Les 2 derniers jours de la 50e édition du « Festival de l’animation d’Annecy » ont pris fin. Les festivaliers-ières et bénévoles ont ainsi bravé toute la semaine la canicule. Et en profitant aussi de l’intéressante programmation grâce aux œuvres à découvrir.

Donc entre ce vendredi et samedi, j’eus l’occasion de visionner plusieurs réalisations autant diverses que variées. Toutes furent intimistes et continrent une certaine poésie, profondeur, du drame et parfois, de l’humour.
Ainsi, constater qu’un banquier ne reçoit pas toujours le prestige mérité, que le passé surgit souvent au présent et que la fibre musicale peut s’avérer être intergénérationnelle, crée une certaine libération et soulagement quant à la vie des personnages.
« L’échappée belle » : A peine Henri entend-il l’excellente nouvelle attendue depuis plusieurs années déjà, qu’il apprend quelques heures plus tard, le cambriolage à sa banque. Immédiatement soupçonné malgré lui, sa fuite le précipitera dans une décharge. Perdu, sale, affamé et assoiffé, il fera la rencontre de Dante, le rat débrouillard et chef des lieux. Entre autres pris de pitié, le rongeur va aider le bipède à prouver son innocence. Mais rien n’est simple avec cette course à la vérité…
Basée sur le livre pour enfant nommé « L’échappée (Pou) belle » et écrit par la Suédoise Frida Nilsson, cette animation fait plaisir à voir. Car elle garde la légèreté des fictions pour les plus jeunes jusqu’à la fin.
Même si elle se révèle plutôt mal dirigée au niveau du doublage français, le duo rat-banquier que joue Hippolyte Girardot (« La Daronne ») et Julien Frison (« La Guerre des prix »), fonctionne assez bien et amuse relativement.

S’adressant avant tout aux enfants, il sera mieux que les parents suivent l’intrigue s’avérant parfois rester un peu compliquée. Néanmoins, l’animation divertit et garde le principe important de ne pas se fier aux apparences.
« Le Dossier de l’aube » : Oded est un espion qualifié. Mais sa mission en cours le questionne, qu’est-ce que Le Dossier de l’Aube ? Au travers de ses enquêtes découvertes et grâce aux visionnages et écoutes, il fera plusieurs liens. Notamment entre sa mission à Milan, la découverte des Klarsfeld, le nazisme ou encore le Mossad. Tout ceci depuis le début des années 1960 à 2024. Connaissant les rouages de ce système, Oded en ressortira quand même ébranlé…
Au travers de sa nouvelle réalisation, le cinéaste Rupert Wyatt (« Captive State ») change d’approche pour choisir une animation qui explique les faits historiques réels, liés aux nazis s’étant cachés après la 2e Guerre mondiale.

Si le début du « Dossier de l’aube » demeure assez abrupt et surprend positivement, la suite des recherches menées par « Oded », perd une certaine dynamique et énergies. En tout cas pour le public connaissant déjà les faits produits par le couple Klarsfeld.
A noter que le travail vocal de Diane Kruger (« The 355 ») impressionne beaucoup grâce à son mélange d’accents. Mais en définitive, « Le Dossier de l’aube » ne s’adresse ni aux enfants, ni aux personnes peu désireuses de s’informer des événements marquants après la Seconde Guerre mondiale.
« Tana » : En plein concours musical, Tana reçoit une douche froide, suivi de l’hospitalisation de son père qui est malade. Malgré ses vieilles mésententes familiales et les problématiques au sein de son groupe de rock, elle décide d’aller voir son papa en Mongolie-Intérieure, vers les steppes. Au milieu des engueulades et rancœurs, la jeune femme découvre un morin khuur, le violon mongol. Grâce au fantôme de ce bel instrument et les intuitions de Tana, elle pourra voyager dans sa Mongolie natale…
Très intelligemment écrit, « Tana » a toutefois 2 défauts. L’un visuel, car ses graphismes s’avèrent trop proches de l’intelligence artificielle, l’autre en rapport avec la langue. Qui n’est pas du tout mongole, mais chinoise. Tout comme sa réalisation et production.

Même si ces aspects peuvent déranger les spectateurs-trices, « Tana » contient une très belle, magique et lyrique histoire. Le fantastique intégré aux remises aux questions, amène une touche plus amusante et divertissante.
Efficace, parfois surprenante et magnifique, cette animation explique aussi des traditions mongoles parfois méconnues en Occident ou oubliées voire délaissées en Mongolie. Ciblée pour un large public, « Tana » mérite une reconnaissance internationale, tout en conscientisant les subtilités de l’endoctrinement.














