Commando Massacre

Commando Massacre –


Dans « Commando Massacre », la superstar nanarde Max Thayer confirme qu’un acteur peut activement contribuer à faire passer un film de l’état de sympathique mauvais film à celui de nanar flamboyant.


COMMANDO NANAR
Alors que l’Amérique est en pleine débâcle au Viêt-Nam, une poignée de ses fils, de courageux soldats, font leur voyage au bout de l’enfer. Il s’agit pour le capitaine Cotter et le lieutenant Sanders de libérer un agent de la CIA fait prisonnier. Malheureusement, l’opération tourne court : seul Sanders en réchappe, laissant Cotter mort. Quelques années plus tard, Sanders apprend par un agent de la CIA que Cotter aurait été aperçu vivant et qu’il travaillerait à la solde d’un commandant mal intentionné. Sanders doit arrêter son ancien ami…

Ce qui fait d’emblée la force de « Commando Massacre », c’est son casting 3 étoiles qui réunit Max Thayer, Mike Monty et Nick Nicholson, la fine fleur des acteurs occidentaux ayant cachetonné aux Philippines dans les productions les plus improbables. Mentionnons aussi pour être totalement honnête des décors d’une étonnante qualité pour une série Z de cet acabit : félicitations aux artisans philippins.

Le cas Nick Nicholson est intéressant. Il campe le commandant soviétique qui sauve Cotter de la mort, et lui insère une puce dans le cerveau afin de le contrôler grâce à sa montre-poignet. Comme plusieurs années sont censées séparer la séquence durant laquelle Cotter se fait tuer du reste du film, Nick Nicholson a été artificiellement vieilli : son bouc nanar a été blanchi. Résultat, il a tout simplement un look pas possible qui lui ôte d’emblée toute crédibilité (voir la photo)

Comme d’habitude, Mike Monty semble, lui, en pilotage automatique. De toute façon il n’a que peu de scènes, toutes tournées en intérieur durant une même session. Encore un film qui n’a dû lui prendre qu’un demi après-midi et qu’il n’a sans doute jamais vu. Il est néanmoins toujours intéressant de voir combien notre « Jean-Pierre Bacri du nanar » peut avoir l’air de s’ennuyer au possible en attendant son chèque.

Commando Massacre

Commando Massacre

LA VÉRITÉ EST THAYER
Mais la super star du film, celui qui porte ce « Commando Massacre » à bouts de bras et qui lui confère toute sa nanardise, c’est incontestablement Max Thayer, icône révérée de Nanarland. A la manière des plus grandes effigies du cinéma, Max vampirise les œuvres dans lesquelles il figure au point que, dans le jargon, on ne dit plus « un film avec Max Thayer » mais « un Max Thayer », habile procédé métonymique qui souligne, s’il en était encore besoin, l’infinie supériorité de cet interprète par rapport à ses collègues de pelloche. Comme à son habitude, Max est grandiose dans le film. L’homme qui gonfle les joues plus vite que son ombre, l’acteur qui n’a que des bons profils, manie le fusil à pompe comme un artisan potier manierait le tour.

Il faut le voir tirer à vue en gonflant les joues et abattre les figurants philippins par grappes de huit. Mythique aussi cette scène durant laquelle notre Max adoré, ultra courroucé face à la bureaucratie malveillante incarnée par Mike Monty, pique une colère monstre. Exaspéré par le discours de ce dernier, il va… saisir un pion de jeu d’échec pour lui balancer sur la cravate ! Paf ! Certes, d’aucun auraient fait voler le jeu complet, voire la table, mais l’accessoiriste ne voulait sûrement pas avoir à tout remettre en place au cas où une deuxième prise aurait été nécessaire. N’empêche, le message est passé : Max faut pas l’emmerder, sinon il se fâche tout rouge !

A part ça, le film distille une nanardise constante. Scénario abracadabrant (une puce dans le cerveau d’un soldat commandé par une montre-poignet, excusez du peu), cascades explosives, gonflages de joues, discours pro-ricain tellement exacerbé que Chuck Norris lui-même en rougirait, re-gonflage de joues, fin débile. Du tout bon quoi.

On soulignera au passage un point assez surréaliste. Alors soit, cela ne pouvait pas être fait exprès (le film date de 1987), et ce n’est donc rien d’autre qu’une coïncidence hallucinante. Mais quand même. Le prénom de Cotter, l’homme que combat Sanders / Thayer est… Harry ! Entendre tout le long du film parler de « Harry Cotter », on a beau dire mais ça rajoute une touche de magie !

[Régis Brochier]

www.nanarland.com

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