A l’occasion de la 9e édition, des « Rencontres du 7e Art Lausanne », nous avons eu le privilège de rencontrer le talentueux comédien Laurence Fishburne. Qui nous expliqua de quelle manière il endosse son autre casquette: Producteur.
« Bonjour, je suis Laurence Fishburne et j’ai le plaisir d’être à Lausanne ces quelques jours ».
« Apocalypse Now » a 50 ans cette année. Quel en est votre souvenir le plus fou ? Oh… ! Celui le plus fou est celui que j’ai gardé… Le béret que je portais dans le film quand je jouais mon personnage (« Clean »), je l’ai encore !
Sauf erreur, vous n’avez jamais joué dans une comédie ou un film romantique. Pour quelles raisons ? Ce n’est pas totalement exact parce que j’ai joué dans le téléfilm « Christmas at Pee-Wee’s Playhouse ». Et aussi « Willie & Phil » qui est une autre comédie. Mais… Je ne suis pas très bon dedans (rires). Mais effectivement, je n’ai jamais joué dans une comédie romantique.

Vous prêtez rarement votre voix dans des projets cinématographiques en version originale. Pourquoi ? C’est vrai que ce n’est pas mon domaine principal. Même si… Je viens de prêter ma voix à « Gatto », l’animation produite par « Pixar » et très attendue pour 2027. Auparavant, je l’avais fait pour « Osmosis Jones » avec au travers de « Thrax ». Et récemment, j’ai produit une série animée appelée « Moon Girl et Devil le Dinosaure ». Mais effectivement, je participe peu à ce genre de projets.
Le grand public vous connaît beaucoup pour votre métier comme acteur. Mais vous êtes aussi producteur. Comment a commencé cette parallèle ? J’ai commencé à produire il y a 20-25 ans au travers d’un téléfilm pour « HBO » appelé « Les Patients de Mademoiselle Evers ». En fait, j’ai produit 3 films pour « HBO » dans les années 1990, dont celui que je présente pendant « Les Rencontres du 7e Art Lausanne » ce soir (« Les Seigneurs de Harlem »). Je réalise que je produits des films depuis longtemps. J’ai aussi dirigé un film, « Once in the Life ». Mais j’ai remarqué en devenant plus sage et âgé (rires), que je préfère être guidé comme acteur, qu’être metteur en scène.
Quelle fut votre production la plus facilement concrétisée ? Ce fut la série télévisée « Black-ish » qui a été très facilement financée. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi, même si je pense que c’est grâce à Anthony Anderson (« Ferdinand »), Tracee Ellis Ross (« Les Experts ») et moi-même. Vous savez, cette production « Walt Disney » a été très forte et ils l’avaient beaucoup aimée.
Vous allez présenter 3 de vos films dans le cadre du festival. Comment vous êtes-vous préparé ? Les organisateurs du festival m’ont proposé une liste de films que j’ai beaucoup apprécié, dont « Boyz’n the Hood, La loi de la rue ». Tout comme les autres films où je me suis dit qu’ils les avaient bien sélectionnés et à l’inverse, ils ont aussi accepté mes propositions. Je sais que tous les festivals de films ont une programmation établie, mais l’une des grandes différences avec celui-ci, c’est que j’ai pu donner mon avis. Et pour les films que je vais présenter et les rencontres avec le public, je vais d’abord aller me reposer car mon vol depuis Los Angeles a été long et fatigant. Mais je suis prêt et heureux de voir les futur-e-s festivaliers-ières présent-e-s.

Lausanne ou Zürich, vous commencez à connaître un peu la Suisse. Avec quel genre de personnage pourriez-vous jouer chez nous ? C’est une très bonne question. J’avais un beau-frère qui est malheureusement décédé il y a quelques années et était marié à une Helvético-Allemande. Nous avions passé un peu de temps à Zürich. Et j’avais vu les alpes suissesses pendant un trajet en motos. Je me souviens que c’était un moment très exaltant et si vous ne l’avez pas encore fait, je vous le conseille beaucoup ! Mais avant le mois d’octobre parce qu’il fait déjà froid à ce moment-là (rires). Et pour vous répondre, je jouerais volontiers un gars qui détonne au-dessus de vos alpes.
Quel est votre avis sur l’intelligence artificielle et allez-vous protéger votre image et voix ? C’est aussi une très bonne question et il est vraiment difficile pour moi de savoir quoi en penser. Je vais plutôt vous dire comment je me sens par rapport à ça. J’ai la sensation que l’i.a. est une nouvelle technologie plutôt utilisée sur « YouTube » et que beaucoup de gens l’emploient à des fins différentes, tout comme « Chat GPT ». Pour moi, nos comportements ont commencé à changer avec nos téléphones portables et l’intelligence artificielle est aussi en train de le faire.
En fait cela fait à peu près 25 ans, depuis la fin des années 1990 – début 2000, que les gens ont des téléphones portables. C’est probablement et tristement quelques années après, que l’attitude des gens a commencé à changer… En 2010 ? Jusqu’à l’arrivée des réseaux sociaux qui ont changé à nouveau nos comportements à cause des nouvelles possibilités mises en place par les gens travaillant pour et avec les entreprises ayant créé cette technologie. Ils ont créé une voie spécifique qui définit nos choix à travers l’utilisation des outils qu’on nous propose pour justement, changer activement notre manière d’être et de faire.

A ce propos, je suis sûr que les gens feront d’autres choses avec ce système. Même si je pense, qu’il ne pourra jamais penser comme une personne. Mais comment changer cette progression ? Je ne sais pas… Par rapport à la protection de mon image et voix, bien sûr que je vais le faire. Mais je ne suis pas totalement sûr de ce qui est possible, car j’ai déjà vu une version de moi, « heureusement » sans ressemblance. C’était vraiment une longue réponse, mais merci de me l’avoir demandée.
« Alpha Trion », « Morpheus », « Bill Foster » et « Le Roi Bowery » se croisent à Lausanne en Suisse. Selon vous que se diraient-ils et que feraient-ils ? Oh mon Dieu ! (rire). J’ai envie de vous dire qu’un seul gars peut faire quelque chose à Lausanne. Est-ce que vous devinez lequel ?
Moi : « Alpha Trion » ?
Laurence Fishburne : Non. « Le Roi Bowery ». Il est vraiment le seul à vouloir et à autant apprécier de venir ici, à Lausanne en Suisse. Et il dirait : « Qu’on aille manger une fondue ! » (rires).
L’un de vos prochains projets, « The Exorcist », suscite beaucoup de curiosité. Pourquoi ce choix et comment se passe le tournage ? (Au moment de l’entrevue) Je n’ai pas encore commencé le tournage, mais je sais qu’il vient de démarrer ce mois-ci (mars 2026). J’ai beaucoup aimé le script en le lisant et j’apprécie aussi de savoir que je collabore à nouveau avec Scarlett Johansson (« Jurassic World : Renaissance »). Nous avions joué les 2 en 1995 dans le film « Juste Cause ». J’aime aussi le reste du casting, dont Diane Lane (« Trumbo ») avec laquelle j’ai interagi 3 fois. Je suis vraiment très motivé par ce projet car je jouerais… « L’Exorciste ». Vous comprenez ?



















