Chaque mois d’août, dans le cadre idyllique de la ville du Tessin, le léopard rugit à nouveau pour une dizaine de jours : de nombreux films et une récompense prestigieuse à la clé !


Il faut avouer que le Festival de Film de Locarno possède quelque chose de magique dès le premier regard. Une sorte de coup de foudre qui survient plus vite que prévu. C’est la première fois que j’ai la chance de fouler les pavés de cette belle ville en cette période de l’année. Impatient que j’étais à l’idée de descendre du train et de pouvoir découvrir un monde unique : celui de la magie du cinéma, de films parfois inconnus, de découvertes enrichissantes et d’émotions fortes. Mais quelques secondes auront suffit, sur la magnifique « Piazza Grande », pour me laisser emporter par Locarno.

(c) Festival Del Film Locarno - Massimo Pedrazzini

(c) Festival Del Film Locarno – Massimo Pedrazzini

Cette première soirée du Festival tessinois se devait de débuter par la traditionnelle Cérémonie d’Ouverture. Outre la présentation des jurys des différentes compétitions, c’est bel et bien le prix d’excellence décerné à Bill Pullman qui a cristallisé l’attention du public de la légendaire « Piazza ». L’acteur américain, qui fut notamment trompettiste dans Lost Higway et président des Etats-Unis dans Independence Day, se voyait ainsi récompensé pour l’ensemble de sa belle carrière, tout en ne manquant pas d’user de son charisme certain pour charmer l’audience.

Mais l’événement du soir qui ouvre les festivités – et pour une première mondiale – est un film de zombies. Surprise! The Girl With All The Gifts de Colm McCarthy. Le réalisateur écossais, qui a collaboré à des programmes télévisés comme Doctor Who et Sherlock, nous livre ici un film post-apocalyptique sans complexe. Après le traditionnel rugissement du léopard, c’est parti pour mon premier film sur la place.

The Girl With All The Gifts

The Girl With All The Gifts

Dans un monde ravagé par un virus assez peu recommandable, quelques enfants semblent en partie immunisés contre la maladie. Malgré leurs instincts de monstres, ils conservent une large partie humaine. Une jeune fille, Melanie, semble pourtant sortir du lot. Elle pourrait bien être la source d’un vaccin salvateur. Mais bien vite pourchassés par les zombies, un petit groupe formé autour de la fillette va devoir lutter pour sa peau.

Au delà d’un synopsis quelque peu convenu, le film détonne par son univers intriguant. Adapté d’un livre écrit par le scénariste du film Mike Carey, l’univers glaçant qui nous est présenté nous plonge dans une humanité au bout du rouleau et ne prend aucune pincette avec son spectateur, lui offrant quelques scènes osées, notamment avec ces enfants / monstres, n’hésitant pas à montrer en plein écran leur désespoir et leur tendance cannibale. Une fillette d’une dizaine d’années dévorant un chat innocent ne nous laissera pas indifférent. Heureusement sans jump-scares, c’est bien par son ambiance que le film nous prend aux tripes.

Si cet univers est sujet à réflexion, c’est bien par les concepts et questionnements soulevés par le métrage. Qui sommes nous vraiment ? Et surtout, que signifie la notion d’humanité ? Là est toute la force du film, ou la frontière entre homme et monstre n’existe qu’en théorie. Serait-ce alors une hybride, parfois plus humaine que ses ravisseurs pourtant sains, qui doit sauver l’humanité ?

The Girl With All The Gifts

The Girl With All The Gifts

La première moitié du film est une véritable réussite. L’ambiance installée dès les premières minutes dans ce complexe militaire semble promettre une suite dantesque face à la décadence humaine. Malheureusement, le rythme perd beaucoup en intensité dans la seconde partie, avec quelques réactions de personnages qui mettrait les Darwin Awards dans leurs petits souliers. Le réalisateur se perd quelque peu dans la grande ville traversée par les survivants, multipliant les longues scènes parfois creuses. Mais heureusement, le propos de base réussit malgré tout à conserver notre attention et nous laissera avec un final plus qu’intéressant dans sa réflexion proposée. Et si les zombies étaient plus humains que les humains eux mêmes ?

C’est après cette belle dose d’hémoglobine que se termine la première soirée sur le sol tessinois. Une bien belle nuit qui nous promet une dizaine de jours d’un Festival mythique et nous réservera d’autres surprises de taille dans sa programmation éclectique.

The Girl With All The Gifts
De Colm McCarthy
Avec Gemma Arterton, Paddy Considine, Glenn Close
Sortie Suisse : Inconnue

69ème Festival del Film Locarno - Des zombies sous les étoiles
3.0Note Finale
Note des lecteurs: (3 Votes)

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