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Fantoche 2023 : Punk, Plein soleil et animation de poupées

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Pendant six jours, le Festival international du film d’animation Fantoche a proposé de nombreux moments forts et des découvertes autour de l’actualité du cinéma d’animation suisse et international. Cette année, l’accent a été mis sur l’anticonformisme – avec le focus thématique de cette année, « Punk Is Not Dead » – ainsi que sur la Corée du Sud, d’où une délégation de huit personnes s’est rendue à Baden. Au total, quelque 20’000 entrées ont été enregistrées. Dans la compétition internationale, « Un genre de testament » de Stephen Vuillemin (France) remporte le prix « Best Film » tandis que « Our Uniform » de Yegane Moghaddam (Iran) gagne le Prix du public de cette même compétition. Dans la compétition suisse, c’est « Die graue March » de Charlotte Waltert et Alvaro Schoeck qui reçoit le prix « Best Swiss » ; le prix du public de la compétition étant attribué à « La colline aux cailloux » de Marjolaine Perreten, qui reçoit en même temps le Swiss Youth Award. Le jury des enfants décerne le prix « Best Kids » à « The Pirate and the Cello » d’Andreï Sokolov, qui se voit également récompensé par le prix du jeune public. La 22e édition de Fantoche aura lieu du 3 au 8 septembre 2023 à Baden.

LE RAPPORT DES JURYS
C’est devant une salle pleine à craquer et avec quelques compagnons de route suisses que le réalisateur basque Fermin Muguruza a accompagné mercredi la projection de « Black is Beltza II : Ainhoa ». Le premier film avait déjà suscité beaucoup d’enthousiasme à Fantoche en 2018, et cette fois-ci, le musicien basque n’a pas hésité à introduire lui-même son long métrage. En accord avec l’accent mis sur le punk, cette suite fait revivre les mouvements de protestation des années 1980 autour d’une femme nommée Ainhoa, avec un mélange de punk, de ska et de chansons populaires, tout en établissant un lien avec l’actualité mondiale.

Jeudi et vendredi, l’artiste d’animation britannique Julia Pott, maintes fois récompensée, a présenté son parcours dans le cadre d’un « Meet the Artist » et de l’Industry Day : En commençant par son film de bachelor « My first Crush », qui lui a permis de percer grâce à YouTube, elle a raconté de manière très divertissante et accessible les différentes étapes de sa carrière, des commandes aux courts métrages présentés dans des festivals comme Sundance, TIFF, Annecy ou SXSW, jusqu’à la série « Summer Camp Island », nominée au GLAAD et aux Emmy Awards, qui a été diffusée pendant six saisons sur HBO MAX, et dont plusieurs épisodes étaient visibles samedi au centre du festival pendant plus de cinq heures.

Vendredi et samedi, l’animateur britannique de marionnettes Barry Purves accompagnait la rétrospective de son vaste travail. Malgré des décennies d’exploration des possibilités numériques – la « libération des marionnettes », comme il l’avait appelé autrefois – il a fini par rester fidèle aux techniques d’animation analogiques et a participé à des films de renom comme « Mars Attacks ! » de Tim Burton ou « King Kong » de Peter Jackson.

Samedi, Kim Keukeleire, une deuxième artiste de stop motion au succès international était présente au festival. Lors de son « Meet the Artist », elle a présenté les nombreuses facettes de l’animation de marionnettes à l’aide de nombreux exemples tirés de son impressionnant CV – avec des collaborations de haut niveau pour Tim Burton, Wes Anderson, Claude Barras ou Guillermo del Toro – mais aussi des productions indépendantes plus modestes.

Comme chaque année, les animations japonaises (dont « Suzume » et « Inu-Oh ») étaient parmi les favoris du public, tout comme les nombreux programmes des compétitions et les programmes « Best of » qui ont affiché complet. De nombreux programmes sud-coréens, qui ont généralement suscité un grand enthousiasme, étaient également bien fréquentés. Le nouveau film de Dennis Do « La fôret de mademoiselle Tang » ainsi que le documentaire animé « Knit’s Island » ont également suscité beaucoup d’intérêt.

Industry Day 2023
« Expand the Craft » – telle était la devise de la 9e Industry Day, qui s’est concentrée sur la production en série animée. Lors du « Focus Switzerland », les intervenants*tes se sont vite mis d’accord sur le point que la branche suisse n’en est qu’à ses débuts. Les acteurs*trices de trois séries d’animation suisses (« Nussbaumbande », « Les enquêtes de Maëlys » et « Bloodmountain ») ont tous souligné qu’il fallait encore beaucoup de travail de développement pour que les productions suisses puissent rivaliser au niveau international. Il s’agirait de trouver de nouvelles voies et de mieux répartir le travail. La thèse selon laquelle les orientations des diplômés*ées suisses seraient plutôt artistiques et donc mal adaptées pour le marché international a vite été réfutée par les biographies des trois cinéastes à succès du « International Focus », Julia Pott (« Summer Camp Island »), Mathieu Courtois (« Dimitri », VivementLundi !) et Matthew Walker (« Lloyd of the Flies », Aardman). Vers la fin, la présentatrice Jane Mumford a posé la question si la production de séries était en fait une ambition bénéficiaire : « C’est comme si vous tourniez un court métrage après l’autre avec les mêmes personnages et la même équipe. On ne peut pas prendre sa retraite après, mais c’est un travail incroyablement gratifiant », a répondu Julia Pott.

Après un programme varié l’après-midi, la manifestation se terminait en beauté avec la remise du SAIA (Swiss Animation Industry Award) à « Never Shake a Baby » de Guillaume Mégroz – accompagnée par trois mentions spéciales.

Fantoche management team at the opening 2023
Le temps estival en ce début de septembre a créé une merveilleuse ambiance de festival, « mais ce n’était pas un temps favorable aux salles », conclut Ivana Kvesić. « Par rapport à l’édition de notre anniversaire, il y a eu une légère baisse du public, ce qui est presque anticonformiste dans le milieu culturel – de ne pas annoncer chaque année une augmentation du public ». Lors de la cérémonie d’’ouverture déjà, le chef sortant de la section cinéma de l’OFC Ivo Kummer avait souhaité plus de punk et plus de courage aux cinéastes. Le thème de cette année, « Punk Is Not Dead », a d’ailleurs montré que toute protestation est aussi une question de persévérance. « Si nous voyons aujourd’hui, à l’occasion du 20e anniversaire du premier long métrage d’animation suisse « Globi et le voleur d’ombres », comment la création suisse en matière d’animation s’est développée au cours des 20 dernières années, nous nous réjouissons de voir ce qui naîtra lorsque la loi sur le cinéma entrera en vigueur en 2024 et apportera plus de moyens à la scène cinématographique (d’animation) suisse, sans oublier que la production suisse de séries est en train de se mettre en marche ».

www.fantoche.ch

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