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26 octobre 2020

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CARA MAJAKA

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Ô combien de marins, combien de capitaines, qui se jetèrent sur un nanar indien sur la foi d’extraits alléchants, et se noyèrent dans 3h15 de romances inter-castes et de larmoiements chantés ?


C’est pour cela que l’aficionado futé sait garantir l’ambiance de ses visionnages en suivant les bons conseils de Bison Nanar qui vous garantit du Bollywood à teneur garantie en lol (ndlr : on utilise par simplicité le terme Bollywood pour tout le cinéma indien, même si on sait bien qu’entre Tollywood, Kollywood et autres Jollywood, le cinéma indien est un continent à lui tout seul).

Et autant dire qu’aujourd’hui, Bison Nanar voit rouge, et prévoit plus de 2h10 de n’importe quoi dans tous les sens de visionnage ! Chose rare pour le genre, il n’y a ici quasiment pas de temps morts, pas de temps perdu. Les scènes chantées et dansées, qui sont souvent avec les dialogues le ventre mou des nanars indo-pakistanais, s’imbriquent dans une parfaite continuité au mix de mauvaises idées, de mauvais effets spéciaux, et de mauvaise réalisation qui imbibe le reste du métrage. Car mis à part une certaine complexité dans la narration le film ne s’embarrasse pas de ce trucs d’artistes mal peignés que sont la profondeur, la complexité des personnages ou les retournements scénaristiques : nous avons affaire à un film de vengeance, dans lequel une victime va pourchasser un à un ses agresseurs, jusqu’à une baston finale qui rétablira l’ordre… et qui inclura des méchas.

Par respect du spoil, je conseille à tous les nanardeurs de commencer par se procurer « Cara Majaka » et de le regarder tel quel, sans attendre, sans fioriture, d’un œil pur et naïf, comme si c’était votre première fois et que vous attendiez qu’il vienne vous enlever sur son cheval blanc, galoper ensemble dans les grandes plaines du n’importe quoi, où les fleuves coulent de traviole et où les arbres insultent les oiseaux. Si toutefois votre employeur refuse de vous accorder un congé là tout de suite pour « nécessité urgente de regarder un Bollywood », il ya des précautions anti-spoil dans cette chronique.

Comme beaucoup de films indiens, « Cara Majaka » constitue un spectacle varié, mêlant action et effets spéciaux, romance, scènes chantées et dansées, scènes comiques, film de suspense, soap familial… A vrai dire, on peut passer une bonne partie du visionnage en sérieux manque de repères, tentant de se raccrocher à des éléments familiers en qualifiant ce film, successivement, d’Indian Exorciste, Indian Christine, Indian La Coccinelle à Mexico, j’en passe et des meilleurs pour ne pas vous mettre la puce à l’oreille.

L’histoire globale de « Cara Majaka », nous l’avons dit, est pourtant très simple. Cara = car, majaka = magic. Magic car. Ça parle d’une voiture magique. Jaune. Vous suivez jusqu’ici ? Bon. On passe le palier suivant.

AIRE DE DIVULGÂCHAGE
Tout commence vers 1800. L’Inde fait partie à son corps défendant de l’empire britannique et Sa Gracieuse Majesté a envoyé un gouverneur franchement perché pour faire régner une terreur relative. Ledit gouverneur apprend que le puits du village voisin est habité par une déesse du nom de Kinthadi Kaali, et décide d’aller faire le malin en hurlant dans le puits pour se gausser des indigènes. Son ordonnance, un brave soldat indien, l’avertit que la déesse n’est pas spécialement commode au réveil et tente de l’en dissuader. Bien lui en prend : alors que Kinthadi se fâche et maudit le gouverneur, le brave soldat se voit accorder sa protection pour sa famille.

Deux cents ans plus tard nous faisons la connaissance des descendants du bon soldat en la personne d’un frère, Karuppu, qui est joué par le même acteur que son aïeul, et d’une sœur, Savithri. Karuppu aime beaucoup sa voiture jaune et sa sœur n’aime pas moins le joli Nanjappan. Ils sont toujours protégés par Kinthadi Kaali la déesse du puits, et leurs voisins brahmanes sont tout gentils.

Quand Nanjappan décide de sacrifier Savithri sur les ordres d’un gourou en compagnie de deux autres malfaisants dans le but d’obtenir des pouvoirs magiques, Karuppu tente de la protéger mais tous deux meurent en réussissant à faire échouer de peu le rituel.

Quelque temps plus tard, chez les voisins, la petite fille de la maison, Priya, est possédée par l’esprit vengeur de Savithri qui va la pousser à venger sa mort plutôt salement. L’esprit de Karuppu s’incarne quant à lui dans sa vieille voiture jaune, et les deux héritent de pouvoirs magiques donnés par Kinthadi Kaali. Le père de Priya est dépassé, son grand père veut garder son calme, et sa mère est la seule à repérer que sa fille a quelque peu changé, genre elle mange du poulet et laisse l’ardoise à ses vieux. Genre aussi elle crache du feu et on peut la repousser avec du sable bénit spécial démon.

Priya va donc venger sauvagement la mort de Savithri et Karuppu avec l’aide de la voiture et affronter tour à tour les trois apprentis sorciers, le gourou et leur nouveau super gourou tibétain Mandiramoorthy, ce qui n’est pas aisé car eux aussi ont des pouvoirs magiques, donc Kinthadi Kaali leur file un coup de main.

FIN DE L’AIRE DE DIVULGÂCHAGE
Vous voyez, c’est limpide. Mais c’est bien sûr la suite qui vous grillera le cerveau, car vous trouverez en vrac : tout un tas de trucs en images de synthèse foireuses (dont un Transformer qui danse, des chauve-souris, des éléphants qui dandinent du cul…), des chants d’enfants à se percer les tympans, des acteurs qui sur-sur-surjouent, un cow-boy invisible, un rhinocéros transparent… L’idée est de caser un maximum d’éléments issus d’un maximum de genres pour offrir un spectacle total, avec assez de sous intrigues pour tenir deux bonnes heures. L’intérêt principal du métrage est son côté totalement naïf et décomplexé, envoyant des SFX déglingos soutenir des numéros d’acteurs délirants dans un maelstrom d’images qui osent tout. Et c’est pour ça qu’on aime.

[Mathilde]

Retrouvez l’intégralité de cette critique – et des centaines d’autres – sur nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques !

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