Pari gagné ! Pour sa 20ème année, le Festival International de Films Indépendants de Genève Black Movie a connu une affluence exceptionnelle de 32’000 festivaliers. Une édition anniversaire remarquable qui s’achève ce dimanche soir en récompensant notamment le documentaire Of Fathers and Sons, du Syrien Talal Derki.


Du 18 au 27 janvier, le public genevois a pu apprécier 106 films en provenance de 56 pays. En compagnie d’une trentaine d’invités internationaux, les cinéphiles ont apprécié en nombre fictions, documentaires et films d’animations indépendants dans les salles des Cinémas du Grütli, du Spoutnik, du Cinélux, d’Arditi et de l’Alhambra. Cette année, une salle virtuelle avait également été inaugurée par l’artiste Cetusss sur le réseau Second Life. Tables rondes, conférences et Nuits blanches au Cercle des Bains ont rencontré quand à elles un franc succès.

Of Fathers and Sons, du Syrien Talal Derki

Le festival a eu l’honneur de compter sur la présence du cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa, venu pour la première fois à Genève afin de présenter son documentaire Victory Day. Spectatrices et spectateurs émérites ont bravé les huit heures de projection du documentaire Les âmes mortes du Chinois Wang Bing. Parmi les films les plus courus, José du réalisateur Li Cheng a su séduire avec le récit d’un amour impossible entre deux hommes au Guatémala. Présenté en première mondiale, le film Gino and Marie du Philippin Joselito Altarejos décrivait d’une façon saisissante la naissance d’une relation entre un jeune homme et une mère de famille sur le tournage clandestin d’un film pornographique. Le documentaire Mujer Nómade de l’Argentin Martín Farina a fait découvrir la personnalité hors du commun de la philosophe Esther Diaz. Life and Nothing More du Mexicain Antonio Méndez Esparza dépeignait le quotidien d’une famille nord-américaine modeste à la veille de l’élection de Donald Trump. Point d’entrée de la rétrospective consacrée au sulfureux cinéaste japonais Kōji Wakamatsu, le biopic Dare to Stop Us réalisé par Kazuya Shiraishi a captivé des salles combles. Citons également les séances complètes des films Aurora du Kirghize Bekzat Pirmatov et A Land Imagined du Singapourien Yeo Siew Hua.

La programmation et les ateliers de la section Petit Black Movie ont charmé les plus jeunes cinéphiles, notamment le ciné-concert exclusif du compositeur Nathanaël Bergèse sur le long métrage d’animation The Tower du Norvégien Mats Grorud.

Of Fathers and Sons, du Syrien Talal Derki

Les lauréats 2019
Le Prix de la Critique, doté de CHF 5’000.- francs par le Département de la culture et du sport de la Ville de Genève, a été unanimement attribué au documentaire Of Fathers and Sons, du réalisateur syrien Talal Derki. Pour le Jury International de la Critique, le film, tourné en immersion dans une famille djihadiste affiliée à Al-Qaïda, se distingue par sa force émotionnelle et par la perspective inédite qu’il offre sur la situation au nord de la Syrie. Il note aussi le courage du cinéaste, qui a risqué sa vie en se faisant passer pour un sympathisant du califat islamiste afin de rapporter un témoignage vertigineux du quotidien de cette famille.

Le Jury était composé de Cecilia Ermini (Italie), Tereza Fischer (Suisse), Nicolas Gilson (Belgique), Akua Gyamfi (Grande-Bretagne) et Mike Naafs (Pays-Bas).

Le Prix des Jeunes, d’une valeur de CHF 1’000.- doté par le Département de la cohésion sociale et de la solidarité de la Ville de Genève, décerné par un jury dont les membres sont élèves du secondaire II, est également attribué à Of Fathers and Sons de Talal Derki. Le jury des jeunes évoque un film choc, et relève pour sa part le contraste saisissant entre l’amour d’un père pour ses enfants et l’appel constant à la violence. Il accorde une mention honorable au film Life and Nothing More, réalisé par Antonio Méndez Esparza, pour sa thématique, sa réalisation et son esthétisme.

Le Prix Payot Petit Black Movie, d’une valeur de CHF 1’000.-, revient au film Birdlime du Canadien Evan DeRushie. Le jury composé de Mirjana Farkas, Oana Lacroix et Nicolas Rabaeus salue un film à la réalisation surprenante et créative, dans lequel la relation entre l’homme et la nature y est traitée de manière fine et équilibrée, avec un point de vue critique et cependant ouvert et positif.

Enfin le Prix des Enfants, remis par un jury d’enfants âgés de 7 à 9 ans, a été attribué au court métrage d’animation Pearfall du réalisateur russe Leonid Shmelkov.

Le Festival Black Movie reviendra pour une 21ème édition du 17 au 26 janvier 2020.

[Source : Communiqué de presse]