Un chien virtuel, les paysages enneigés du Yukon et Harrison Ford en baroudeur grincheux : vous voilà arrivés en pleine ruée vers l’or. Une fois n’est pas coutume, pour cette fois, on délaissera le grand écran pour du papier :  le roman originel de Jack London ou le chef-d’œuvre de bande dessinée La Jeunesse de Picsou font mieux avec cette période de l’histoire américaine.


L’Appel de la forêt est l’adaptation du roman de Jack London, prenant pour cadre la région canadienne du Yukon, lors de la ruée vers l’or au XIXe siècle. On y suit les périples de Buck, un chien virtuel tout en effets spéciaux. Ce dernier vit plusieurs existences : de chien de gouverneur à la vie bien rangée, à chien de traîneau pour postier enthousiaste (Omar Sy, taillé sur mesure), à compagnon de route pour un mineur en quête d’or au lourd passé (Harrison Ford en grincheux héroïque).

Ce n’est pas la première fois que ce roman d’aventures, classique de la littérature américaine, est adapté pour une version cinématographique : il s’agit en effet d’une des premières adaptations de l’histoire du cinéma, puisqu’il a été adapté en 1908 par David W. Griffith. D’autres adaptations ont ensuite vu le jour, en 1935, en 1972 et en 1981, pour une version d’animation japonaise cette fois-ci.

Cette version de 2020 distribuée par les studios Walt Disney est quant à elle faite de prises de vues réelles, de motion capture et d’effets spéciaux numérique : les animaux représentés dans le film sont en majeure partie des créatures réalisées par effets de synthèse. Buck, le chien héros du film, passe ainsi par toute une palette d’expressions humanoïdes poussées jusqu’à une exagération quasi-clownesque.

Outre l’animal presque supersonique qu’on suit au fil des scènes, on croise de jolis moments de récit sur la solitude et le retour à la nature, le tout dans une des périodes de l’histoire les plus fertiles en trésors – qu’ils soient narratifs ou métalliques. Au-delà de ça, il n’y a pas grand-chose à sauver de ce qui promettait pourtant une belle fable d’aventure sur le lien entre humain et animal et le rapport au sauvage, parsemé de sympathiques touches de l’histoire américaine. La caricature est poussée trop loin pour fonctionner, et la navigation entre animation exacerbée et véritables acteurs ne permet pas de s’y retrouver – on change de registre trop souvent pour que ce soit convaincant. Damn it.

L’Appel de la forêt (The Call of the Wild)
USA   –   2019   –   Animation
Réalisateur: Chris Sanders
Avec Harrison Ford, Karen Gillan, Dan Stevens…
Warner Bros
19.02.2020 au cinéma

"L'Appel de la forêt" : Pas d’or, mais un chien virtuel
2.0Note Finale