« Bram Stoker’s Dracula » de Coppola est un film impressionnant et unique tant dans son visuel que dans l’ambiance générale. Datant de 1992, il n’est pas impossible que son rythme soit aujourd’hui jugé un peu lent, mais il s’agit là d’un détail insignifiant lorsque l’on prend l’œuvre dans son ensemble.


« Bram Stoker’s Dracula » est considéré comme étant une des adaptations les plus fidèles du roman « Dracula » de Bram Stoker, écrit en 1897. Sans ne rien trop dévoiler, les deux histoires racontent comment le jeune clerc de notaire Jonathan Harker et sa fiancée Mina Murray se retrouvent mêlés au sort du Comte Dracula, vampire presque immortel qui erre sur la Terre depuis une tragédie qui s’est produit il y a plus de quatre siècles. Dracula veut acheter plusieurs propriétés à Londres et fait venir Harker dans son château en Transylvanie pour signer divers papiers. Ce mystérieux voyage annonce le début de l’horreur pour le jeune couple d’amoureux…

« Dracula » fait sans nul doute partie des livres les plus emblématiques de la littérature classique d’horreur. Au côté du très célèbre « Frankenstein » de Mary Shelley (également considéré comme le premier roman de science-fiction) ou de « L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde » (Robert Louis Stevenson), ces histoires continuent de nous fasciner à travers les époques de par leurs situations aussi tragiques que terrifiantes et par leurs personnages torturés.

Maintes fois adapté à l’écran, « Dracula » n’avait encore jamais été, avant 1992, mis en avant comme une histoire romantique dont la tragédie ferait pâlir Roméo et Juliette. Sans tomber dans les innombrables clichés que peuvent inspirer les vampires séducteurs, certaines scènes du film sont, pour citer Coppola, comme « un rêve érotique ». Envoutant et fascinant par bien des aspects, il est difficile de décrocher les yeux d’un tel film. Bien que Francis Ford Coppola (la trilogie Le Parrain, Apocalypse Now, The Outsiders), ait rajouté une énorme dimension amoureuse au personnage de Dracula qui n’est pas présente dans le livre, il est le premier à avoir exploré ses tréfonds sombres et torturés. Il n’est plus juste un méchant monstre, il est un antagoniste pour qui il est possible d’avoir de la compassion.

Magnifiquement réalisé à « l’ancienne », ce long-métrage a la particularité de ne comporter aucun effet spécial réalisé à l’ordinateur. Coppola, dans une volonté de respecter l’esprit des premiers films de vampires et pour donner un côté plus en adéquation avec l’époque de l’histoire, n’a utilisé que des effets spéciaux « réels », comme des maquillages pour les plus évidents, mais également des jeux de caméra ou encore des projections. Le résultat est sublime et donne réellement l’impression que le film est ancré dans la réalité. L’horreur est bien là, et c’est presque comme si l’on pouvait la toucher. Eiko Ishioka, artiste japonaise qui travailla également comme costumière sur Blanche-Neige (2012, de Tarsem Singh avec Julia Roberts et Lily Collins), créa les costumes du film et remporta un Oscar en 1993 pour son travail. La musique, partie essentielle sans laquelle le film n’aurait pas tout son côté hypnotisant, est signée Wojciech Kilar.

Winona Ryder (Beetlejuice, Edward aux mains d’argent, Stranger Things) et Keanu Reeves (Speed, la trilogie Matrix, John Wick 1 et 2) interprètent les jeunes et incrédules Mina et Jonathan, tandis que Gary Oldman (Le Cinquième Élément, la saga Harry Potter, les films Batman de Christopher Nolan) incarne une des versions les plus emblématiques de Dracula. Anthony Hopkins (Le Silence des agneaux, Les Vestiges du jour, Amistadet encore tant d’autres) délivre une version très intéressante du personnage d’Abraham Van Helsing, médecin vieillissant dont les connaissances sur les vampires vont s’avérer être bien utiles. Même si les prestations de Winona Ryder et de Keanu Reeves peuvent paraître quelque peu légères face aux brillantes interprétations de Gary Oldman et d’Anthony Hopkins, tout le film semble aller vers un équilibre parfait qui vous donnera envie de le revoir encore et encore. Des personnages complexes, d’autres plus simples, la lumière, les ténèbres, l’amour, la mort…Éros et Thanatos en quelque sorte. Cette magnifique édition Blu-ray, contenant moult bonus très intéressants, est un must pour tous les fans du film et tous ceux désireux d’agrandir leur collection de classiques.

Bram Stoker’s Dracula
Date de reprise 4 avril 2001 (2h 08min)
Date de sortie 13 janvier 1993 (2h 08min)
De Francis Ford Coppola
Avec Gary Oldman, Winona Ryder, Keanu Reeves…
Genres Drame, Epouvante-horreur, Romance
Nationalité américain

« Bram Stoker’s Dracula » : un Blu-ray à la hauteur des cheveux de Dracula
5.0Note Finale

A propos de l'auteur

Passionnée par l’écriture et le cinéma depuis longtemps, Moïra Farwagi a trouvé au sein de Daily Movies un merveilleux moyen de communiquer ses passions. Des films cultes aux films un peu moins cultes et franchement risibles des années 80, en passant par les comédies, les films de super-héros, les films qui font pleurer et encore un tas d’autres choses, le genre préféré de Moïra peut se résumer par « ce qu’elle aime ».

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