Entre bonnes surprises, découvertes, ou expériences sensorielles, Daily Movies continue d’explorer les différentes sélections du Festival de Locarno


Cessez Le Feu

Cessez Le Feu

Cessez Le Feu

Des tirs, des obus, des cadavres jonchant le sol. L’horreur des tranchées nous explose au visage. Une scène d’ouverture marquante pour débuter Cessez-le-feu. Un film d’époque qui nous replace peu après la Première Guerre Mondiale du côté français. Nous suivons Georges Laffont, jeune soldat traumatisé par la guerre, qui lui a pris son grand frère et rendu sourd le second. Pour fuir ses démons, l’ex-soldat part en Afrique de l’Ouest, avant de revenir en France pour reconstruire sa vie. Il trouvera peut être du réconfort auprès d’Hélène, la professeure de langue des signes de son frère Marcel.

L’idée totalement avouée du long métrage est de nous présenter les difficultés de la reconstruction personnelle après le traumatisme guerrier. Au travers du prisme de la famille Laffont, nous découvrons des hommes brisés, presque incapables de reprendre une vie normale. Malgré le classicisme de sa mise en scène, Cessez le Feu bouleverse à sa façon et tente de garder éveillé les souvenirs de cette période sombre. Avec un Romain Duris d’une droiture impeccable, une romance sobre et sensible, et quelques scènes intenses, le film d’Emmanuel Courcol atteint ses objectifs avec panache.
[Robin Jaunin]

Cessez-le-feu
Festival del Film Locarno – Piazza Grande
D’Emmanuel Courcol
Avec Romain Duris, Grégory Gadebois, Céline Salette
Sortie romande inconnue
3 / 5

L’indomptée

L'Indomptée

L’Indomptée

Villa Médicis, lieu de l’Académie nationale de France à Rome. Chaque année, une poignée d’artistes s’y retrouvent durant une année afin de parfaire leur art respectif. Compositeurs, sculpteurs ou peintres, la Villa est éclectique. C’est entre ses murs que nous découvrons Axèle, photographe préparant une exposition, et Camille, écrivaine souhaitant relater la vie de la toute première pensionnaire de la villa. Les deux femmes ne se connaissent pas encore, mais vont vite découvrir la « magie » du lieu. Bien vite, quelques phénomènes étranges vont perturber la sérénité de la Médicis, influençant la direction artistique des travaux entrepris.

L’indomptée est un film sensoriel qui nous conte le quotidien de cette bande d’artistes, reclus dans leur villa emplie d’histoire. Caroline Deruas, réalisatrice du film, fut également une pensionnaire de la maison Médicis. L’occasion pour elle de nous présenter un métrage d’une qualité visuelle à couper le souffle, assorti d’un scénario accrocheur. Pris au jeu de ces histoires humaines et de leurs relations difficiles, une touche fantastique vient se mêler au tout et forme un tourbillon émotionnel intéressant. Une réflexion bienvenue sur notre rapport à l’art… voire même à notre perception du réel. Même si certains y verront un scénario pompeux, d’autres apprécieront cette expérience métaphysique de qualité admirable pour un premier long métrage.
[Robin Jaunin]

L’indomptée
Festival del Film Locarno – Cineasti del Presente
De Caroline Deruas – Cineasti del presente
Avec Clotilde Hesme, Jenna Thiam, Tchéky Karyo
Sortie romande inconnue
3,5 / 5

I Had Nowhere To Go

I Had Nowhere To Go

I Had Nowhere To Go

Les festivals de cinéma sont souvent l’occasion de s’attaquer à certains longs-métrages d’un autre genre. I Had Nowhere To Go fait partie de cette catégorie et a su désorienter les nombreuses personnes présentes dans la salle. Véritable ovni de la compétition Cinesti del Presente, cette adaptation du journal de Jonas Mekas – jeune immigré lituanien aux Etats-Unis – prend le pari de nous proposer un film principalement composé d’un simple écran noir.

C’est donc notre imagination qui doit faire tout le travail. Bien aidée par la voix du narrateur, les différents sons, ainsi que les quelques rares images projetées à l’écran (souvent composées de pommes de terre et de singes, allez savoir pourquoi !). Il faut se mettre dans la peau du personnage et constuire son propre film. Une expérience qui fascine quelques personnes téméraires, mais la grande majorité baisse les bras avant la fin. Ce qui ne sera pas notre cas.

Néanmoins, il faut saluer la démarche artistique de cette oeuvre hors norme dans le monde du cinéma. Difficile donc d’exprimer un avis rationnel sur un film déconcertant, qui aura le toutefois le mérite d’émerveiller certains passionnés.
[Pierre Gavillet]

I Had Nowhere To Go
Festival del Film Locarno – Cineasti del Presente
De Douglas Gordon
Avec Jonas Mekas
Sortie romande inconnue