Le réalisateur de « J’Accuse » ne se rendra pas à la cérémonie des César, ce vendredi soir. Adèle Haenel qui dans une interview disait : « distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes » aura eu raison de toute cette polémique.


Personne n’a pu échapper à la polémique autour de la présence de Roman Polanski à la cérémonie des César 2020. Elle a fait beaucoup de bruit depuis quelques jours, suite au scandale qui court sur le réalisateur, accusé de plusieurs viols. Malgré son passé, il part favori de cette 45e édition avec 12 nominations pour « J’accuse », son film sur l’affaire Dreyfus. Une consécration de la part des organisateurs des César mais qui énerve plusieurs associations féministes, qui ont prévu de manifester devant la salle Pleyel de Paris vendredi soir, si le réalisateur s’y rendait.

Finalement, le réalisateur Roman Polanski a décidé de ne pas assister aux César et explique ce choix à l’AFP :

« Depuis plusieurs jours, on me pose cette question : viendrai-je ou ne viendrai-je pas à la cérémonie des César. La question que je pose est plutôt la suivante : Comment le pourrais-je ? (…) Le déroulé de cette soirée, on le connaît à l’avance. Des activistes me menacent déjà d’un lynchage public. Certains annoncent des démonstrations devant la salle Pleyel. D’autres comptent en faire une tribune de combat contre une gouvernance décriée. Cela promet de ressembler davantage à un symposium qu’à une fête du cinéma censée récompenser ses plus grands talents. Je dois protéger ma famille, ma femme et mes enfants, à qui on fait subir injures et affronts. C’est avec regret que je prends cette décision, celle de ne pas affronter un tribunal d’opinion autoproclamé prêt à fouler au pied les principes de l’Etat de droit pour que l’irrationnel triomphe à nouveau sans partage. »