Après s’être fait détourner en machine à fric, le mythe vampirique n’a aujourd’hui plus tous ses crocs. Nos immortels bien-aimés seraient-ils enfin morts ? L’irréductible Neil Jordan nous dit que non et tente de nous redonner goût à ce cocktail sanguin désormais fade. Ahhhhh, mais j’entends déjà cette petite voix qui me susurre : « Entretien avec un vampiiiiiire ». Alors oui… mais c’était il y a vingt ans. Heureusement, Jordan le sait autant que nous et, malin, reprend son étude là où il l’avait laissée, vérifiant chaque cercueil derrière lui.

Il repart donc de l’opposition morale/immorale de la condition vampirique et en fait la toile de fond de son récit. Puis rapidement, il se passionne et se questionne sur la filiation et la solitude. Grâce à Clara et Eléanor, miroirs modernes de Lestat et Louis, l’intrigue va alors s’irriguer et emmener la réflexion plus loin, là où se trouve la frontière entre l’homme et la vampire.

Empli d’amour, d’énergie et d’un postulat plus qu’honorable, « Byzantium » se heurte malheureusement assez vite à une certaine maladresse rythmique et à quelques ratés scénaristiques. Comme si Jordan avait voulu trop en faire, quitte à étouffer son film.

Mais Byzantium ne laisse pas gâcher pour autant et nous offre un des hommages les plus honnêtes à la complexité et à la beauté vampirique, qu’on ai pu voir depuis des années. Et ce grâce à une ambiance glaçante, à une photographie sublime, à des fulgurances paralysantes et à un casting british de premier ordre, avec en tête la charnelle et féroce Gemma Arterton. Ahhhhhh… Gemma.

Byzantium
De Neil Jordan
Avec Gemma Arterton, Saoirse Ronan…
Ascot Elite

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