Michèle Laroque : « J’aime l’idée de revendiquer des choses en dansant »

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Lauren von Beust
Lauren von Beust
Amoureux du film «American Gigolo», ses parents la prénomme en hommage à l'actrice américaine Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, comment aurait-elle pu, en grandissant, rester indifférente au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep a prolongé sa culture en menant des études universitaires en théories et histoire du cinéma. Omniprésent dans sa vie, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme, dont elle a fait son métier. Celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Une preuve indélébile de sa passion. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : «L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall !». Ça fait classe ! C’est encore et toujours le 7ème Art qui l'a guidée vers le journalisme, dont elle a fait son métier.

Avec « Alors on danse », Michèle Laroque signe son troisième long-métrage, une adaptation du film britannique « Finding Your Feet » (2017) de Richard Loncraine. Elle donne la réplique à Isabelle Nanty, Patrick Timsit et Thierry Lhermitte. Et le pas de danse n’a pas été facile pour tout le monde. Interview. 


Après avoir découvert l’infidélité de son mari, votre personnage, Sandra, se réfugie chez sa sœur Danie, campée par Isabelle Nanty. Bien qu’elles soient à l’opposé l’une de l’autre, elles vont se retrouver autour de leur passion commune : la danse…
J’avais envie de raconter l’histoire d’une femme qui traverse une épreuve et qui se dirige vers une vie qui la rend finalement plus heureuse. Car une épreuve peut parfois être extrêmement positive dans une vie. Et oui, ça tombe bien parce que j’aime la danse, j’en ai beaucoup fait étant enfant. C’est quelque chose qui apporte du bonheur, ça fait vibrer. Et j’aime l’idée de revendiquer des choses en dansant.

Ce film a une résonance particulière en cette période post-Covid, si l’on peut dire, où tout s’est à nouveau libéré… 
C’est vrai que dans toutes les avant-premières, on danse avec le public. C’est un sentiment extrêmement fort. Seuls l’art et le sport peuvent rassembler des gens qui n’ont au départ rien à voir les uns avec les autres. Quand on se rend dans une salle de cinéma, on ne connaît pas les autres spectateurs, mais pourtant, on va rire ou pleurer ensemble. Dans le film, on assiste à une communion par l’art de la danse, tous milieux sociaux, âges et origines confondus. Je trouve ça très constructif.  

Et tous les participants ont pu bénéficier de l’aide du danseur et chorégraphe français Sofiane, qui est également champion du monde de hip-hop. Les acteurs avaient-ils déjà le rythme en eux ? 
Patrick [Timsit] danse bien, mais Thierry [Lhermitte], par exemple, n’aime pas du tout ça (rires)

« Rire, ça m’aide à vivre », dit le personnage de Danie. En tant que comédienne, vous partagez ce regard-là ? 
Totalement ! C’est grâce au rire que j’ai pu supporter des moments difficiles dans ma vie. Même dans les moments tristes et dramatiques, j’essaie toujours de dénicher le truc drôle. Le rire me sauve complètement. 

Avec votre expérience, pensez-vous qu’il soit plus difficile aujourd’hui de faire rire ? 
Je ne fais pas de one-woman-show donc je ne tiens pas directement des propos en prise avec le présent et la société. Moi, j’aime observer l’âme humaine et raconter des histoires de gens simples et libres. Raconter des moments de vie avec des personnalités différentes qui vont traverser ensemble des épreuves à leur façon. Mais je n’aime pas dramatiser le drame.

« La danse apporte du bonheur, ça fait vibrer »

C’est votre troisième réalisation après « Brillantissime » (2018) et « Chacun chez soi » (2020). La réalisation, c’est aussi un moyen de vous imaginer les rôles qu’on ne vous propose pas ?
Non pas du tout. C’est toujours l’histoire qui compte pour moi. Et c’est pareil quand je tourne avec d’autres réalisateurs.

Mais vous allez continuer sur cette lancée ?
Oui, on me propose beaucoup d’idées de films, notamment des remakes J’ai la chance d’avoir pleins de projets. On verra petit à petit ce qu’on peut faire. 

Pour « Brillantissime », vous aviez organisé une collecte de fonds pour que tout le monde puisse participer au film, ce que vous avez réitéré pour « Alors on danse ». Comment ça marche exactement ?
Les gens peuvent participer en donnant un minimum d’un euro, et en fonction de la somme, ils peuvent assister à l’avant-première de « leur film » en salles ou même assister au tournage, par exemple. C’est une manière de transmettre les émotions du cinéma aux gens qui n’ont pas fait ce choix de métier et aussi pour qu’ils vibrent avec nous. Avec « Alors on danse », on a donné la moitié de ce qu’on a récolté aux « Petits Frères des Pauvres », une association caritative qui s’occupe des personnes âgées. 

Alors on danse
FR – 2021 – 1h27 min – Comédie
Réalisatrice: Michèle Laroque
Avec: Isabelle Nanty, Thierry Lhermmitte, Michèle Laroque, Patrick Timsit, Armelle, Jeanne Balibar…
Pathé Films
16.03.2022 au cinéma

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