Pendant que certains sont occupés avec le Coronavirus, à Berne, ils font tout, pour que les plateformes en ligne et diffuseurs étrangers s’engagent pour le cinéma suisse. L’étranger au secours du cinéma suisse ?


C’est en effet ce que nous venons d’apprendre de Berne par son message sur la culture 2021-2024. Un message fort fasse aux plateformes étrangères et que le Conseil fédéral s’est empressé d’adopter ce mercredi 26 mars 2020, pour mettre encore plus de pression sur tout ce potentiel économique. Le gouvernement ainsi veut obliger les plateformes en ligne telles que Netflix et celles qui viendront plus tard, mais aussi les diffuseurs de télévision étrangers qui ont des fenêtres publicitaires en Suisse, M6, TF1 par exemple, à investir dans le cinéma suisse indépendant.

« la transformation numérique bouleverse la culture », Le conseiller fédéral Alain Berset.

Si le message est reçu positivement par une partie de la classe politique, le socialiste Alain Berset parle d’une égalité de traitement entre les acteurs et les diffuseurs de télévision nationaux. Mais, sommes-nous précurseurs d’un tel traitement ?

Pas vraiment car plusieurs pays européens pratiquent déjà de la sorte, a relevé pour sa part Isabelle Chassot, directrice de l’Office fédéral de la culture (OFC). «Ce sont les entreprises étrangères qui sont le moins surprises par cette démarche. Et dans notre système libéral, il sera aussi permis de payer une taxe plutôt que de produire ou d’acheter des droits.»

Puisque dans la vie tout est question d’argent, si toutes les plateformes en ligne et les diffuseurs étrangers choisissent de payer la taxe (4% sur les recettes des fournisseurs en ligne), le cinéma suisse pourra bénéficier d’une aide financière très importante allant de 50 à 60 millions de francs par an, selon les calculs de l’OFC. Le message qui est parti au parlement annonce déjà un débat très intéressant à suivre. «C’était l’une des mesures les plus contestées lors de la consultation», rappelle le conseiller fédéral Alain Berset. Le futur du cinéma suisse dépendra-t-il du financement étranger ? Ou la solution pourrait-elle arriver du côté des producteurs et réalisateurs suisses qui voudraient imposer aux diffuseurs (salles de cinéma, chaînes de télévision et plateformes en ligne) un quota de 20% de films suisses. Affaire à suivre…