ça pousse à être en forme dans la vie et à rester active ! »

Vous êtes également jeune grand-mère. C’est une expérience de vie nouvelle dans laquelle il y a matière à puiser ?
C’est sûr que c’est un événement extraordinaire ! C’est vrai que ça pousse à être en forme dans la vie, à rester active. Personne ne veut montrer à ses petits-enfants que l’on n’est pas d’attaque. Moi, je n’aime pas ces personnes âgées qui refusent la technologie et le progrès, qui n’essaient même pas de s’y mettre. C’est le monde d’aujourd’hui qui est comme ça et il faut vivre avec.

Vous serez de passage en Suisse prochainement. Certains comédiens de théâtre trouvent que le public est différent selon les régions. C’est votre opinion également ?
Pas trop… J’ai l’impression qu’au fil des années, le public et moi-même avons instauré une relation de complicité. À chaque tournée, j’ai l’impression de retrouver des gens que je connais. On se suit, on se comprend. Et les jeunes qui viennent me voir aujourd’hui en spectacle viennent avec leur mère ou leur grand-mère, qui me connaissent depuis longtemps. Il y a quelque chose de très familial qui s’est développé avec le public. C’est très chaleureux !

On entend beaucoup que les jeunes se désintéressent de plus en plus du théâtre, ce n’est pas ce que vous ressentez…?
Moi, pas du tout. Je vous dis, ça me fait très plaisir que les mamans amènent leurs enfants pour assister à ce genre de spectacle. On y parle du futur et les jeunes entendent et comprennent très bien ce que l’on est en train de dire. C’est important qu’ils sachent que l’on avance avec eux et pas contre eux.

Maintenant que vous avez renoué avec le one-woman show, vous prévoyez de poursuivre sur cette lancée ? Quels sont vos projets à venir ?
Alors pour l’instant, on est à fond sur la tournée « Vive demain ! ». Je viens également de terminer le tournage d’un épisode de la série « La Stagiaire », qui sera diffusé prochainement. Et puis après on verra. Je me laisse un peu guider par les événements, les rencontres… C’est important de laisser de la place à tout cela aussi.

Vive demain
18 décembre 2019 à 20h30
Théâtre du Léman – Genève
Auteur : Marie Pascale Osterrieth et Michèle Bernier
Acteurs : Michèle Bernier
Metteur en scène : Marie Pascale Osterrieth

A propos de l'auteur

Amoureux du film « American Gigolo », ses parents la prénomme en hommage à l'actrice Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, plus tard, comment rester indifférente face au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep prolonge sa culture en menant des études universitaires de cinéma. Omniprésent, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme. Preuve indélébile de sa passion, celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : « L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall ! ». Ça fait classe ! ;)

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