Ted Sarandos, patron des contenus de Netflix disait dans une interview que « les salles elles-mêmes risquent de se tuer « , car « elles offrent des écrans plus petits et des salles plus petites » pour les spectateurs friands d’un bon divertissement sur grand écran. Mais est-ce que cet argument est valable pour tous les cinémas et pour tous les pays ? La Suisse doit-elle s’inquiéter ?


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résent à Rome pour l’assemblée annuelle de Netflix, Ted Sarandos, responsable des contenus de la firme, a été interviewé par le journal français Les Échos et ce qu’on peut dire, c’est qu’il a marqué les esprits de nombreuses personnes avec sa vision sur l’avenir du cinéma. Il y évoquait notamment le rapport entre la plateforme de streaming et les salles de cinéma : « la sortie simultanée en salles et sur les plates-formes Internet, va bientôt devenir la norme. Cela dépendra des pays, bien sûr. Cela interviendra beaucoup plus tard en France où il y a trente-six mois de décalage entre les sorties en salles et sur les plates-formes de SVoD comme la nôtre. Mais dans certains pays comme la Corée, le délai est déjà très court. Les spectateurs veulent regarder les films sur des plates-formes comme Netflix sur lequel le choix est de plus en plus riche, c’est tout ».

Un avis sur la consommation du 7e art qui fait peur à des nombreuses personnes, mais aussi peut-être un peu trop exagérée par rapport à tout ce qui est en train de se mettre en place dans différents pays pour ramener le public dans les salles obscures. Du coup, son argument est certainement en réponse aux nouvelles règles du Festival de Cannes qui refuse de présenter un film Netflix en compétition sans sortie en salles. Pourtant, Ted Sarandos insiste sur sa position et se dit persuadé que « l’art n’est pas diminué par le mode de distribution choisi. Il est plus pertinent d’être agnostique sur les technologies de diffusion et de s’évertuer à maximiser le retour sur investissement de chacun des projets. »

La Suisse dans la même longueur d’onde que Netflix ?
Vu les changements que la Suisse a subi ces derniers temps pour garder ses salles de cinéma, il est rassurant de constater que le point de vue du responsable des contenus Netflix est assez vrai dans certains pays comme la Suisse qui a su agir très rapidement pour ne pas prendre du retard sur ses voisins et éviter les erreurs de certains qui ont les moyens mais pas la bonne stratégie, comme disait également Ted Sarandos pour expliquer la déchéance de certaines salles de cinéma : « ce sont les salles elles-mêmes qui risquent de se tuer. Aujourd’hui, elles offrent des écrans plus petits et des salles plus petites : elles répliquent l’expérience du spectateur à la maison. Elles devraient parier sur une expérience différente avec des écrans plus grands et un son plus puissant, des fauteuils plus confortables, des murs qui ne laissent pas passer le son de la salle d’à côté… ».

Quant à la rumeur de rachat d’EuropaCorp, Ted Sarandos s’est refusé à la commenter laissant un peu de mystère pour certains, mais il a également précisé que Netflix « n’est pas particulièrement intéressé par les catalogues. En général, les œuvres qui les composent sont déjà sous accord de licences pour de longues années. Donc, même s’ils peuvent représenter des flux de revenus, ils ne peuvent pas nourrir en contenus notre plate-forme. ». Netflix n’a pas fini de nous surprend et le temps lui donnera raison… ou pas !

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site des Échos.