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28 novembre 2020

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Alien Crystal Palace

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Il n’est pas rare au cinéma que soit glissé un dialogue permettant au spectateur de bien comprendre les enjeux du film qu’ils regardent. Deux phrases clés prononcées par les personnages d’Alien Crystal Palace permettent d’en saisir l’essence : « Je comprends rien de ce qui se passe » et « Pourquoi je m’inflige ça ? ».


Il ne sera question ni d’Alien ni de Crystal Palace dans ce film, mais d’alchimie herméneutique et d’amour contrarié entre un rockeur et une réalisatrice. Vu de loin l’histoire est relativement claire. Une secte férue d’antiquité égyptienne veut réaliser un androgyne, être mythique fusion d’un homme et d’une femme. Pour cela, ils proposent à Dolorès Rivers (Arielle Dombasle) grande réalisatrice de vidéos d’art contemporain de réaliser un biopic sur la dernière descendante des Pharaons. La musique de ce film sera réalisée par Nicolas Atlante (Nicolas Ker), un rockeur plutôt déglingué. Les deux sont censés être connectés au plan astral et tomber follement amoureux l’un de l’autre.

Mais de près, les choses sont plus complexes, on y croisera :
– Theo Hakola (rockeur américain, producteur des premiers Noir Désir dont « Tostaky », la classe) en commissaire de la police herméneutique. On la reconnaît à ce que ses officiers portent des t-shirts en cuir avec Police écrit en caractère gothique. Ils ont aussi des sortes de gyrophares sur la casquette, un accessoire pratique pour lire la nuit.

– Arielle Dombasle dans un rêve avec des lasers.
– Des sacrifices humains au Caire.
– Jean-Pierre Léaud en dieu Horus, tout en plume et en servantes topless.
– Un vague hommage au giallo.
– Asia Argento qui vend du beaujolais nouveau.

Un des grands plaisirs de ce film est de voir Arielle Dombasle enfin réaliser son potentiel nanar. On pouvait avoir deux craintes avant le film : que l’on ne ressente pas la personnalité de sa réalisatrice ou qu’elle transcende son extravagance pour proposer quelque chose de très regardable et intéressant. Heureusement le film est à la fois très personnel, très raté et surtout raté d’une manière très personnelle. Les multivers d’Arielle Dombasle fusionnent avec grande difficulté, sautant d’un genre à l’autre, intégrant des scènes érotiques au pied de biche dans son giallo ésotérique. Le plus étonnant est peut-être que la réalisatrice ne cherche pas du tout la cohérence. Il était certainement très important pour Arielle Dombasle d’évoquer le traumatisme enfantin de la mort de sa mère, mais enfin on ne voit pas tellement ce que cela vient faire là. D’autres éléments qui semblent très importants pour le script ne débouchent sur rien. On a constamment l’impression de visiter un palais mental bien encombré qu’aucune Marie Kondo n’est venue réorganiser. Au moins peut-on être sûr qu’Arielle Dombasle s’est fait plaisir. Son personnage de génie de l’art vidéo a droit à des scènes saphiques totalement gratuites avec tout le casting féminin. On ne saura ainsi jamais pourquoi elle et Asia Argento dansent en pyjama satiné dans un lit alors qu’elles ne sont pas censées se rencontrer.

« Alien Crystal Palace », c’est une histoire d’amour où les personnages principaux font tout pour ne pas être ensemble, « Alien Crystal Palace » c’est un giallo dont l’identité de l’assassin n’intéresse personne, « Alien Crystal Palace » c’est la puissance du nanar d’auteur à la française.

Alien Crystal Palace
D’Arielle Dombasle
Avec Arielle Dombasle, Nicolas Ker, Michel Fau, Joséphine de la Baume, Jean-Pierre Léaud.
[Ecrit par Kevo42]

Retrouvez l’intégralité de cette critique – et des centaines d’autres – sur nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques.

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