A priori, le nouveau projet du comédien et réalisateur Thomas Ngijol semble plonger dans les clichés des années 1980, tant par son histoire que les dialogues. Mais l’humour et l’intrigue apportés au gré du film, s’avèrent plus intéressants et drôles.

En 1984 pour Yvon Kastendeuch, flic et grand fan de l’immense chanteur Michel Sardou, c’est l’effarement et le grand chamboulement. Suite à la complexité d’une affaire, il devient responsable malgré lui, d’une brigade d’élite. Guilaine franche et excessive, Marfoud l’analyste expérimenté et Roberto doué au camouflage, l’aideront du mieux possible à stopper un redoutable trafic de drogue. Cette même année, « Police Academy » sortit au cinéma. Hasards, coïncidences, bavures ? Rien de certain… En tout cas, personne ne s’avère prêt à affronter cette brigade française composée de bras cassés.
Dès les 1res scènes et dans l’ensemble de la nouvelle réalisation de Jean-Baptiste Saurel (« Zénithal »), dont il s’agit du 1er film au budget conséquent, « Police Flash 80 » donne avec justesse, l’impression de voyager 40 ans en arrière.
Mais au travers de cette comédie policière assumée et réussie, c’est surtout l’histoire, principalement développée et écrite par le scénariste et comédien Thomas Ngijol (« Case départ »), que les spectateurs-trices pourront se (re) plonger avec plaisir au début des années 1980.
Si les références cinématographiques et sociales sont nombreuses, les décors, les dialogues, les comportements et réactions liés à cette décennie, amèneront sans nul doute une vague nostalgique appréciable pour le public curieux de découvrir la fiction.

Divertissante jusqu’à la fin, cette comédie fait également plaisir à voir grâce à sa distribution et à ses rôles variés. Ainsi, François Damiens (« Jack Mimoun et les secrets de Val Verde »), Audrey Lamy (« En tongs au pied de l’Himalaya ») ou Philippe Rebbot (« Trois fois rien »), amènent avec leurs collègues, la dynamique souhaitée et nécessaire.
Bien sûr, le but principal du film « Police Flash 80 » est d’amuser et distraire les spectateurs-trices tout au long du récit. Mais Thomas Ngijol avait aussi envie de développer son idée par rapport aux différences d’immigration à cette période.
Dans ses souvenirs, la mixité était présente à tous les étages de son immeuble et au sein de son quartier à Maisons-Alfort (vers Paris). Polonais-e-s, Italiens-iennes ou Antillais-es se croisaient constamment. Il fut important pour le scénariste de mettre en avant certaines habitudes et coutumes qu’il avait découvertes à cette époque.
Ainsi, plusieurs de ses personnages comme avec celui de « Luc Le Timal » ou du « Comissaire », sont inspirés de personnes que Thomas Ngijol connaissait de près ou de loin, pendant son enfance et adolescence. Et à leur tour, ces gens ont été fictionnalisés pour créer « Police Flash 80 ».

Certes, ce long-métrage ne sera probablement pas la comédie française atypique en cette année 2026. Néanmoins, la plongée nostalgique volontaire est très amusante, assumée et fait plaisir à voir sur grand écran.
Les sujets sociaux, malheureusement parfois toujours d’actualité, sont abordés à la manière de la décennie concernée et renfonce l’impression d’une virée dans un passé pas si lointain. Datant tout de même, de 40 ans…
« Police Flash 80 » est donc l’occasion de prendre « un coup de vieux » en le regardant dans les cinémas, de passer un moment de détente et de se demander si cette époque éloignée, était finalement mieux, pire, plus libre ou non…










Police Flash 80
FRA – 2025
Durée: 1h26 min
Comédie, Policier
Réalisateur: Jean-Baptiste Saurel
Avec: François Damiens, Audrey Lamy, Xavier Lacaille
Thomas Ngijol, Brahim Bouhlel
Pathé Films Suisse
18.03.2026 au cinéma



