La réalisatrice espagnole, Alauda Ruiz de Azua, présente dans sa nouvelle création, la crise d’adolescence d’une manière diverse, celle de la foi. Sobre mais captivante, cette œuvre pose les bonnes questions, sans pour autant donner toutes les réponses…
Au cœur du Pays Basque, dans la région de Bilbao, une adolescente âgée de dix-sept ans se destine à entrer dans les ordres, au couvent bénédictin. Fervente catholique, la jeune Ainara Aizaga était promise à une brillante scolarité et un avenir radieux, mais le décès prématuré de sa mère (victime d’un cancer), l’a perturbée au point de remettre en question toutes ses certitudes. Mis au courant de sa déviance religieuse, son père, Inaki (un homme rongé par des soucis personnels et financiers) ainsi que sa tante Maite (une athée convaincue) tentent par tous les moyens, de la faire changer d’avis, mais la mineure est têtue…

Coquille d’Or du 73e Festival international du film de Saint-Sébastien, Antigone d’Or à Montpelier et plus de nombreuses fois nominé à la 40ème cérémonie des Goyas ainsi qu’à la 13ème cérémonie des Prix Feroz de Pontevedra, le nouveau film de la réalisatrice espagnole, Alauda Ruiz de Azua, ne manque pas d’intérêt.
Dotée de chants liturgiques bien incorporés dans l’histoire et de décors intérieurs assez sobres, cette création captivante, présente avec justesse, la « crise d’adolescence » avec son mal-être fréquent et certaines aberrations, dont les teenagers ont le secret. Tiraillée de part et d’autre, par des proches aimants un peu maladroits, mais somme toute raisonnables et des religieux convaincus du bienfait de leur geste, la jeune basque (qui s’apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire) se complait étrangement dans la croyance d’une passion divine qui la pousse à intérioriser ses souffrances, quitte à se perdre en chemin.
Les tensions internes éclatent toutes générations confondues, mettant à mal des rapports déjà fragilisés par un quotidien morose. Cette présentation déprimante est masquée par une qualité d’image irréprochable et un scénario d’un dynamisme étonnant.

La réalisatrice espagnole, Alauda Ruiz de Azua, s’est déjà fait connaître du public ibérique avec cinq court-métrages et deux films : Lullaby (2022) présenté à la Berlinale et Ce Sera Toi (2023). La talentueuse cinéaste confirme à nouveau son talent unique, offrant au passage, dans son dernier métrage, un mélange aigre-doux plutôt agréable à visionner avec une thématique captivante, qui pousse immanquablement le spectateur à la réflexion.
Au casting nous trouvons quelques acteurs et actrices ibériques de renom, dont Patricia Lopez Arnaiz (Mediterraneo, la Peste, Intimitad, 20’000 Espèces d’Abeilles) et Juan Minujin (Les Deux Papes, Marginal, Faute de Preuves, El Suplente).
Les Dimanches est un film original et sans violence qui remet la religion au centre des débats dans un pays où la croyance catholique fait partie de l’héritage culturel. Cette création légèrement moraliste plaira à n’en pas douter aux cinéphiles amoureux des réalisations simplistes mais diablement efficaces.






Drame espagnol, durée 1h58 minutes.
Réalisatrice & scénariste : Alauda Ruiz de Azua.
Producteurs : Manuel Calvo, Marisas Fernandez Armenteros, Sandra Hermida & Nahikari Ipina.
Avec : Blanca Soroa (Ainara), Patricia Lopez Arnaiz (Maite), Juan Minujin (Pablo), Nagore Aranburu (Mère Priora), Miguel Garcés (Inaki), Mabel Rivera (Maria Dolores), Irina Robledo Espinoza (Nerea), Nora Careaga Iglesias (Eider), Neizan Alonso Hernandez (Eneko), Leire Zuazua (Estibaliz)Maria Rodriguez Maribona Delgado (Izaskun), Guille Zani (Mikel), Itziar Aizpuru (Soeur Encarnazion), Bego Ariztegui (Soeur Alazne), Florinda Okomo (Soeur Mariana), Noe Chiroque (Soeur Aurora), Ainhoa Jauregui (Soeur Pilar).
Production : Le Pacte, Movistar+, Buenapinta Media, Encanta Films, Sayaka Producciones, Think Studio, Colosé Producciones, Los Descuentros Pelicula.
Distribution : Agora Films.
Sortie en salles: 11.02.2026


