En ce samedi 17 novembre au Casino de Montbenon à Lausanne, « CinéMasala » proposa un riche programme avec un cours, puis un spectacle de danse enjoués et gratuits. S’ensuivit un excellent repas indien et l’interpellant film clôture qu’est « Dum Laga Ke Haisha ».


Pour ce 4ème et ultime jour du festival, plusieurs activités furent organisées afin de rendre ce moment inoubliable et sympathique. À l’exemple d’un cours de danse gratuit pour les enfants, d’un spectacle musical Bollywood pour les petits et grands et en milieu de soirée, le restaurant « Nandanam » à Lausanne, proposa un délicieux repas indien à base de poulet et riz, ainsi qu’un autre plat pour les végétariens-iennes (succulant à tel point que des repas durent être recommandés en urgence).

Finalement, à 20 h et après une courte présentation du film faite par votre serviteur et sa compagne, « Dum Laga Ke Haisha » commença.

Durant les années 90 à Haridwar dans l’état de l’Uttarakhand, Prem et sa famille vivent à grand peine au travers des ressources financières du magasin de K7 du patriarche. Malheureusement pour le jeune homme et selon la tradition indienne, il est en plein dans la tranche d’âge du mariage arrangé. De ce fait, ses parents et futurs beaux-parents décidèrent d’une rencontre définitive entre Prem et Sandhya, sa future épouse. À la base réfractaire à cette tradition et aux contraintes, Prem acceptera finalement de vivre avec Sandhya qu’il trouve très grassouillette. Cependant, dans sa ville natale, chaque année a lieu un concours… Celui du porté de femmes. Cet évènement, pourra-t-il les réunir, ou au contraire, les séparer à jamais ?

À la différence des milliers de productions Bollywood annuelles, « Dum Laga Ke Haisha » demeure proche du film d’auteur car il contient peu de danses et de chansons. Ces dernières sont d’ailleurs très importantes dans l’histoire, puisqu’un hommage à un chanteur des années 80 et 90 lui est rendu par le biais des K7 et titres dudit long-métrage. Réalisé par Sharat Katariya (« Fan »), « Dum Laga Ke Haisha » a le mérite, et l’exception, d’avoir été tourné dans une majeure partie de décors naturels au sein de la région précitée. Qu’il s’agisse du Gange, des temples, des ruelles ou encore des habitations, les lieux magnifient et ajoutent un charme indéniable à l’histoire et à son contexte.

La distribution est aussi très bien choisie, car l’actrice et l’acteur principaux ont débuté peu de temps avant cette fiction. D’ailleurs pour elle, soit Bhumi Pednekar, il s’agissait de son tout premier long-métrage de cette envergure. Grâce à son jeu, la comédienne interprète à merveille son personnage et démontre son excellent talent. Entre autres, parce qu’elle a volontairement pris une quinzaine de kilos pour son personnage. Ainsi, Bhumi Pednekar se diffère des interprétations féminines habituelles au sein de la plupart des fictions bollywoodiennes parce que cette approche demeure rare dans le 1er pays producteur de films au monde. Bien sûr, la comédienne reprit son poids initial par la suite, néanmoins sa détermination lui permit de se faire connaître auprès du grand public indien et de recevoir plusieurs prix.

Car « Dum Laga Kei Haisha » n’exprime pas seulement des sujets et traditions tabous en Inde, mais il permet aussi aux nouvelles générations (femmes comme hommes) de dénoncer des coutumes qui changent petit à petit avec notamment, la mondialisation actuelle. Même si la fin de cette réalisation se termine positivement, comme presque chaque bonne œuvre du genre, elle ne laisse personne indifférent quant aux mariages forcés. Que se soit au niveau de la communauté indienne, des ONG et des Occidentaux-ales.

Toujours est-il que « Dum Laga Kei Haisha« , ou « De Toutes Vos Forces » en français, s’adresse à un large public, et même s’il a eu son succès en Inde (presse et public) en 2015, il aurait mérité un intérêt plus prononcé de la part des distributeurs européens à cause des thèmes abordés.

Il est donc fort agréable de constater qu’un évènement intime comme « CinéMasala« , sélectionne une œuvre cinématographique du genre dans l’intention de montrer plus explicitement comment peut se dérouler un tel concubinage.

D’ici donc à leur 7ème édition, soit du 20 au 23 novembre 2019, il est à espérer que leurs futurs sujets restent tout autant captivant, que les festivaliers-ères soient davantage présents-es l’année prochaine (environ 550 personnes pour 2018) et que de nombreux-euses invité-e-s ponctuent encore « CinéMasala« .

Informations: www.cinemasala.ch

CinéMasala 2018 : la dernière soirée et le film de fin Bollywood explorant les problèmes familiaux
5.0Note Finale