Pendant six jours, le 17ème Festival international du film d’animation Fantoche a présenté des nouvelles productions suisses et internationales, des rétrospectives, des « Animated Musicvideo Darlings » ainsi que les dernières tendances en termes de multimédia – tout en organisant une journée de l’industrie. Au total, environ 25 500 entrées ont été enregistrées – une baisse légère par rapport à l’année record 2018. Dans la compétition internationale, « Daughter » de Daria Kashcheeva remporte le prix principal, le « Best Film », et « Sweet Night » de Lia Bertels gagne le prix du public international. Dans la compétition suisse, « The Flood is Coming » de Gabriel Böhmer reçoit le prix « Best Swiss ». Le public récompense « Le dernier jour de l’automne » par Marjolaine Perreten avec le Swiss Audience Award. Le jury des jeunes décerne le prix « Best Kids » à « The Bird and the Whale » de Carol Freeman tandis que le prix du jeune public revient – pour la deuxième fois consécutive – à Julia Ocker pour « Elefant ». La 18ème édition de Fantoche aura lieu du 1er au 6 septembre 2020 à Baden.

DES GRAND NOMS
Quelques jours avant la grande soirée de sortie de sa série Amazon Prime « Undone » à Los Angeles, l’artiste d’animation Hisko Hulsing était membre du jury international de Fantoche. Cette tâche lui tenait à cœur, car il aime se rappeler qu’il avait lui-même reçu une mention spéciale pour son film « Junkyard », qui était dans la compétition des films pour un jeune public il y a environ 16 ans – ce qui l’avait marqué à l’époque. Le réalisateur israélien Ari Folman (« Waltz with Bashir » entre autres) s’est fait un plaisir de partager ses expériences à Baden avec des artistes d’animation en herbe lors d’une masterclass de quatre heures. Impressionnant et avec de nombreuses anecdotes, il racontait ses débuts, ses antécédents politiques, ses succès et ses échecs, appelant les générations futures à ne pas se laisser décourager par des rejets : avec son idée de réaliser « Waltz with Bashir » dans la forme d’un documentaire animé, il avait rencontré le refus. Ce qui l’avait finalement incité : « It’s hard to kill my passion. » Le résultat lui a donné raison. Des familles d’anciens combattants lui ont confirmé que ses animations les rapprochaient davantage des émotions de leurs proches que les nombreux films non-animés qui existent sur le sujet.

Promouvoir les jeunes talents, c’est aussi une idée qui tient à cœur à l’animateur suisse Simon Otto, qui a présenté son travail sur la trilogie des « Dragons », qui a animé un bootcamp sur les manières de percer sur le marché international, mais aussi un atelier de dessin pour enfants. Et même lorsque les parties officielles du programme étaient terminées, l’animateur suisse prenait le temps de parler aux jeunes artistes et aux petits fans, il donnait inlassablement des astuces, multipliant les autographes et les esquisses de dragons. Un autre moment fort de l’édition de cette année fut la première suisse – à guichets fermés – du film « Les Hirondelles de Kaboul » en présence de la réalisatrice Eléa Gobbé-Mevellec, du producteur Stéphan Roelants et de l’animatrice suisse Martine Ulmer.

ÉLARGISSEMENT D’HORIZON AVEC LES PROGRAMMES THÉMATIQUES
La directrice du festival, Annette Schindler, a été particulièrement émerveillée par la séance scolaire du jeudi matin – encore à guichets fermés – au cours de laquelle un programme de courts métrages spécialement conçu pour les enfants de huit ans et axé sur la migration a été projeté. Lors de la séance de questions-réponses avec la curatrice Annegret Richter et deux des cinéastes, d’innombrables mains se sont levées et il était impossible de répondre à toutes les questions. Joanna Priestley, réalisatrice et membre du jury, était visiblement impressionnée : « Cela me restera en mémoire ». Toujours dans le contexte de la migration, les élèves ont eux-mêmes fait leurs premiers pas dans le domaine de l’animation. Les 20 meilleurs films ont été projetés sous le titre « Spurensuche » – en présence du réfugié syrien Mohammed Nour, dont le témoignage original était animé par Víctor Suárez. Un projet qui aura élargi l’horizon de toutes les personnes concernées. En général, la section « Chaussures, chemise et 100 lires » a fait beaucoup d’entrées.

Avec sa section « Svizzera italiana animata », Fantoche et, en particulier, le conservateur Rolf Bächler, ont contribué de manière significative à la réception de l’animation de cette région. Un travail de mémoire nécessaire, car étonnamment peu d’informations existaient auparavant. La délégation tessinoise, composée d’une vingtaine d’artistes jeunes et âgés, était visiblement émue et enthousiaste d’être si bien représentée à Fantoche.

UN LIEU DE RENCONTRE POUR LES CINÉASTES DU MONDE ENTIER
Une fois de plus, la « Fantoche Industry Day » a attiré de nombreux cinéastes et experts*tes en animation. Les ateliers et les bootcamps ont provoqué des discussions de haut niveau, en particulier autour du sujet « ID / IP », c’est-à-dire du développement d’une propriété intellectuelle personnelle ainsi que de sa protection, du concept créatif à l’exploitation mondiale. Des différentes occasions ont permis aux participants*tes de nouer des contacts pour des coopérations à venir, notamment lors des soirées organisées au Royal, où les cinéastes et les festivaliers*lières ont célébré jusque tard dans la nuit.

LE BILAN DE LA DIRECTION DU FESTIVAL
Les ventes de billets et les entrées du festival ont légèrement baissé par rapport au record de 2018. Une partie du public local aura préféré se rendre à la fête des « 200 ans de Ennetbaden ». En outre, en 2018, l’exposition anniversaire de la GSFA avait générée beaucoup d’entrées supplémentaires. La directrice générale et artistique du festival, Annette Schindler, est satisfaite des chiffres de fréquentation stables et fière d’une cette édition dont l’effet s’annonce durable : « Avec le thème de cette édition, Fantoche a pu initier une discussion importante avec un jeune public. Avec son programme sur la Suisse italienne, le festival a considérablement contribué la réception de notre patrimoine culturel audiovisuel. Beaucoup de jeunes cinéastes ont trouvé ici ou là des entrées vers les perspectives de leur carrière. Tout cela se fera sentir bien au-delà du festival. »

www.fantoche.ch

[Source : Communiqué de presse]